Adolescence, littérature et barbarie ?

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Parmi les nombreux livres destinés aux adolescents, la violence semble devenue un thème banal et elle inquiète les parents, les professionnels, les bibliothécaires et les pouvoirs publics(1)Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance. Cette inquiétude est légitime. Malgré l’évolution des mœurs, l’adolescence n’est pas l’âge adulte et la responsabilité éducative continue à s’exercer sur elle. Pour le psychanalyste, la présence de cette violence en littérature jeunesse pose deux questions principales. La première concerne l’impact psychique de telles lectures. Comment de telles scènes peuvent-elles être ressenties, comprises et élaborées par des adolescents ? Nous essaierons ensuite de répondre à la question de l’origine de cette violence. Est-elle inhérente à la crise adolescente, et dans ce cas, cette littérature ne fait-elle que la traduire en texte, ou bien résulte-t-elle d’un autre déterminisme ?

 

La séduction traumatique

Ne nous faisons pas d’illusions sur les résultats d’une hypothétique enquête statistique sur le lectorat adolescent dont l’objectif serait d’évaluer l’impact psychoaffectif d’un livre « violent ». Les représentations et émotions intimes liées à la lecture ne sont ni aisément évocables, ni « catégorisables » par des cases de questionnaires. Les réactions à la lecture de scènes violentes induisent des ambivalences inconscientes, qui sont réfractaires aux enquêtes, puisque le sujet peut, à son insu, affirmer exactement le contraire de ce qu’il ressent vraiment. Il ne nous reste donc que les ressources de l’analyse des contenus en utilisant l’arrière-fond des connaissances acquises par la psychologie, et en particulier par les psychothérapies d’adolescents.

  Décrire en peu de mots la complexité de l’adolescence est une gageure, mais, heureusement, nous disposons du recours aux images. La mue du homard est une célèbre métaphore utilisée par Françoise Dolto pour décrire la crise de l’adolescent. Pendant cette période de transition, il est à nu, fragilisé, et se défend de cette fragilité par une réactivité sensitive accrue. Cette métaphore a ses limites, mais elle présente l’intérêt de condenser en une seule image des traits essentiels de l’adolescent. L’adolescent tente de construire de nouvelles certitudes, de nouvelles valeurs sur le fond instable d’un monde pulsionnel en constante ébullition. Munis de cette représentation, nous pouvons comprendre ce que peut ressentir un adolescent à la lecture de scènes violentes. Les descriptions de meurtres et d’actes sexuels crus génèrent une première réaction que l’on pourrait définir comme celle d’une fascination. Le jeune lecteur découvre dans le texte une description de scènes qu’il a pu connaître par la télévision et le cinéma mais qu’il va cette fois reconstruire avec ses propres images internes. Il se crée en lui-même une évocation mentale intime, qui s’associe, de façon trouble, avec ses propres fantasmes inconscients, ses désirs agressifs comme ses rêveries érotiques. Le texte écrit devient le reflet de ses propres pulsions et leur donne ainsi un contenant formel recevant de surcroît une légitimité par le prestige de « la chose » écrite.

  Si la violence atteint un degré supplémentaire et qu’elle dépasse les fantasmes du lecteur, elle devient source d’une séduction traumatique. Est traumatique, au sens psychique, toute situation qui dépasse les capacités de gestion mentale d’un sujet et le met aux prises avec une excitation qu’il ne peut gérer sans dommage. Par exemple, dans le livre d’Antoine Dole, Je reviens de mourir aux Éditions Sarbacane, collection « Exprim’ », l’un des personnages est l’objet d’une soumission perverse, assimilé à un déchet sexuel consommable. La violence devient séduction. Elle génère une excitation nouvelle qui devient difficile à transformer psychiquement. Elle met l’adolescent devant la difficulté à émettre un jugement de condamnation et le place au centre d’un conflit associant plaisir de l’excitation et culpabilité devant l’irruption de ce plaisir.

   

