La fracture numérique

De la même manière que « fracture sociale » est un syntagme « euphémisant » pour désigner le large répertoire des inégalités sociales, l’expression « fracture numérique » entend ramasser sous un même label un ensemble très hétérogène de situations mettant en lumière des différences plus ou moins marquées quant à l’utilisation des dispositifs de communication les plus récents (nous n’évoquerons ici que le cas des « fractures numériques » liées à l’informatique connectée). Disposer d’un ordinateur, d’une connexion Internet et les utiliser sont les deux dimensions généralement retenues permettant de repérer et d’analyser les cas de « fracture numérique(1)Les sociologies de la fracture numérique. Premiers jalons critiques pour une revue de la littérature », F. Granjon, Questions de communication, 6, 2004 ; « Les usages du PC au sein des classes populaires. Inégalités numériques et rapports sociaux de classe, de sexe et d’âge », Inégalités numériques. Clivages sociaux et modes d’appropriation des TIC, Hermès-Lavoisier, 2008.  ». Trop souvent, la diffusion des TIC est encore appréhendée comme un indicateur pertinent de son usage social effectif, ce qui relève d’un amalgame abusif qui a été soumis à de sévères critiques, notamment chez les auteurs qui s’intéressent à la « fracture numérique » dite « de second degré(2)« Second-Level Digital Divide : Differences in the People’s Online Skills », E. Hargittai, First Monday, 7-4, 2002, Lien vers le site de First Monday ; P. Vendramin, G. Valenduc, Internet et inégalités. Une radiographie de la fracture numérique, Editions Labor, 2003. ».

Il est toutefois une autre manière de considérer la « fracture numérique » en l’envisageant comme un ensemble d’écarts de pratiques constitutifs d’inégalités sociales. Dans cette perspective, traiter de la « fracture numérique » ne revient pas seulement à porter attention aux conditions de possibilité de l’accès et de l’acculturation à l’informatique connectée, mais plutôt à s’intéresser aux logiques et aux régulations sociales qui structurent l’actualisation des usages. La notion de « fracture numérique » présuppose en effet des aptitudes d’appropriation partagées de tous et elle fait l’impasse sur les obstacles que rencontrent certains individus pour convertir les « chances » technologiques en avantages pratiques concrets. Se cache ici une rhétorique égalitariste (tous égaux devant l’usage des TIC) et techniciste qui suggère un passage naturel des ressources techniques aux bénéfices tirés de leur mobilisation.

Que tout le monde dispose d’un ordinateur et d’une connexion n’assurerait pourtant en rien l’existence d’un régime d’avantages de type égalitaire. Le croire c’est faire l’impasse sur la disparité dans la distribution des capabilités sociales culturelles et techniques au sein des classes sociales. Il est donc essentiel de bien distinguer, d’une part, les conditions de possibilité matérielle d’accès à l’informatique connectée, d’autre part, les potentialités économiques, sociales et culturelles pouvant être offertes par un usage de l’informatique connectée, et enfin, les accomplissements effectifs de ces virtualités. Sans doute pouvons nous alors désigner par « inégalités numériques » les dissemblances effectives concernant la conversion en accomplissement de « bien-être » des possibilités d’action offertes par l’informatique connectée(3)« The new digital inequality : Social stratification among internet users« , P. DiMaggio, E. Hargittai, intervention au congrès annuel de l’Association américaine de sociologie, Chicago, 2002.

 

 

L’exemple du non-usage

La littérature portant sur la « fracture numérique » liée à l’informatique connectée est aujourd’hui des plus abondantes. En revanche, celle qui lui est adjacente et traite des « retardataires », « non-utilisateurs » et autres « abandonnistes » s’avère pour le moins restreinte, tout du moins en France. Si les travaux français traitant de cette question sont, à quelques exceptions près(4)« Des technologies inégalitaires ? L’intégration d’internet dans l’univers domestique et les pratiques relationnelles », B. Lelong et al., Conférence TIV & inégalités : les fractures numériques, Paris, 2004 ; « Le « non-usage » de l’Internet : reconnaissance, mépris et idéologie », F. Granjon, Questions de communication, 2010 (à paraître quasi inexistants, il existe toutefois un corpus conséquent de textes anglophones qui abordent diverses facettes des phénomènes de « non-usage ».

