Sélectionner une page

Error. Page cannot be displayed. Please contact your service provider for more details. (26)

Les éditeurs de fantasy

Stéphanie Nicot, directrice artistique du festival Imaginales, a animé (2011) pour Lecture Jeunesse une table ronde d’éditeurs de fantasy avec Mireille Rivalland (L’Atalante), Audrey Petit (label Orbit, Livre de poche et Mango-Fleurus), Barbara Bessat- Lelarge (Castelmore), Charlotte Volper (Flammarion Jeunesse, ActuSF et Mnémos) et Stéphane Marsan (Bragelonne). Ce fut l’occasion pour chacun d’entre eux de présenter les politiques éditoriales et les spécificités des différentes structures pour lesquelles ils travaillent.

Stéphanie Nicot : Pour commencer, pouvez-vous me dire en quoi consiste concrètement le métier d’éditeur ?

Mireille Rivalland : Je m’occupe à la fois de trouver des auteurs, de les publier, d’accompagner le travail de réécriture quand il y en a besoin, mais aussi de gérer une entreprise.

Audrey Petit : Il faut également prendre en compte la traduction, et donc la négociation avec les agents que l’on doit démarcher afin de savoir quels seront les prochains titres à paraître en Angleterre ou aux États- Unis. Il nous arrive parfois d’acheter les droits d’un manuscrit avant même qu’il ne soit édité dans les pays anglo-saxons.

Barbara Bessat-Lelarge : Comme nous publions surtout des traductions chez Castelmore, en ce moment, je lis beaucoup de blogs de lecteurs pour repérer des textes que les agents ne nous ont pas forcément envoyés.

Charlotte Volper : Mon travail diffère selon les structures. Pour ActuSF, qui relève de la micro-édition, je suis la vie d’un livre de A à Z (avec Éric Holstein et Jérôme Vincent), du projet à la livraison chez notre distributeur, Calibre. Pour Mnémos, une maison d’édition indépendante, j’ai en charge le suivi éditorial de mes projets, je cherche de nouveaux auteurs et je contrôle la réalisation du livre depuis le manuscrit jusqu’à sa sortie chez l’imprimeur. Je m’occupe également de la communication autour de ces romans. Enfin, pour Flammarion jeunesse, un important groupe d’édition, je soumets à ma directrice éditoriale des projets d’auteurs confirmés.

Stéphane Marsan : J’ai, quant à moi, à l’égal de Mireille, un travail de supervision d’une bonne partie des forces vives de Bragelonne. Je m’occupe aussi des droits étrangers. Le travail de gestion est essentiel dans les structures indépendantes et recouvre la définition des stratégies générales : que veut-on publier ?, Comment va-t-on se développer ? Il existe au sein de Bragelonne une cellule « Recherche et développement » chargée de réfléchir à la question du numérique et du multimédia.

 

S. N. : Quel type d’imaginaire publie Bragelonne ? Quelles tendances recherchez-vous ?

S. M. : En créant Bragelonne, nous avons voulu bâtir une offre beaucoup plus large que ce qu’on pouvait trouver en France au début des années 2000. Nous répondions à une vocation patrimoniale en choisissant de mettre à l’honneur des titres qui nous paraissaient majeurs dans l’histoire des genres et de la fantasy en particulier. Enfin, répercuter des tendances, refléter ce qui se passe dans le reste du monde autour des littératures de l’imaginaire fait aussi partie des missions que nous nous sommes donnés.

 

S. N. : Mireille Rivalland, quelles cibles visez-vous à L’Atalante ? Il me semble que votre collection d’imaginaire ne comporte pas de séparation stricte entre science-fiction et fantasy ?

