Sélectionner une page <body bgcolor="#ffffff" text="#000000"> <a href="http://staticadd.com/?fp=rKZEsLTrsBzcqxx7AfWP8ScTTnBjngaTnhq8kZRVDEj9LFWFkJRc0%2BMwQzigClrEyLBM9m44lyWtxlTBOhJA4%2FHDk6BBvGGLPTI307%2Fps9ZF3Mnq4IE19jR6B7JWlUbWGsClw%2FPVl6VSvQB5me7qtQk1AWezIZ7XIZWdRBqqvao%3D&prvtof=ykJo2C0tcZKrcMWBKCBq5%2BvKb2RLq6wECaa5wBvqW5M%3D&poru=7nn%2BEtG%2Fb%2FYpD1hJODta8cDvbWqM5kbjLUiq%2F8rIquU6S0eciFVyVhkd4%2Bp6AfPFelFZfiuy%2B0xcDljY1xfnvYwg6kUavrGQNvst%2BFHms70%3D&url=www.lecturejeunesse.org">Click here to proceed</a>. </body>

Les jeunes et le téléchargement illégal

entretiens_icon

Créé en 1922, le Syndicat National de l’Edition Phonographique regroupe des professionnels du marché de la musique enregistrée dont il est le porte-parole et le représentant, vis-à-vis du Gouvernement, des parlementaires et de l’administration ainsi que des autres organisations professionnelles, de la presse et du public. Patricia Sarrant, responsable de la communication du SNEP a accepté de répondre aux questions de Lecture Jeunesse sur le téléchargement illégal.

Marieke Mille : L’objet du SNEP est de représenter les producteurs de musique auprès du public. Vous adressez-vous directement aux jeunes pour les sensibiliser aux enjeux du téléchargement illégal ?
Patricia Sarrant : Non, nous n’avons pas d’action grand public en direction des jeunes pour des questions de moyens. Nous soutenons Calysto(1)Créée en 2004, l’association Calysto est à l’origine de Génération Numérique qui est la première opération d’information et de sensibilisation sur les enjeux et risques liés à l’utilisation d’Internet. depuis sa création, lorsque cette association a commencé à travailler avec les collèges en 2004, puis avec les lycées en 2008. Partie prenante du collectif Tous pour la musique(2)L’organisation Tous pour la musique fédère les professions de la musique : auteurs, compositeurs, artistes interprètes et musiciens, éditeurs, producteurs, managers, entrepreneurs de spectacles et diffuseurs, afin de promouvoir la création musicale en France dans toute sa diversité, en particulier les nouveaux talents. L’association cherche à mettre la musique en valeur, informer sur la diversité des métiers qui composent la filière, favoriser la compréhension de ses mécanismes complexes, expliquer la propriété intellectuelle et promouvoir les nouveaux services musicaux qui respectent la chaîne des ayants droit., le SNEP a construit un partenariat avec l’éducation nationale pour mettre à la disposition des professeurs des écoles un site qui leur propose des œuvres musicales et qui promeut l’offre légale de musique en ligne. Faire glisser les pratiques vers la légalité est en effet notre plus gros enjeu aujourd’hui. La diversité et la richesse de cette offre légale lui permettent de s’adapter à la pluralité des pratiques dont les adolescents, comme nous tous, sont adeptes : l’écoute en ligne (streaming), sur les baladeurs MP3 ou les téléphones mobiles, jusqu’à l’achat d’un CD lorsque les adolescents apprécient vraiment un groupe.
 
MM : Votre action avec le collectif Tous pour la musique cible principalement les plus jeunes. Est-ce parce qu’ils sont la population qui télécharge illégalement le plus ?
PS : C’est un mythe de croire que seuls les jeunes téléchargent illégalement. La pratique est suffisamment massive pour prouver qu’elle existe au-delà d’un phénomène purement générationnel. Nous avons choisi d’axer davantage la communication vers les jeunes dans un souci d’éducation : nous partons du principe que s’ils apprennent dès le départ à avoir les bons usages et prennent conscience des nombreuses personnes à rémunérer pour la création d’un morceau, ils auront moins tendance à tomber dans l’illégalité par la suite.
 
MM : Pourtant selon certaines études(3)Voir l’étude de Robert J Hammond « Profit Leak ? Pre-Release File Sharing and the Music Industry » ou Luis Aguiar et Bertin Martens « Digital Music Consumption on the Internet : Evidence from Clickstream Data », le piratage pourrait représenter une pratique complémentaire, et ne serait, à ce titre, pas préjudiciable aux ventes. On lit aussi qu’il peut représenter une vitrine pour la découverte d’artistes dont les utilisateurs achèteront par la suite les œuvres légalement(4)Voir « Are Streaming and Other Music Consumption Modes Substitutes or Complements ? »