Un des premiers objectifs de la littérature sur le non-usage a été d’essayer de catégoriser le phénomène et de lui redonner de la profondeur en en repérant diverses modalités. En la matière, le travail séminal mené par James Katz et Philip Aspden(5)Motives, Hurdles and Dropouts », J. Katz, P. Aspden, Communications of the ACM, 40(4), 1997, et « Internet dropouts in the USA. The invisible group », Telecommunications Policy, 22(‘/5), 1998 a entériné une première différenciation entre ceux qui n’utilisent pas (encore) Internet (non-users) et ceux qui se sont investis à un moment donné dans l’informatique connectée, mais ont finalement abandonné cet engagement (drop-outs).

Ils montrent notamment que les « abandonnistes » ont partagé les mêmes motivations à s’équiper que les utilisateurs récents ou plus anciens (communiquer avec d’autres personnes, s’informer, rester « à la page »). Par ailleurs, abandonnistes et non-utilisateurs sont moins favorisés socialement que les utilisateurs et disposent aussi d’un niveau de certification scolaire moindre. De nombreuses études montreront par la suite que le déficit en différentes sortes de capital (culturel, économique, social), mais également certains autres facteurs (être âgé, être une femme, être parent isolé, etc.) restent de fait des indicateurs pertinents du non-usage(6)« Comparing internet and mobile phone usage : digital divides of usage, ado-ption, and dropouts« , R. Rice et J. Katz, Telecommunication Policy, 27, 2003 ; Charting and bridging Digital Divides : Comparing Socio-economic, Gender, Life Stage and Rural-Urban Internet Access and Use in Eight Countries, C. Wenhong, B. Wellman B., rapport AMD Global Consumer Advisory Board, 2003. Cette première distinction entre non-utilisateurs et abandonnistes va pousser d’autres chercheurs à discriminer encore davantage les situations de non-usage pour en comprendre plus finement les mécanismes.

Ils vont par exemple proposer de repérer quels sont précisément les interfaces et services mobilisés (ou non) par les utilisateurs (par ex., surfer, mais ne pas utiliser le courrier électronique). Par le biais de la notion de capital-enhancing, Paul DiMaggio et Eszter Hargittai(7)« Digital Inequality: Differences in Young Adults’ Use of the Internet », P. DiMaggio, E. Hargittai, art. cit., 2002 ; Communication Research, E. Hargittai, A. Hinnant, 35-5, 2008 vont, dans une perspective assez similaire, s’intéresser aux différents types de pratiques en ligne susceptibles de véritablement améliorer les conditions sociales d’existence des internautes et montrer que les usages les plus « utiles » sont, sous cet aspect singulier, socialement très mal distribués.

Une des principales manières dont vont être travaillées les données statistiques issues des différents terrains empiriques va alors être de proposer des typologies du non-usage. Il en existe de très nombreuses qu’il serait ici par trop fastidieux de présenter, mais retenons que pour l’essentiel, elles sont fondées sur des approches qui laissent assez largement de côté la question des représentations. Sally Wyatt et ses collègues(8)« They Came, They Surfed, They Went Bach to the Beach : Conceptualizing Use and Non-Use of the Internet« , S. Wyatt et al., dans Virtual Society? Technology, Cyberpole and Reality, S. Woolgar (éd.), Oxford, 2002 vont par exemple identifier quatre groupes de nonutilisateurs : les « abandonnistes volontaires » (rejecters) qui n’utilisent plus Internet par choix personnel, les « abandonnistes involontaires » (expelled) qui ont arrêté d’utiliser Internet pour des raisons qui ne relèvent pas cette fois de leur volonté ; les « exclus » (excluded) qui ne peuvent avoir d’accès par manque d’infrastructure ou de moyens socio-économiques et les « résistants » (resisters) qui n’ont jamais utilisé Internet par choix.

Ces catégorisations dont il existe par ailleurs d’autres versions présentant de menues variations(9)The Ever-Shifting Internet Population. A nex look at Internet access and the digital divide, A. Lenhardt et al., Pew Internet & American Life Project, 2003 sont fondées sur trois dimensions classantes de natures assez diverses : infrastructurelle d’abord (l’accès – haves vs. have nots), pratique ensuite (l’usage – use vs. non-use) et décisionnaire enfin (le caractère « volontaire » ou non des deux premières variables).

Cet exercice de raffinement dans le catalogage des non-utilisateurs possède un intérêt évident qui permet d’éclairer plus précisément certains attributs du non-usage, mais aussi, dans certains cas hélas trop rares, de lire possiblement le non-usage comme un acte de résistance plus ou moins actif((Resistance to the New technology : Nuclear Power, Information Technology and Biotechnology, M. Bauer M. (éd.), Cambridge University Press, 1995 ; « Non-Users Also Matter : The Construction of Users and Non-Users of the Internet« , S. Wyatt, dans How users matter. The co-construction of users and technology, N. Oudshoorn, T. Pinch T. (éd.), MIT Press, 2003)) et pas seulement comme une défaillance ou le révélateur de nouvelles inégalités(10)« They Came, They Surfed, They Went Bach to the Beach : why some people stop using the internet? », S. Wyatt, Society for Social Studies Conference, San Diego, 1999 ; « Challenging the digital imperative », intervention à l’Académie royale des arts et des sciences des pays-bas, Maastricht, 2008.