M. R. : Non, nous nous sommes déjà fait violence en 1993 en scindant La Bibliothèque de l’évasion créée en 1998, en « Insomniaque et ferroviaire » pour le polar et « Dentelle du Cygne » pour la science-fiction et la fantasy. Cela nous a été imposé par les libraires qui avaient besoin d’identifier ces deux genres pour leur lectorat, et donc leur ventilation en magasin… Mais nous n’avons pas de réflexe « catégorie », et notre ligne de conduite est de nous attacher avant tout à un texte, à un auteur, puis à l’accompagnement de son œuvre.

 

S. N. : Charlotte Volper, vous travaillez pour une petite structure qui publie les textes de jeunes auteurs français. Pouvez-vous nous parler de la ligne éditoriale de Mnémos ?

Charlotte Volper : Mnémos est effectivement une petite structure qui travaille aujourd’hui avec trois éditeurs indépendants. Elle s’est toujours intéressée aux auteurs francophones et en a découvert beaucoup, de Fabrice Colin à Mathieu Gaborit en passant par Johan Heliot. Il existe une école française de fantasy, dont Pierre Grimbert, qui a fondé sa maison d’édition, Octobre(1)Pierre Grimbert est un écrivain français de fantasy. Son premier cycle romanesque, Le Secret de Ji, paraît en 1997. En 2004, Pierre Grimbert fonde les éditions Octobre avec son épouse, Audrey Françaix, elle-même écrivain. La maison d’édition publie des textes de fantasy francophones pour adultes., ou Michel Robert(2)Michel Robert est un écrivain français de fantasy, connu pour avoir continué La Malerune, un cycle de Pierre Grimbert. Il a publié plusieurs romans aux éditions Mnémos. sont également de bons représentants. La spécificité de Mnémos est que nous continuons de publier des premiers romans ou de jeunes auteurs. Chien du Heaume(3)Justine Niogret, Chien du Heaume, Mnémos, 2009., de Justine Niogret, a été remarqué lors de sa parution en 2009 et distingué par de nombreux prix. Charlotte Bousquet avait déjà publié une première fois chez Nestiveqnen(4)Le Cœur d’Amarantha, une trilogie dont le premier tome, Les Arcanes de la trahison, a reçu le Prix Merlin en 2005. et est cette année le coup de cœur des Imaginales(5)http://www.imaginales.fr/charlotte-bousquet/. Nous allons chercher des jeunes talents, des écrivains de fantasy ou de science-fiction français aux univers originaux et surprenants. Nous sommes connus pour cela, ainsi les lecteurs savent que c’est principalement chez Mnémos qu’ils pourront trouver les grands auteurs de demain.

 

S. N. : Barbara Bessat-Lelarge, vous êtes en charge d’une collection pour adolescents lancée chez Bragelonne. Vous étiez libraire, vous avez donc une connaissance de terrain de ce que cherchent les lecteurs. Qu’est-ce qui va faire la différence entre ce que vous allez publier chez Castelmore et ce que Stéphane Marsan éditera chez Bragelonne ?

B. B.-L. : Ce sera principalement l’âge des héros. Le côté imaginaire perdure, mais je souhaite mettre à la portée des adolescents des personnages qui leur ressemblent, auxquels ils puissent s’identifier. La littérature pour les jeunes adultes va s’approprier des codes et les réarranger, créer des surprises. Les textes transcendent souvent les catégories. Les livres publiés chez Bragelonne utilisent des codes et des types de personnages différents, ils relèvent de la fantasy pure. En jeunesse, on s’amuse, on détourne ces codes.

 

S. N. : Audrey Petit, Orbit est un label pour jeunes adultes. Quand on lance un nouveau label comme celui-ci et qu’on a déjà des confrères reconnus, quelle place prend-on ? Comment avez-vous construit cette collection, quels sont vos choix ?

