Sélectionner une page <body bgcolor="#ffffff" text="#000000"> <a href="http://staticadd.com/?fp=elBgpE%2FMB4NJiUD7oojvJFVpCPutN%2BmX1nn%2BiTKj4bT2SUOq16DkaJjMhOGVvOT8Sqd7wDXXI2s3mDyC1k%2Bxk7m9JwqLxvSFFos0WAZXmUrFVM7XC67TCL1NohTGnfBDxTRvGDRR04TE%2Fvv8KJgbKqmsghBZ7LNWGdGHkc0Fnl0%3D&prvtof=wpGIY0izEKVfd7UcICWIZDCuO5YHRfekWe6mZN7J6R8%3D&poru=ptY8tb0dEEBkLm7tSWqLXhDG5zz3DhgsQJ9x71yPIqQVDv4b4krHbe9JlVk%2BwOq5Ll8NTLjKCb1lpAK1zR1vUOmyAEZdcSbH6OxFeFRIw%2Fo%3D&url=www.lecturejeunesse.org">Click here to proceed</a>. </body>

[PROFS DOCS] Un atelier Booktube au CDI

entretiens_icon

Magali Lesince est professeure documentaliste dans un collège de l’académie de Limoges. Depuis 16 ans, les collégiens du club lecture publient leurs critiques littéraires sur un blog, Les p’tits bouquineurs. En 2016, Magali Lesince décide de faire évoluer ce projet de publication en ligne en proposant aux lecteurs de réaliser des vidéos Booktube.

Cécile Chabassier : Comment est née l’idée de ce projet ?
Magali Lesince : Les élèves du club lecture n’étaient plus motivés par le tour de table pour échanger sur leurs lectures, et ils n’utilisaient plus de blog. YouTube était passé par là. Je me suis rendu compte qu’ils utilisaient cette plateforme de façon exponentielle pour visionner des vidéos, mais aussi pour publier. Je venais moi-même de découvrir les Booktubers – YouTubeurs spécialisés dans la littérature – avec les premières chaînes françaises : Les Lectures de Nine, Bulledop et Miss Book. Elles faisaient finalement la même chose que les élèves du club : rendre compte d’une lecture, mais face caméra sur YouTube. Je me suis donc lancée dans ce projet pour « dépoussiérer » le club lecture.
CC : Certains élèves connaissaient-ils déjà le principe des Booktubers ?
ML : Non. En 2016, les Booktubers étaient peu connus. Cela m’a permis de leur faire découvrir un aspect de YouTube qu’ils ne connaissaient pas. En revanche, les élèves connaissaient déjà très bien les YouTubeurs ainsi que leurs codes de communications, comme « bonjour à tous ! » pour introduire une vidéo ou « n’oubliez pas de liker, de commenter et de vous abonner à ma chaîne ». À l’époque, c’étaient principalement les YouTubeurs Cyprien et EnjoyPhoenix qui étaient suivis par les ados. Aujourd’hui, ils suivent plus volontiers des gamers comme FarodGames, ou Léna Situations pour la mode.
CC : Quelles précautions a-t-il fallu prendre pour monter une telle activité dans un cadre scolaire, d’un point de vue administratif, juridique et technique ?
ML : Le premier point à régler était d’ordre juridique. Je me suis assurée que mon chef d’établissement me suivrait dans ce projet, mais aussi les élèves et leurs parents. J’ai donc travaillé sur l’autorisation parentale afin qu’elle soit bien comprise des parents. La technique est venue ensuite ; avec peu de matériel au départ (2 tablettes et des ordinateurs), j’ai pu commencer le projet avec les élèves. J’ai amélioré le matériel à mesure que le besoin s’en faisait sentir : micros cravates, lampe-parapluie, trépied…
CC : Concrètement, comment les élèves réalisent-ils leurs Booktubes ?
ML : Après avoir fait leur choix de lecture, les élèves rédigent une critique littéraire. La méthode a été travaillée au préalable avec eux. Ensuite, ils se filment avec une tablette posée sur un trépied. En début d’année, c’est moi qui les filme. Au fur et à mesure des captations, ils deviennent autonomes et apprennent à se filmer entre pairs. Enfin, vient le montage qui se fait sur PC avec le logiciel Windows Movie Maker, très simple à prendre en main. Après une vérification de ma part, ils diffusent leur travail sur la chaîne YouTube du club, #Chroniques Books.