Car la « fracture numérique » est souvent présentée comme un déficit d’acculturation technique. Sans remettre en cause frontalement le bien-fondé de cet examen, ce type de cadrage ne permet d’envisager les inégalités numériques que sous l’angle d’une figure de l’extension du domaine de la dépossession contre laquelle il faut lutter.

Cette perspective a pour faiblesse, d’une part, de n’envisager les conditions sociales de la pratique que sous l’angle de l’acquisition et de l’exercice d’une forme de capital spécifique et, d’autre part, d’appréhender le non-usage comme une dynamique sociale relevant de la « limitation de soi ». Ce type d’approche se déploie ainsi au risque même du mythe de la « société de l’information »(11)Critiques de la société de l’information, E. George, F. Granjon F. (dir.), L’Harmattan, 2008, c’est-à-dire sans remettre fondamentalement en question la « définition socialement approuvée »(12)La Culture pauvre, R. Hoggart, Ed. de Minuit, 1970. de nos sociétés contemporaines qui fait de la « fracture numérique » une nouvelle forme d’inégalité à laquelle il faut croire et construit le non-usage comme une déficience contre laquelle il faut agir(13)« Reconceptualizing the Digital Divide« , M. Warschauer, First Monday, 7-7, 2002. Lien vers un extrait sur le site de First Monday ; « Second Thoughts: toward a critique of the digital divide« , D. J. Gunkel, New Media & Society, 5-4, 2003 ; « Inégalités numériques et reconnaissance sociale. Des usages populaires de l’informatique connectée« , F.  Granjon, Fracture Numérique et justice sociale, « Les Cahiers du numérique« , 5-1, 2009.

Les politiques en faveur des « publics éloignés », des « havenots » ou des « e-exclus » sont ainsi des mesures considérées comme étant destinées à des « défavorisés numériques », alors que ceux-ci sont évidemment, la plupart du temps, d’abord des « défavorisés sociaux ». Leur but n’est ni de remédier aux causes des inégalités numériques en tant qu’elles sont un effet de discriminations situées en leur amont, ni d’étayer une réflexion sur leur formation. Il s’agit plutôt de considérer une forme émergente d’inégalités, subséquente à la « société de l’information », et non d’examiner la dernière déclinaison en date d’inégalités sociales préexistantes.

 

 

Les motifs du non-usage

Outre ce recours fréquent à la catégorisation des formes de non-usage, un autre trait distinctif de la littérature du domaine est de porter une attention toute particulière aux raisons du non-investissement de l’informatique connectée. Les travaux déjà évoqués de Katz et Aspden n’ont pas dérogé à cette logique d’investigation et présentent une évaluation des raisons pour lesquelles les abandonnistes cessent de se servir d’Internet.

Ils ont ainsi mis en avant que les motifs de l’abandon varient selon l’âge. Les moins de vingt ans n’utilisent plus Internet généralement par manque d’intérêt ou par perte de leur accès, tandis que les plus âgés avancent des motifs qui tiennent davantage à leurs difficultés à maîtriser l’informatique connectée ou aux coûts économiques trop élevés.

D’autres études plus récentes confirment peu ou prou ces résultats. Elles soulignent par ailleurs combien la question de l’acquisition des compétences et d’une expérience dans la manipulation des équipements tend à devenir de plus en plus centrale . Elles observent aussi que les abandonnistes ne sont généralement pas des néophytes. Si les changements de statuts professionnel, scolaire, ou encore l’éloignement d’un lieu d’accès sont des causes évidentes de l’abandon, celles-ci n’expliquent qu’un seul cinquième des cas.

Fabien granjon

Fabien Granjon

Sociologue, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8 Vincennes/Saint-Denis au sein de l’UFR Culture & Communication. Ses recherches portent sur les usages sociaux des médias et des technologies de l’information et de la communication. Depuis une perspective critique, ses principaux travaux abordent les thèmes de l’action collective, de la production alternative d’information, de l’exposition de soi ou encore des pratiques culturelles en ligne.