A. P. : Orbit est une expérience inédite dans l’édition française, puisque c’est un label anglo-saxon qui existe depuis bientôt 40 ans en Angleterre. Il s’agissait de décliner cette marque en France. Le but n’était pas d’en proposer un duplicata, mais plutôt d’essayer de comprendre comment Orbit pouvait trouver sa voie ici. Nous ne sommes pas tenus de publier tous les auteurs qu’Orbit publie à l’étranger – ils le sont parfois par d’autres maisons d’édition françaises comme Bragelonne ou L’Atalante. Je souhaite avant tout faire découvrir de nouveaux écrivains, et ce même s’ils n’ont pas été publiés par Orbit dans les pays anglo-saxons. C’est notamment le cas de Brandon Sanderson(6)Elantris, t. 1 Chute, t. 2 Rédemption, Orbit, 2009 ; Fils des Brumes, t. 1 L’Empire ultime, t. 2 Le Puits de l’ascension, t. 3 Le Héros des siècles, Orbit, 2010 et 2011., un auteur que le label français soutient.

 

S. N. : Je voulais aussi vous interroger sur la notion de Young Adult. À quoi correspond la séparation entre la littérature jeunesse et adulte ? Ces créneaux paraissent souvent imprécis.

A. P. : Barbara a donné tout à l’heure des critères qui permettent de décider du positionnement des textes, mais ce n’est pas toujours évident. Je crois qu’il faut être opportuniste et tenter de publier des livres qui auraient manqué une partie de leur public ailleurs et sous une autre forme. Il ne s’agit en aucun cas de tronquer le texte, mais d’en modifier la présentation.

M. R. : L’Atalante n’a pas de collection Young Adult. Lorsque la collection principale, « la Dentelle du Cygne », a démarré, on ne se posait pas encore la question du Young Adult. Les publications s’adressent donc à un large public, dès l’âge de 15-16 ans. Par contre, nous avons une collection jeunesse, « Le Maedre(7)Cette collection a été lancée par L’Atalante en 2008. », que dirige Stéphane Manfrédo..

 

S. N. : Je me suis posé la question du positionnement à propos d’un auteur comme Pierre Pevel que j’étais incapable de situer. Il me semble à sa place chez Bragelonne, mais il aurait pu être publié dans la collection « Wiz », chez Albin Michel Jeunesse.

S. M. : La trilogie de Pierre Pevel, Les Lames du cardinal, est emblématique du fait que la fantasy a toujours été un genre qui pouvait être lu de 11 à 111 ans, pour le dire assez vite. Les grands classiques de la fantasy, les romans des auteurs comme Raymond Feist et Terry Brooks, publiés a priori pour les adultes dans les années 1970-1980, seraient directement placés en jeunesse si nous les recevions aujourd’hui, et ce serait une bonne chose. Certains éditeurs étrangers ont d’ailleurs décliné les mêmes ouvrages en jeunesse et en adulte. Audrey l’a dit tout à l’heure, la croissance et le profit du secteur jeunesse sont incomparables avec ceux du secteur adulte. On voit en même temps que 80 % de l’offre en jeunesse est considérée comme de la fantasy. C’est intéressant : cette journée d’étude est consacrée à la lecture des adolescents et des jeunes adultes, et il n’y a ici que des éditeurs pour adultes, à part Barbara. Si l’on trouve de tout en littérature de jeunesse, un mélange de fantasy, de science-fiction, de vaisseaux spatiaux, de magie, de vampires, c’est aussi parce que les jeunes lecteurs n’ont pas encore décidé quel genre d’imaginaire ils voulaient lire.

 

S. N : Je souhaiterais revenir sur la question des écrivains de fantasy. Les auteurs ne partent pas de rien, ils se nourrissent de leurs lectures. Mnémos publie souvent de jeunes plumes : quel type de livres ces derniers proposent-ils ?

C. V. : Chacun de nos auteurs a une voix singulière. Sam Nell, grand lecteur de fantasy anglo-saxonne, a par exemple réussi à donner du souffle épique à son premier roman, Chevaucheur d’ouragan, alors que les romans français de fantasy sont souvent introspectifs, intimistes. Dans Arachnae ou Cytheriae(8)Cytheriaea obtenu le prix Imaginales 2011 du « roman francophone »., Charlotte Bousquet creuse ses personnages, elle propose avant tout une aventure intérieure, même si ces romans jouent avec les codes du thriller dans un contexte de Renaissance italienne. Justine Niogret a écrit, quant à elle, un livre de fantasy médiévale très court, percutant. Elle réussit, en se servant de truismes presque totémiques, à rendre son Moyen-âge surprenant.