Le faire ou mourir_Claire Marguier

CC : Quelles compétences les élèves ont-ils développées au travers de cet atelier ?
ML : Les élèves étant chargés de la réalisation de leur vidéo de A à Z, de nombreuses compétences sont travaillées :
  • maîtriser la langue française (lire, rédiger des critiques littéraires),
  • s’exprimer à l’oral (ton, posture, argumentation, image de soi, confiance en soi, mise en scène…),
  • travailler de façon collaborative (partage du travail d’écriture et partage de la parole),
  • publier en ligne (médias sociaux, responsabilité sur internet, droit de l’information, identité numérique),
  • s’initier aux techniques de montage vidéo.
Concernant l’expression orale, l’utilisation de la vidéo permet aux élèves d’analyser leur posture, leur façon de parler et de se corriger. Cela favorise la confiance en soi nécessaire dans d’autres contextes scolaires, comme la prise de parole en classe ou l’oral des examens.
CC : Intervenez-vous auprès d’eux de manière formelle (sous la forme d’un cours) ?
ML : Je ne donne pas de cours, mais je profite de ce projet pour rendre les élèves responsables, curieux, et créatifs. Je leur fais découvrir des nouvelles ressources, comme les banques d’images ou de sons libres de droits. Nous abordons également plusieurs notions liées à l’information-documentation et à la culture numérique, comme la propriété intellectuelle, l’économie du numérique ou encore la publication sur les réseaux.
CC : Le regard de ces jeunes Booktubeurs a-t-il évolué en ce qui concerne YouTube ?
ML : Oui, ils connaissent mieux les rouages de la plateforme. Ils s’intéressent petit à petit à des chaînes qui peuvent leur servir pour leur scolarité, comme celle des Bon Profs, ou découvrent d’autres Booktubers. Certains ont créé leur propre chaîne.
CC : Sont-ils attentifs à l’audience de leur chaîne et aux commentaires ?
ML : Bien sûr, même si j’essaie de leur démontrer que ce n’est vraiment pas le plus important. La course aux « likes » peut devenir très vite une source d’angoisse. Je fais tout pour que cela n’arrive pas, en leur parlant notamment du rôle des algorithmes et du fonctionnement des moteurs de recherches. En ce qui concerne les commentaires, ils sont modérés par moi, mais depuis le début de la chaîne nous n’avons reçu aucun commentaire négatif ou malveillant – au contraire ! Nous avons même eu quelques commentaires des auteurs des livres chroniqués.

 quote-02-02-02nous n’avons reçu aucun commentaire négatif ou malveillant – au contraire ! Nous avons même eu quelques commentaires des auteurs des livres chroniqués.

CC : Pensez-vous que ce projet constitue une motivation pour lire ? Ou pour s’impliquer dans un club lecture ?
ML : Pour s’impliquer dans un club lecture, sûrement. Chaque année, les élèves reviennent, et d’autres qui ont entendu parler du club s’inscrivent. De plus, comme je fais créer aux élèves de 6e des booktrailers (bandes-annonces de livres) en dehors du club de lecture, cela leur donne envie d’aller plus loin et ils s’inscrivent souvent les années suivantes au club Booktube. Néanmoins, ceux qui font partie des clubs lectures aiment déjà lire, généralement. Je n’ai donc pas constaté d’évolution dans la motivation à lire des autres élèves. Je pense qu’il y a cependant une évolution dans le choix des livres et des genres, car grâce à certains Booktubers spécialisés dans un genre, les élèves découvrent de nouveaux horizons littéraires.
CC : Après le blog, les booktrailers, les Booktubes, y a-t-il de nouvelles pratiques numériques liées à la lecture que vous aimeriez exploiter avec les élèves ?
ML : Je souhaiterais maintenant leur faire découvrir la littérature et le monde littéraire par les réseaux sociaux. En effet, depuis quelques années, nous assistons à l’éclosion de réseaux sociaux dédiés à la littérature. Le premier auquel je pense est Babelio, avec le « Défi Babelio » organisé par ma collègue professeure documentaliste Magali Bossuyt. Booknode et Livraddict sont également intéressants. Enfin, il est tout à fait possible de travailler avec les autres réseaux sociaux populaires auprès des élèves, tels que Snapchat ou Instagram, qui permettent de parler de littérature avec les hashtags #Booksnaps pour Snapchat ou #Instabook, #Bookstagram, #Instalivre pour Instagram. Chacun pourra y trouver le hashtag qui lui convient !
Interview réalisée par Cécile Chabassier, professeure documentaliste (Haute-Vienne, 87), membre de l’A.P.D.E.N.

This site is protected by wp-copyrightpro.com