La recherche du sens

Cependant, une interprétation des effets de la violence qui resterait à la mise en exergue de cette séduction traumatique risquerait de se cantonner à des principes normatifs et manquerait d’une autre dimension psychologique fondamentale. Car ces scènes de violence sont toutes inscrites dans une histoire. Or, cette histoire a un sens. Elle est une élaboration, impliquant la recherche de déterminations, explicites ou implicites, ainsi qu’une valorisation, positive ou négative, des actions et des personnages du récit. Par exemple, la tuerie collective décrite dans le livre Je mourrai pas gibier(2)Guillaume Guéraud, Rouergue, DoAdo Noir, 2006 est insérée dans un récit permettant la compréhension de l’acte du meurtrier (non son excuse). Lors du mariage de son frère, le jeune apprenti Martial massacre la quasi-totalité des membres de sa famille et des invités. Acte fou ? Oui, dans ses conséquences mais pas dans sa genèse. Martial est un jeune homme blessé au plus intime de son existence par un entourage décrit comme abject de bêtise. Attiré par les lignes courbes des tables d’harmonie des instruments de musique, il veut devenir luthier et on lui rétorque qu’il s’agit d’un métier d’homosexuel. Après avoir découvert le corps mutilé de son ami Terence – l’idiot du village mais ami authentique –, la bouche encore pleine d’un détergent de vaisselle que ses tortionnaires l’ont forcé à avaler, Martial se rend à la noce et massacre systématiquement frère, soeur, amant, parents et invités, plus préoccupé par le décompte des cartouches que par l’éclatement des cervelles. La négation familiale, puis sociale, de la faiblesse en soi, et au bout du compte de l’amour pousse un jeune au meurtre, assassinant dans les autres ce qui a déjà été assassiné en lui. La violence des descriptions du meurtre est enchâssée dans un récit où le déterminisme subjectif du passage à l’acte est explicité. Ce texte court et fort présente une valeur réflexive. Il invite le lecteur à se forger une explication face à l’absurdité apparente d’une tuerie. Par ce travail de la pensée, l’impact traumatique de la violence extrême se trouve atténué et transformé dans un réseau de significations où le lecteur peut à la fois comprendre et juger de la distance intime qui le sépare, et fort heureusement, d’un meurtrier.

 

Le même mouvement de distanciation est présent à la lecture du roman Quand les trains passent… de Malin Lindroth publié chez Actes Sud Junior. L’héroïne entraîne son petit ami de lycée à violer une pauvre fille mise au ban de sa classe. Mais la victime est implicitement décrite comme un double de l’héroïne tortionnaire. La violence que l’on exerce sur l’autre est, au bout du compte, une violence contre soi. Elle n’est donc pas gratuite ou pur déferlement d’une agressivité pulsionnelle. Elle est l’expression monstrueuse d’une quête identitaire qui s’est dévoyée dans la destruction de l’autre. La question identitaire est aussi au coeur de l’ouvrage d’Anne Cassidy, L’Affaire Jennifer Jones, publié chez Milan, collection « Macadam ». Alice était Jennifer et elle deviendra Kate. Trois identités différentes pour un même être et, là encore, un meurtre originel. Devenue adulte, Jennifer deviendra Alice dans une nouvelle existence. Elle vit alors une histoire d’amour, dans le secret absolu du passé, avant que tout ne s’effondre et qu’elle ne soit obligée de fuir et d’emprunter une troisième identité. Tout le livre est construit sur le procédé de dévoilement progressif des identités, processus central dans la crise adolescente.

 

La question du sens est également au centre du roman Rien de Janne Teller publié aux éditions Panama dans une collection pour adolescents (à partir de 13 ans). Dans un groupe de jeunes collégiens, l’un fait défection, s’isole au sommet d’un prunier et devient, tel Diogène dans son tonneau, l’acerbe critique d’un univers dénué de sens. La rupture induite dans le groupe par ce retrait de l’un de ses membres entraîne chez les adolescents une tentative de restauration. Ils vont alors tenter de prouver à leur camarade du prunier que le monde a bien un sens. Pour cela, ils vont déposer à ses pieds des objets ayant pour eux la plus forte des significations. Ils construisent un amoncellement hétéroclite des choses les plus chères à leur cœur. Ainsi, le vélo désiré se mêle aux sandales et aux précieux gants de boxe. Mais bientôt, la surenchère entraîne le choix d’objets aux statuts plus ambigus : cercueil du petit frère mort, tête arrachée d’un animal, virginité de l’une, doigt coupé d’un autre. De l’objet consommable, on passe ainsi à la violence imposée aux corps, aux marques de castration et à la mort. Se lisent alors en filigrane, sous la progression de la série objectale, les angoisses adolescentes devant la sexualité et les remaniements œdipiens de la puberté.

 

Sur le plan psychologique, le texte est juste. Il utilise l’art du déplacement narratif pour l’évocation symbolique des préoccupations inconscientes des adolescents. Mais c’est surtout sur le thème de l’attribution de valeurs que le roman gagne en force. Le « mont de significations » devient un dépôt d’objets où ils perdent toute valeur. Ce roman est une critique de la réification de la société construite par les adultes. Les adolescents révèlent le non-sens de notre propre attribution de valeur aux choses. Dans le regard réifiant de l’adulte, le mont de signification devient lui-même objet d’art et obtient une valeur marchande. Tout se terminera dans un incendie rédempteur et l’éclatement du groupe où chacun deviendra adulte, gardant dans une petite boîte d’allumettes ou dans un gobelet un peu de cendre du mont de significations. L’intention moralisatrice, au sens noble du terme, est menée jusqu’à son terme. C’est le monde des adultes qui est dénué de sens et les adolescents en révèlent l’absurdité. La violence des actes décrits dans ce roman n’est donc pas gratuite ou séductrice. Elle est en phase avec les véritables enjeux du devenir soi dans notre société. Elle est devenue symbole et rituel et, par-là, participe à l’élaboration du sens.