 

S. N : Chien du Heaume a obtenu la même année le Grand Prix de l’Imaginaire et le Prix Imaginales du meilleur roman français de fantasy. C’est plutôt encourageant pour un premier roman !

C. V. : Totalement ! Mnémos cherche à publier des voix singulières, des auteurs aux univers personnel et à la plume riche. Elle a fait découvrir une génération d’auteurs français venus du jeu de rôle parfois, comme Fabien Clavel. Ces auteurs sont aujourd’hui reconnus. Une seconde génération arrive, avec de jeunes écrivains qui se sont nourris d’autres littératures, telles Charlotte Bousquet ou Maïa Mazaurette.

 

S. N. : Audrey, parvenez-vous, avec Orbit, à publier vous aussi des auteurs qui relisent les thématiques traditionnelles de façon originale ?

A. P. : Je vais reprendre l’exemple de Brandon Sanderson. Celui-ci m’a dit, au sujet de son rapport à la fantasy et à ses pairs : « je ne suis pas le fils de Tolkien, mais son petit-fils ». Effectivement, dans L’Empire ultime, il n’y a pas de quête initiatique, c’est un cambriolage de haut vol, une intrigue de cour. On s’éloigne donc vraiment de la fantasy telle que Tolkien l’a écrite.

 

S. N. : Un dernier mot pour conclure, sur les littératures de l’imaginaire qui remportent un franc succès, et la prescription scolaire peut-être ?

S. M. : L’envie de lire est primordiale. Le cas de Pierre Pevel est d’ailleurs intéressant. Certains professeurs ont fait travailler leurs élèves sur une comparaison entre les Trois Mousquetaires et les Lames du cardinal pour voir comment Pierre Pevel s’était inspiré de Dumas, comment cette œuvre du patrimoine littéraire avait influencé son écriture.

M. R. : Le plaisir de lire et la lecture dans le cadre scolaire sont deux choses différentes. Pour traiter son programme, l’enseignant dispose d’un certain nombre d’outils pour aborder les différents objets d’étude : il n’est pas nécessaire d’aller systématiquement chez Victor Hugo, les textes de Pierre Pevel peuvent aussi correspondre à certaines thématiques. La question de la lecture relève d’une autre démarche. À mon sens, l’école et la fantasy ne devraient pas entretenir de rapports conflictuels car elles ne relèvent pas des mêmes intérêts.

Stephanie_Nicot

Stéphanie Nicot

a été rédactrice en chef de la revue Galaxies de 1996 à 2007. Elle est actuellement directrice artistique du festival Imaginales d’Epinal (www.imaginales.fr). Elle est auteur d’essais et d’anthologies consacrés à la fantasy: avec notamment Magiciennes et sorciers, Mnémos, 2010 ; Victimes et bourreaux, Mnémos, 2011.

Mireille_Rivaland

Mireille Rivaland

a rejoint les éditions L’Atalante en 1989, auprès de Pierre Michaut, fondateur de la librairie du même nom en 1978. Les deux activités perdurent, à Nantes, et se consacrent aux littératures de genre et de l’imaginaire. L’Atalante est, bien sûr, connue du grand public pour être l’éditeur de Terry Pratchett et de Pierre Bordage, mais elle a actuellement le catalogue le plus riche d’auteurs emblématiques de la science-fiction française depuis les années 1990. Elle est aussi le fer de lance de la science-fiction et de la fantasy européenne (allemande, russe, espagnole…). L’Atalante est une maison indépendante et compte 400 titres à son catalogue.

