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Les ateliers d'écriture du prix du jeune écrivain

Compte rendu d’une semaine à Muret, dans l’atelier d’Ingrid Astier « Les Mots ont le pouvoir » du lundi 11 au samedi 16 juillet 2016

A Muret, depuis 19 ans, les deux premières semaines de juillet servent d’écrin aux auteurs en herbe. Venus du Québec, de Suisse, de Belgique ou des quatre coins de France, ils travaillent à améliorer leur plume sous le regard affuté d’écrivains confirmés. Organisés par l’association du prix du jeune écrivain, deux cessions d’une semaine regroupent une dizaine de participants pour chacun des quatre ateliers. Les auteurs-encadrants proposent un thème pour guider le travail des stagiaires, sans pour autant le guinder. Ici, il est question de sortir de sa zone de confort, de tester les formes et les genres et d’interroger le sens des mots.

Le cru 2016 a ainsi permis de passer la première semaine à écrire sur « la confusion des sentiments » avec Alain Absire, « Les miroirs sont priés de réfléchir » avec Jean-Claude Bologne, « Hier et demain les fées » avec George-Olivier Chateaureynaud et « Auteur en quête de personnage » avec Michel Lambert auquel ont succédé la seconde semaine, les propositions de Dominique Fabre, « Question de détails », Bernard Jannin, « écrire la nostalgie », Yvon le Men « Va à l’étranger comme chez ton ami et chez ton ami comme à l’étranger » et Ingrid Astier, « Les Mots ont le pouvoir ».

Crédit : Guy Bernot

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Dans les murs de l’école municipale d’enseignement artistique de la ville, les cessions se déroulent chaque jour de 9h30 à midi puis de 16h à 18h30, sauf le jeudi, jour de relâche. Pourtant, les aspirants écrivains n’hésitent pas à investir les lieux en dehors des plages horaires dédiées à partir de 14h, quand les portes s’ouvrent, pour continuer à travailler leurs textes. Car le mot d’ordre des ateliers semble bien être l’émulation. Les propositions fusent. Selon les auteurs avec lesquels ils travaillent les ateliéristes sont confrontés à des exercices ou à des propositions d’écriture. Pour autant, chacun n’est pas studieusement penché sur sa copie, les textes s’échangent, passent de mains en mains s’enrichissant ainsi de remarques et de ratures. Les commentaires, toujours bienveillants, mais non moins exigeants, viennent tant du groupe que de l’auteur qui l’encadre. Ce sont des profils variés qui se croisent. Les participants ont entre 14 et 81 ans, la moyenne d’âge tourne autour de 30 ans. Ils sont amateurs de mots, lauréats ou participants remarqués du prix du jeune écrivain ou du prix Claude Nougaro, également organisé par l’association. Certains viennent d’ailleurs retrouver cette ambiance chaque été depuis, 2, 3, 5 ou 10 ans.

muret_2Crédit : Guy Bernot

Le travail est tourné vers la lecture qui marquera la fin de la semaine, où chaque groupe investit la scène de l’auditorium pour que les participants lisent un extrait ou l’entièreté d’un de leurs textes avec pour seule contrainte celle du temps de lecture, pour laisser respecter la plage horaire et entendre toutes les voix. Chacun rentre ensuite chez lui, non sans avoir échangé avant numéros, adresses email ou contact Facebook. L’effusion de la semaine se prolongera par des textes qui continuent d’évoluer, enrichis des précieux retours faits pendant la semaine et des liens tissés avec d’autres dans la même visée d’améliorer son écriture. Même une fois les portes de l’école d’enseignement artistique refermées, l’étincelle allumée par le travail en commun continue d’éclairer les apprentis auteurs.

quote-02-02-02Jacques, 16 ans : Écrire me semble un acte qui consiste en un partage, entre l’écrivain et le lecteur.
Pierre, 17 ans : Mon univers s’affirme peu à peu grâce aux croyances que j’ai abandonnées, et aux « certitudes » que j’ai retrouvées.

Témoignages de participants :

Jacques, 16 ans :

Je participe aux ateliers parce qu’écrire est ma passion. Écrire me semble un acte qui consiste en un partage, entre l’écrivain et le lecteur. Je cherche à améliorer ma manière d’écrire, mon style ainsi que ma méthode. C’est justement ce que peuvent apporter les ateliers du PJE à un ateliériste. Cela, grâce au contact et au partage permanent avec les autres ateliéristes et les écrivains. On en ressort enrichi, avec une méthode affûtée et un certain recul sur son style (cela dit, je n’ai pas encore trouvé le mien !). Les ateliers me sont également très bénéfiques sur l’aspect humain et par l’exposition permanente à la culture et aux lettres.

Pierre, 17 ans :

J’ai participé au stage du PJE il y a un an, pour la première fois, après avoir été repéré par le jury du prix Claude Nougaro. Ma plume se « lançait » dans le grand encrier artistique, et j’ai ressenti le besoin de me confronter au regard de l’écrivain confirmé. Tout comme cette année, il s’agissait de mettre ma feuille à nu. Les conseils de David Fauquemberg, l’an dernier, et ceux d’Ingrid Astier ont enrichi ma vision de l’écriture. Comprendre notamment que l’inspiration se couple au retravail, et que l’oeuvre est déjà une réécriture permanente. Les autres stagiaires m’ont également beaucoup apporté : leurs regards croisés, leurs analyses de qualité et leur ouverture ont fait progresser mon écriture. Mon univers s’affirme peu à peu grâce aux croyances que j’ai abandonnées, et aux « certitudes » que j’ai retrouvées. Merci à ces ateliers de permettre à l’art d’être une création dans l’échange, un univers en construction, et des rencontres culturelles, donc surtout humaines !

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Crédit : Guy Bernot
Par Marieke Mille, rédactrice en chef de la revue Lecture Jeune.

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