Focus sur Cultura

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Cultura(1)L’enseigne Cultura appartient au groupe Sodival, dont le Président et actionnaire majoritaire est Philippe Van der Wees, fondateur de l’enseigne. compte aujourd’hui 60 magasins répartis sur le territoire français. Leader sur le marché des loisirs créatifs, la chaîne a cependant comme volonté d’aborder la culture sous toutes ses formes. Elle propose ainsi des livres, de la musique, des vidéos, de la papeterie, un rayon beaux-arts, de l’encadrement, des jeux éducatifs et des jeux vidéo. De nombreuses animations sont organisées au sein des magasins et la « Cultura Académie » dispense des cours de dessins, de broderie, de sculpture(2)Voir http://www.cultura.com/les-magasins/cultura-bordeaux-begles/culturacademie mais aussi de musique. Sandrine Pellier, directrice du livre chez Cultura, répond aux questions de Lecture Jeunesse sur la façon d’envisager et d’animer l’espace de cette grande surface spécialisée unique en son genre.

Dates et chiffres cles Cultura  

Marieke Mille : Quelle était l’ambition première des magasins Cultura ?

Sandrine Pellier : L’orientation de l’enseigne aujourd’hui correspond à celle du premier Cultura, ouvert près de La Rochelle en 1998. Les magasins regroupent une vaste gamme de produits culturels et artistiques au-delà du livre avec la volonté de faciliter l’accès à la culture dans les zones commerciales où elle est peu présente. La stratégie repose sur une clientèle familiale, concernée dans l’ensemble de ses pratiques, puisque nous vendons tous types de biens culturels. Cet environnement artistique connote une fréquentation plus féminine. Le public majoritaire est donc essentiellement familial et féminin.

 

MM : Hormis cette offre variée quels sont les dispositifs mis en place pour capter cette clientèle familiale ?

SP : C’est la diversité de notre offre, de la papèterie en passant par le livre ou les jeux socio-éducatifs, qui permet de toucher les différents membres de la famille dans leurs pratiques culturelles au sens large. Lors de la rentrée des classes, nous proposons aux parents de déposer les listes de fournitures de leurs enfants dans nos magasins où les conseillers vont préparer pour eux le matériel nécessaire, selon un budget défini en amont avec les clients(3)Voir http://societe.cultura.com/fr/loisirs_culturels/loisirs_culturels_papeterie.html.

 

MM : Comment organisez-vous votre espace commercial ?

SP : Les rayons sont agencés en fonction des besoins et du comportement des clients. En jeunesse, par exemple, la première question des vendeurs pour affiner la demande de l’acheteur est celle de l’âge du lecteur. Les espaces de vente s’organisent donc autour de ce critère.

 

MM : Cette délimitation par âge vous a-t-elle amenés à créer un espace pour les jeunes adultes ?

SP : Oui, tout a fait. Situé dans l’univers jeunesse, ce rayon est plutôt organisé par thématiques : cela correspond à la démarche des lecteurs qui, dans ce secteur, expriment leurs préférences en ces termes. Nous avons donc différentes propositions comme « girly », « aventure », « SF », « mondes des ténèbres », « zombies », etc. qui sont les mêmes dans tous les magasins Cultura(4)Voir « L’implantation des rayons « Ados & Young Adults » en librairie», p.12-14..

 

MM : Comment ces thématiques ont-elles été définies ?

SP : Les questions des clients nous ont poussés à distinguer ces thématiques. Elles émergent en effet du travail mené par les équipes sur place qui s’assurent d’être au plus près des besoins des clients et s’interrogent en permanence pour s’assurer de bien répondre à leurs demandes.

 

MM : Du mobilier est-il prévu pour permettre aux clients de lire sur place ?