Espace web de Fabien Granjon sur le site de l’Université Paris 8 Vincennes/Saint-Denis   Communications Article paru initialement dans la revue Communications, cultures du numérique, mai 2011, n° 88

 quote-02-02-02Dans les faits, il existe ainsi de multiples facteurs qui peuvent déterminer l’arrêt d’usage de l’Internet(14)« La diffusion des technologies d’information et de communication : une enquête longitudinale en Pologne », D. Batorski, Z. Smoreda, Réseaux, 24-140, 2006..

Selon les cas de non-usage pris en compte, le domaine des représentations est donc généralement abordé par le biais d’un intérêt tout particulier pour les motivations des non-utilisateurs à s’équiper, ou les motifs pour lesquels ils n’investissent pas (davantage) la pratique de l’informatique connectée ou bien l’ont délaissée. Cette focalisation sur des aspects socio-psychologiques censés fournir toute explication utile permettant de saisir les raisons du non-usage a, sous l’effet d’une logique de l’évidence, pour conséquence de faire l’économie d’une interrogation sur les structures sociales et les dispositions des non-utilisateurs.

Elle entérine une vision utilitariste assurant la promotion d’un agent social qui témoignerait de sa capacité à conduire une auto-évaluation rationnelle de ses besoins (contrariés). En l’occurrence, du fait de la méthode employée (réponses à des questions fermées), rien n’est dit sur les causes sociales de ces justifications par trop autoguidées par les appareils de preuves des enquêtes quantitatives. On retrouve là, un des travers classiques des problématiques de la « fracture numérique » qui certes soulignent l’existence d’inégalités dans le champ des TIC, mais ne disent en revanche rien ou pas grand chose des origines sociales de ces inégalités numériques.

Comme le suggère Eszter Hargittai(15)« Internet acces and use in context« , E. Hargittai, New Media & Society, 6-1, 2004, nous ne saurions donc nous contenter de ces listes de motifs qui, s’ils ont valeur de descripteurs manquent de précision interprétative et noient dans les eaux troubles du sens commun les véritables générateurs sociaux de ces non-pratiques. Paul DiMaggio et ses confrères(16)« Social Implications of the Internet« , P. DiMaggio P. et al., annual Review of Sociology, 27, 2001 insistent ainsi avec raison sur le fait qu’il s’avère, là encore, nécessaire de réconcilier les approches portant sur les comportements des (non-) utilisateurs (usages, valeurs et représentations) et les analyses macrostructurelles (institutional and political-economic factors) qui cadrent ces comportements.

 

 

In-capacités matérielles et in-capabilités pratiques

Répétons-le, la « fracture numérique » ne saurait seulement se résumer à un défaut d’usage. Si les inégalités numériques s’expriment avec la force de l’évidence dans le non-usage ou dans une pratique « indigente », elles ne sauraient toutefois se résumer aux phénomènes d’« e-exclusion », qui ne sont que l’expression des formes les plus radicales d’inégalités numériques.

En réalité, ces inégalités peuvent aussi être présentes dans des usages les plus stabilisés et les plus élaborés sur le plan des manipulations. Car ce que nous désignons par « inégalités numériques » ne concerne pas tant des régimes de manipulations besogneuses d’Internet, que des dissemblances effectives concernant la conversion en accomplissement de « bien-être » des possibilités d’action offertes par l’informatique connectée. Et ces dissimilitudes ne sont pas autre chose que des traductions pratiques de formes de rapports sociaux fondés sur des injustices sociales. Elles sont des modalités différenciées d’appropriation produites par des déficits de capitaux ou de compétences, ou des capacités et des sens pratiques (manières d’être et de faire) qui sont les produits intériorisés de formes de domination sociale.

Considérer la « fracture numérique » comme un ensemble d’écarts de pratiques constitutifs d’inégalités sociales, nous invite alors à développer une vision agrégative du « non-usage » et à nous intéresser aux logiques et régulations sociales qui structurent le phénomène. Ainsi faut-il sans doute travailler à la fois sur les non-utilisateurs (havenots) qui ne se sont jamais investis dans la pratique de l’informatique connectée, sur les abandonnistes (drop-outs) qui, après avoir essayé Internet, se sont in fine dégagés de cet engagement, mais aussi sur les individus qui, s’ils disposent des éléments matériels (ordinateur et connexion) leur permettant un accès au réseau des réseaux ne développent pour autant que de faibles usages en termes de fréquence, de durée et/ou de répertoire d’usages (low-users).