   

Une littérature opportuniste ?

On peut maintenant mieux discerner les raisons qui président à la présence croissante de la violence dans les romans pour adolescents. Faisons d’abord un sort aux procédés de séduction générés par le marché pour conquérir un lectorat. Pour émerger parmi les très nombreux ouvrages en compétition, un auteur et son éditeur peuvent avoir la tentation de promouvoir des textes au contenu extrême tant en matière de violence que de sexualité. Ils essayent alors d’exploiter la séduction traumatique dont ils espèrent un effet d’émergence. Cette tendance s’observe dans tous les médias, du livre au jeu vidéo, en passant par le cinéma. La libéralisation du marché et le recul des instances de régulation favorisent, voire induisent, cette course à l’extrême où tout censeur criant au scandale se voit renvoyer l’image d’un réactionnaire étroit d’esprit et ne comprenant rien à l’évolution des moeurs. Ce phénomène imprime certainement sa marque à la publication de certains romans dans des collections pour adolescents alors que son contenu relève parfois clairement d’une pornographie redevable d’une responsabilité civile adulte(3)La violence sexuelle du roman d’Antoine Dole, Je reviens de mourir, (Sarbacane, collection « Exprim’ », 2007), invite à le considérer comme une littérature redevable d’une lecture strictement adulte, c’est-à-dire une lecture pleinement responsable et consciente des effets qu’elle peut générer sur soi. À partir du moment où les adolescents relèvent de la responsabilité parentale, ils ne peuvent pas être considérés comme pleinement libres de l’accès à tous les contenus disponibles, même si en pratique beaucoup de parents font confiance aux capacités de leur enfant à s’autocontrôler, ou ont totalement démissionné de leurs devoirs parentaux. Sur le fond, l’exigence de contrôle de contenu perdure y compris en littérature, même si les responsables de collection peuvent être amenés à nier cette exigence, ce qui revient à nier l’existence de l’adolescence au nom de principes libertaires qui cachent mal leurs intérêts mercantiles..

   

La littérature adolescente comme genre littéraire ?

Mais il reste difficile d’établir des normes en la matière et ce qui est pris pour l’un comme une tentative de séduction facile et inauthentique sera considéré par l’autre comme un texte symbole de la révolte adolescente. Un texte écrit par un adulte à destination des adolescents peut se conformer à des représentations stéréotypées du goût adolescent. Il n’aura pas alors la même signification qu’un texte écrit par un jeune auteur portant témoignage des bouleversements encore récents de sa propre adolescence. La violence du contenu des récits comme la violence faite à la langue sont ainsi les propriétés assumées d’une littérature adolescente qu’il conviendra de ne pas confondre avec une littérature pour adolescents. Ainsi, le roman Adieu la chair, de Julia Kino, se lit comme le reportage de l’errance de ces jeunes vue par le « je » intimiste de la narratrice. Ce qui est immédiatement perceptible dans ce roman, c’est le lien entre la question sociale et l’adolescence. L’idéologie implicite du groupe d’adolescents mis en scène est la rupture avec le corps social, jugé comme aliénant. Or, non seulement ce groupe reconstitue en son sein des relations aliénantes de domination violente, physique et psychique, mais la romancière parsème son texte de paroles de groupes de rock et de citations tirées de la littérature américaine. Se voulant destruction des codes institués, le texte se retrouve ultra-codé. La violence des crimes de ce groupe n’est qu’apparente : elle est au fond ritualisée. Sous le couvert de meurtres dénués de sens, il s’agit d’un parcours initiatique de démarcation de la société pour reconstituer un groupe. La violence de la littérature adolescente se comprend comme le reflet des tensions extrêmes inhérentes à la crise de cet âge. Les scènes de meurtres, de crimes et de viols ne sont que les expressions mises en forme dans l’écriture, des processus internes au monde psychique de l’adolescent. Il s’agit d’une violence, « secondarisée » par l’écriture, et qui ne peut être confondue avec la violence réelle, réalisation non régulée de l’agressivité portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’une personne.