SP : Evidemment, des fauteuils sont disponibles, même dans les plus petits de nos magasins. Ces espaces sont indispensables. Ils sont encore plus importants dans les sections jeunesse, BD et littérature où l’émotion procurée par la lecture nécessite un espace de confort. Il est impératif que les clients puissent s’installer pour feuilleter les ouvrages, les lire et ainsi voir si un titre leur plaît. Sans cette possibilité, il leur est difficile de faire leurs choix.

 

MM : Disposez-vous des livres en dehors de l’espace qui leur est consacré ?

SP : Oui, notamment dans la surface dédiée aux loisirs créatifs qui réclament un certain apprentissage. Ce besoin de conseils se concrétise soit par les ateliers que nous déclinons, dans lesquels une animatrice accompagne le client, soit par les livres qui aident le novice pas à pas dans la découverte d’une discipline.

 

MM : Programmez-vous des ateliers spécifiques autour des livres et de la lecture ?

SP : Les animations autour des livres sont impulsées par chaque magasin qui organise ses propres séances de dédicaces. En février, nous lançons « Livres en live(5)Pour voir les évènements en cours, consulter : http://www.cultura.com/mon-cultura/c-le-mag/livres-en-live-venezrencontrer-vos-auteurs-preferes », un événement qui regroupe près de 1200 rencontres et dédicaces, et s’annonce comme un temps fort de l’année pour nous. Nous organisons également des lectures de contes dans les espaces jeunesse. La présence des fauteuils évoquée précédemment y est essentielle afin de créer un endroit où les jeunes peuvent se concentrer sur l’animation. Ces moments sont très appréciés par les enfants et les parents mais également par les autres clients présents dans le magasin qui aiment y voir de l’animation. Pour les adolescents, des ateliers de création de mangas qui rencontrent beaucoup de succès sont mis en place dans le magasin de Bègles (Gironde) par exemple.

 

MM : Quels autres types d’animation s’adressent aux adolescents ?

SP : Autour du jeu vidéo, nous reconduisons chaque année dans tous nos magasins un événement intitulé « Génération jeux(6)Voir http://societe.cultura.com/fr/loisirs_culturels/loisirs_culturels_numeriques.html » qui propose pendant trois semaines des tournois, des tests et des défis avec des cadeaux à la clé. Nous organisons également des show case avec des groupes de musique. Enfin, récemment, nous avons mis en place une action pour donner aux adolescents l’envie de lire : nous lançons un prix littéraire en janvier 2014 pour faire émerger un jeune auteur français de littérature pour la jeunesse. Comme ce secteur publie de nombreuses traductions, nous souhaitions faire connaître un talent français en devenir. De même, depuis onze ans notre sélection de la rentrée littéraire « Talents à découvrir(7)Voir http://www.cultura.com/mon-cultura/c-le-mag/coin-lecture/talents-decouvrir/ » promeut pendant douze mois dans tous nos magasins des titres choisis par les équipes. Ce prix a permis de mettre en valeur des auteurs devenus aujourd’hui des écrivains reconnus. Nous espérons pouvoir reproduire ce succès dans le domaine de la jeunesse.

 

MM : Comment ce prix jeunesse s’organise-t-il ?

SP : Notre équipe se compose de véritables passionnés qui souhaitaient porter un projet d’envergure. Nous finalisons aujourd’hui le parrainage de notre prix par un auteur de littérature jeunesse renommé qui nous accompagnera dans notre démarche. Pour l’instant, le panel de lecteurs qui sélectionneront les titres s’est constitué en interne, avec les enfants des collaborateurs mais également des adultes de l’équipe. Nous ne savons pas encore si nous primerons un ou deux auteurs car nous pourrions, compte tenu de l’offre, segmenter le prix en deux tranches d’âge.