La prise en compte de ces faibles utilisateurs nous invite à bien appréhender sous l’angle de l’appropriation, un phénomène social qui est encore trop souvent ramené à des indicateurs essentiellement infrastructurels (i.e. à une problématique de l’adoption des innovations). Elle nous engage également à saisir pratiquement une population constituée de celles et ceux pour qui disposer d’Internet n’est pas, loin s’en faut, synonyme d’une conversion des opportunités ouvertes par ces ressources technologiques en avantages pratiques concrets. Aussi peut-on désigner par « non-usage » et « non-utilisateurs » (avec des guillemets), l’ensemble des pratiques et des individus dont la caractéristique est de relever d’une « in-capacité » matérielle et/ ou d’une « in-capabilité » pratique à tirer bénéfice des potentialités économiques, sociales et/ou culturelles pouvant être offertes par un usage de l’informatique connectée. Dans cette perspective, essayer de comprendre le « non-usage » et ses significations, c’est chercher à saisir le rapport qu’entretiennent les « non-utilisateurs » à l’informatique connectée, ou autrement dit, à appréhender les sens pratiques qu’ils mobilisent en tant qu’ils sont les produits intériorisés de conditions sociales particulières.

Par Fabien Granjon, article paru dans la revue Lecture Jeune n° 143 (septembre 2012).
Quelques publications récentes
Ouvrages et directions
  • Actualités et citoyenneté à l’ère numérique, F. Granjon, J. Jouët et T. Vedel (dir.), Réseaux,  vol. 29, n° 170,  2011.
  • Communiquer à l’ère numérique. Regards croisés sur la sociologie des usages, J. Denouël, F. Granjon, coll.  « Sciences  Sociales », Presses des Mines, Paris, 2011.
  • Inégalités numériques. Clivages sociaux et modes d’appropriation des TIC, F. Granjon, B. Lelong et J-L. Metzger (dir.), coll. « Technique et scientifique des télécommunications », Hermès/Lavoisier, Paris, 2009.
Articles
  • « Les pratiques des écrans des jeunes Français. Déterminants sociaux et formes d’appropriation », F. Gire, F. Granjon, Reset,  vol. 1, n° 1,  2011.
  • « Mobilisations collectives et web participatif », Les Cahiers de la SFSIC, n° 7, 2011.
  • « Penser les usages sociaux de l’actualité », F. Granjon, A. Le Foulgoc, Réseaux, 2011.
  • «  Fracture  numérique », Communications, n° 88, 2011.
  • « Le « non-usage » de l’Internet : reconnaissance, mépris et idéologie », Questions de communication, n° 18,  2010.
  • « Exposition de soi et reconnaissance de singularités subjectives sur les sites de réseaux sociaux », F. Granjon F., J. Denouël, Sociologie, vol. 1, n° 1, Presses Universitaires de France, 2010.

References   [ + ]

1. Les sociologies de la fracture numérique. Premiers jalons critiques pour une revue de la littérature », F. Granjon, Questions de communication, 6, 2004 ; « Les usages du PC au sein des classes populaires. Inégalités numériques et rapports sociaux de classe, de sexe et d’âge », Inégalités numériques. Clivages sociaux et modes d’appropriation des TIC, Hermès-Lavoisier, 2008.
2. « Second-Level Digital Divide : Differences in the People’s Online Skills », E. Hargittai, First Monday, 7-4, 2002, Lien vers le site de First Monday ; P. Vendramin, G. Valenduc, Internet et inégalités. Une radiographie de la fracture numérique, Editions Labor, 2003.
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5. Motives, Hurdles and Dropouts », J. Katz, P. Aspden, Communications of the ACM, 40(4), 1997, et « Internet dropouts in the USA. The invisible group », Telecommunications Policy, 22(‘/5), 1998
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11. Critiques de la société de l’information, E. George, F. Granjon F. (dir.), L’Harmattan, 2008
12. La Culture pauvre, R. Hoggart, Ed. de Minuit, 1970.
13. « Reconceptualizing the Digital Divide« , M. Warschauer, First Monday, 7-7, 2002. Lien vers un extrait sur le site de First Monday ; « Second Thoughts: toward a critique of the digital divide« , D. J. Gunkel, New Media & Society, 5-4, 2003 ; « Inégalités numériques et reconnaissance sociale. Des usages populaires de l’informatique connectée« , F.  Granjon, Fracture Numérique et justice sociale, « Les Cahiers du numérique« , 5-1, 2009
14. « La diffusion des technologies d’information et de communication : une enquête longitudinale en Pologne », D. Batorski, Z. Smoreda, Réseaux, 24-140, 2006
15. « Internet acces and use in context« , E. Hargittai, New Media & Society, 6-1, 2004
16. « Social Implications of the Internet« , P. DiMaggio P. et al., annual Review of Sociology, 27, 2001

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