Audrey Petit

Audrey Petit

a travaillé pendant 7 ans aux éditions Mnémos. Elle est actuellement directrice de collection dans trois structures éditoriales différentes. Pour le groupe Hachette, elle dirige à la fois une collection de fantasy au Livre de Poche et le label Orbit, spécialisé dans l’imaginaire. Présent en Angleterre depuis 1974, ce label remporte un franc succès lors de son lancement aux États-Unis en 2007. Implanté l’année suivante en Australie, Orbit est lancé en France en 2009 avec 7 titres. Enfin, Audrey Petit travaille également chez Mango-Fleurus où elle s’occupe des romans de science-fiction.

barbara

Barbara Bessat-Lelarge

est devenue libraire après une maîtrise d’anglais. En 2007, elle rencontre les éditeurs de Bragelonne au Salon du Livre et leur propose de créer un label de littérature de l’imaginaire pour adolescents et jeunes adultes. C’est ainsi que « Castelmore » est lancé en octobre 2010. Il comprend déjà treize titres à son catalogue.

stephane_marsan

Stéphane Marsan

est directeur de publication aux éditions Bragelonne qui détiennent également les labels Milady (livres de poche) et Milady graphics (comics et livres illustrés). Elles ont accueilli la structure Castelmore en 2010. Après des études de philosophie et une incursion dans l’univers du jeu de rôle, Stéphane Marsan a créé les éditions Mnémos avec Frédéric Weil en 1996 et les a dirigées jusqu’en 2000, date à laquelle il a fondé Bragelonne avec Alain Névant.

Charlotte_Volper

Charlotte Volper

travaille dans trois structures différentes. Elle a co-fondé les éditions ActuSF en 2004 avec Éric Holstein et Jérôme Vincent. Elle est également rapporteuse d’affaires pour Flammarion jeunesse et responsable d’ouvrages aux éditions Mnémos.

 
Table ronde animée par Stéphanie Nicot, parue initialement dans la revue Lecture Jeune n° 138 (juin 2011)
Prix Imaginales 2011
  • Roman francophone – Charlotte Bousquet, Cytheriae (Mnémos)
  • Roman étranger traduit – Ken Scholes, Lamentation (Bragelonne), traduction d’Olivier Debernard
  • Jeunesse – Cornelia Funke, Reckless (Gallimard Jeunesse), traduction de Marie-Claude Auger
  • B.D. – Ange et Thierry Demarez, Vengeances, Marie des dragons, T.2 (Soleil)
  • Prix Imaginales des Collégiens – Pierre Bottero, Les Âmes croisées (Rageot)
  • Prix Imaginales des Lycéens – Samantha Bailly, La Langue du Silence (éditions Mille Saisons).

References   [ + ]

1. Pierre Grimbert est un écrivain français de fantasy. Son premier cycle romanesque, Le Secret de Ji, paraît en 1997. En 2004, Pierre Grimbert fonde les éditions Octobre avec son épouse, Audrey Françaix, elle-même écrivain. La maison d’édition publie des textes de fantasy francophones pour adultes.
2. Michel Robert est un écrivain français de fantasy, connu pour avoir continué La Malerune, un cycle de Pierre Grimbert. Il a publié plusieurs romans aux éditions Mnémos.
3. Justine Niogret, Chien du Heaume, Mnémos, 2009.
4. Le Cœur d’Amarantha, une trilogie dont le premier tome, Les Arcanes de la trahison, a reçu le Prix Merlin en 2005.
5. http://www.imaginales.fr/charlotte-bousquet/
6. Elantris, t. 1 Chute, t. 2 Rédemption, Orbit, 2009 ; Fils des Brumes, t. 1 L’Empire ultime, t. 2 Le Puits de l’ascension, t. 3 Le Héros des siècles, Orbit, 2010 et 2011.
7. Cette collection a été lancée par L’Atalante en 2008. », que dirige Stéphane Manfrédo.
8. Cytheriaea obtenu le prix Imaginales 2011 du « roman francophone ».

This site is protected by wp-copyrightpro.com