 

Il n’est donc pas étonnant de lire dans la littérature pour adolescents, l’expression d’une violence radicale qui n’est en fait que le symptôme d’un malaise de civilisation. La violence présente dans tous ces romans n’en constitue pas l’épicentre thématique. Ce ne sont pas des romans sur la violence mais essentiellement, on l’a vu, des romans sur la transformation de soi. Certes, ce processus s’assume comme radicalement violent. Par le doublement des identités ou le meurtre de l’enfant en soi, par les expériences revendiquées de déferlements pulsionnels, par l’apologie de l’agression, etc. La quête identitaire se révèle dans toute sa cruauté. Mais, toujours, la violence sert ainsi à rejeter au-dehors le péril d’inexistence.

 

Par-delà les clichés, ces livres traduisent les vicissitudes du monde interne des adolescents. Mutation profonde dans l’organisation biologique, dans les rôles sociaux et dans la vie psychique, l’adolescence est crise. Elle est violente en soi(4)Tout du moins dans notre civilisation, car si l’on en croit Margaret Mead, les adolescents des îles Samoa dans le Pacifique traversent une adolescence sans conflit… (cf. Margaret Mead, Mœurs et sexualité en Océanie, (1928), 2004, Terre humaine poche. Il est donc au fond dans l’ordre des choses que cette violence se retrouve en littérature.

 

Les séductions faciles générées par les excès du marché ne tiennent pas la distance et les œuvres authentiques garderont leur empreinte. Pour autant, ce « laisser lire » n’implique pas que l’on néglige notre devoir critique. Parler de « leurs » livres avec les adolescents, relever leurs facilités et leurs procédés, les aider à différencier la perversité mercantile de l’expression authentique restent des tâches difficiles, mais nécessaires.

Benoit virole Benoît Virole

Benoît Virole est psychanalyste et écrivain. Il a travaillé sur la surdité dans ses rapports avec la philosophie de la connaissance, sur l’épistémologie de la biologie ainsi que sur la mutation anthropologique issue du développement des mondes virtuels. Auteur du premier essai sur le phénomène Harry Potter, il s’intéresse également à la littérature pour la jeunesse et a publié récemment son premier roman (Shell, Hachette, 2007) qui a reçu le Prix « Jeune Mousquetaire ».

 
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Rien, Janne Teller

Adieu la chair, Julia Kino

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Je mourrai pas gibier, Guillaume Guéraud

Quand les trains passent… , Malin Lindroth

L’affaire Jennifer Jones, Anne Cassidy

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Je reviens de mourir, Antoine Dole

Par Benoît Virole, article paru initialement dans la revue Lecture Jeune n° 128 (décembre 2008)
Publications
Publications de Benoît Virole
  • Le Voyage intérieur de Charles Darwin, Vrin, 2000
  • L’enchantement Harry Potter ou la psychologie de l’enfant nouveau, Hachette, 2001
  • Du bon usage des jeux vidéo, Hachette, 2003
  • Psychologie de la surdité, Deboeck, 2006
  • Shell, Hachette, 2007
Corpus de textes

Lecture Jeune a demandé à Benoît Virole d’étudier les enjeux, les représentations et les répercussions de la violence dans la littérature pour adolescents.

Le corpus suivant a été analysé :
  • Je mourrai pas gibier, Guillaume Guéraud, Éditions du Rouergue, coll. « DoAdo Noir », 2006
  • Je reviens de mourir, Antoine Dole, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2007
  • Quand les trains passent…, Malin Lindroth, Actes Sud Junior, coll. « D’une seule voix », 2007
  • Rien, Janne Teller, Panama, 2007
  • L’Affaire Jennifer Jones, Anne Cassidy, Milan, coll. « Macadam », 2004
  • Adieu la chair, Julia Kino, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2007

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1. Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance
2. Guillaume Guéraud, Rouergue, DoAdo Noir, 2006
3. La violence sexuelle du roman d’Antoine Dole, Je reviens de mourir, (Sarbacane, collection « Exprim’ », 2007), invite à le considérer comme une littérature redevable d’une lecture strictement adulte, c’est-à-dire une lecture pleinement responsable et consciente des effets qu’elle peut générer sur soi. À partir du moment où les adolescents relèvent de la responsabilité parentale, ils ne peuvent pas être considérés comme pleinement libres de l’accès à tous les contenus disponibles, même si en pratique beaucoup de parents font confiance aux capacités de leur enfant à s’autocontrôler, ou ont totalement démissionné de leurs devoirs parentaux. Sur le fond, l’exigence de contrôle de contenu perdure y compris en littérature, même si les responsables de collection peuvent être amenés à nier cette exigence, ce qui revient à nier l’existence de l’adolescence au nom de principes libertaires qui cachent mal leurs intérêts mercantiles.
4. Tout du moins dans notre civilisation, car si l’on en croit Margaret Mead, les adolescents des îles Samoa dans le Pacifique traversent une adolescence sans conflit… (cf. Margaret Mead, Mœurs et sexualité en Océanie, (1928), 2004, Terre humaine poche

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