  Cultura_livre numerique  

MM : Récemment, vous avez lancé une campagne de communication pour témoigner de votre engagement en faveur d’un système de lecture ouvert pour le livre numérique(8)Voir http://www.cultura.com/mon-cultura/c-le-mag/coin-lecture/litterature/les-libraires-cultura-sengagent-pour-la-liberte-du-livre-numerique. La campagne explique : « Vous ne le savez peut-être pas, mais la plupart des liseuses actuellement proposées sur le marché sont verrouillées par les marques qui vous les vendent. Ainsi, bien malgré vous, vous devenez dépendant à vie d’un seul appareil pour lire vos livres numériques, vous empêchant d’en profiter sur un autre support de lecture existant ou à venir. Vous achetez des livres, mais dans les faits vous n’en êtes pas propriétaire. Les marques en question ne vous donnent qu’un droit d’utilisation ».. Vous avez mis au point une application « Cultura Ebooks » qui sera disponible en janvier 2014 sur l’Appstore. Cette offre est-elle présentée en magasin ?

SP : Nous avons inauguré cette année une librairie numérique qui respecte totalement les attentes des lecteurs : les livres qui y sont vendus sont compatibles avec tous les supports de lecture, sauf ceux qui utilisent des systèmes fermés comme Amazon sur son Kindle(9)Le terme de « format fermé», s’applique en informatique au sujet des systèmes d’exploitation. Il désigne ici une liseuse ne prenant en compte qu’un format spécifique illisible sur d’autre supports, comme c’est le cas pour le Kindle d’Amazon (Ndlr).. Cette librairie numérique permet donc la lecture sur liseuse, tablette Androïd et en janvier prochain sur Ipad. De façon très pratique, vous pouvez commencer la lecture sur un appareil et la continuer sur un autre, tout en conservant vos annotations ! La librairie propose 135 000 titres, ce qui la place d’emblée parmi les plus importantes du marché. Tous nos magasins vendent et exposent des liseuses et des tablettes en démonstration. Nos conseillers de vente ont été formés à guider les clients dans cette offre attractive, mais nouvelle pour beaucoup d’entre eux.

Sandrine Pellier

Entrée en 2007 chez Cultura comme directrice régionale, Sandrine Pellier devient, en mars 2013, directrice de la catégorie « livre» pour l’enseigne.

References   [ + ]

1. L’enseigne Cultura appartient au groupe Sodival, dont le Président et actionnaire majoritaire est Philippe Van der Wees, fondateur de l’enseigne.
2. Voir http://www.cultura.com/les-magasins/cultura-bordeaux-begles/culturacademie
3. Voir http://societe.cultura.com/fr/loisirs_culturels/loisirs_culturels_papeterie.html
4. Voir « L’implantation des rayons « Ados & Young Adults » en librairie», p.12-14.
5. Pour voir les évènements en cours, consulter : http://www.cultura.com/mon-cultura/c-le-mag/livres-en-live-venezrencontrer-vos-auteurs-preferes
6. Voir http://societe.cultura.com/fr/loisirs_culturels/loisirs_culturels_numeriques.html
7. Voir http://www.cultura.com/mon-cultura/c-le-mag/coin-lecture/talents-decouvrir/
8. Voir http://www.cultura.com/mon-cultura/c-le-mag/coin-lecture/litterature/les-libraires-cultura-sengagent-pour-la-liberte-du-livre-numerique. La campagne explique : « Vous ne le savez peut-être pas, mais la plupart des liseuses actuellement proposées sur le marché sont verrouillées par les marques qui vous les vendent. Ainsi, bien malgré vous, vous devenez dépendant à vie d’un seul appareil pour lire vos livres numériques, vous empêchant d’en profiter sur un autre support de lecture existant ou à venir. Vous achetez des livres, mais dans les faits vous n’en êtes pas propriétaire. Les marques en question ne vous donnent qu’un droit d’utilisation ».
9. Le terme de « format fermé», s’applique en informatique au sujet des systèmes d’exploitation. Il désigne ici une liseuse ne prenant en compte qu’un format spécifique illisible sur d’autre supports, comme c’est le cas pour le Kindle d’Amazon (Ndlr).