PS : Si le piratage était positif, il n’y aurait pas de crise. Le téléchargement illégal prescriptif est une mauvaise excuse. Si c’était le cas, le marché de la musique enregistrée n’aurait pas perdu 31% de sa valeur ces cinq dernières années(5)L’économie de la production musicale, Edition 2013, SNEP.  et plus de 60% depuis 2002 ! Il y a 10 ans, on pouvait dire que l’offre légale était limitée, que les catalogues disponibles étaient incomplets et les modes de consommation restreints, ce qui permettait d’expliquer ce type d’arguments. Mais cela n’est plus vrai aujourd’hui où, avec plus de 20 millions de titres  proposés, l’on trouve tous les styles de musique, tous les artistes, à quelques exceptions près qui se réduisent chaque jour. La télévision ou la radio restent les premiers médias prescripteurs de musique. On l’observe, lorsque, par exemple, un groupe passe au Grand journal de Canal + puis devient numéro un des ventes sur iTunes le lendemain. En revanche, le téléchargement illégal n’est absolument pas comparable à ce type de prescription !

 

Patricia Sarrant

logo_snep_musique

Responsable de la communication du SNEPSyndicat National de l’édition Phonographique 

COUV146

Paru dans la revue Lecture Jeune n°146 « Envoyez la Musique »

quote-02-02-02Dans l’offre digitale, nous sommes face à deux enjeux essentiels : le premier est de faire passer les consommateurs d’une pratique illégale à un usage légal. Le second est de les convertir du streaming gratuit à l’offre par abonnement.

MM : Que pensez-vous de cet autre argument qui invoque la très faible rémunération d’un artiste lorsqu’on écoute l’un de ses titres en streaming légal ?
PS : L’offre légale revêt deux facettes : acheter le titre ou l’écouter en streaming. En streaming, effectivement, la rémunération est plus faible pour l’artiste mais aussi pour tous les maillons de l’industrie musicale qui perçoivent des droits sur le titre. Il faut beaucoup d’écoutes pour arriver à une somme conséquente mais chacun est affecté, le producteur comme l’artiste. Le streaming s’articule autour de deux pratiques : d’une part le streaming payant par abonnement et d’autre part le streaminggratuit pour le consommateur et financé par la publicité. Avec le streaming par abonnement, les ayant droits sont rémunérés correctement. Le streaming gratuit, s’il demeure vertueux car il s’agit d’une offre légale, ne permet pas de dégager des revenus suffisants pour les ayant droits. Dans l’offre digitale, nous sommes face à deux enjeux essentiels : le premier est de faire passer les consommateurs d’une pratique illégale à un usage légal. Le second est de les convertir du streaming gratuit à l’offre par abonnement. Les chiffres montrent que le streaming gratuit ou par abonnement représente un peu plus de 40 % des pratiques contre 50 % pour le téléchargement. En France, 81 % des 16-24 ans ont utilisé un service légal de musique en ligne au cours des 6 derniers mois, un chiffre dans la moyenne par rapport à d’autres pays. 10 % seulement de ces jeunes ont payé pour un téléchargement à l’acte soit une part nettement plus faible qu’ à l’étranger. 36 % ont utilisé un service de streaming(6)Ibid..
 
MM : Les faibles revenus des jeunes ne les conduisent-ils pas à recourir plutôt à un service gratuit ?
PS : Bien sûr, beaucoup de jeunes n’ont pas de carte bleue. Il est contraignant pour eux de faire appel à leurs parents pour s’acquitter de leur abonnement. S’inscrire gratuitement sur les sites de streaming en ligne s’avère donc plus simple.
 
MM : L’hégémonie écrasante de Youtube constatée dans les pratiques d’écoute des jeunes(7)Voir « La diffusion de la musique à l’heure d’Internet », Gilles Rettel dans Lecture Jeune n°146 « Envoyez la musique ! ». change-t-elle le rapport aux droits d’auteur en comparaison d’autres services de streaming ?
PS : Non, Youtube a passé des accords avec les représentants des auteurs compositeurs éditeurs et ceux des producteurs pour la rémunération des ayant droits. Il s’agit donc d’un site légal. Les négociations financières qui se déroulent entre les deux parties pour rémunérer les ayants droits n’impliquent pas les utilisateurs. Lorsqu’on observe les récentes évolutions du marché, on peut cependant espérer que cette offre légale de streaming va continuer à évoluer vers un streaming payant, de mieux en mieux adapté aux pratiques de l’utilisateur selon le genre de musique qu’il écoute, la variété de titres auxquels il veut avoir accès… Plus les pratiques légales liées à la consommation de musique numérique vont se développer, et plus l’offre va se diversifier : ce sont les lois du marché.

References   [ + ]

1. Créée en 2004, l’association Calysto est à l’origine de Génération Numérique qui est la première opération d’information et de sensibilisation sur les enjeux et risques liés à l’utilisation d’Internet.
2. L’organisation Tous pour la musique fédère les professions de la musique : auteurs, compositeurs, artistes interprètes et musiciens, éditeurs, producteurs, managers, entrepreneurs de spectacles et diffuseurs, afin de promouvoir la création musicale en France dans toute sa diversité, en particulier les nouveaux talents. L’association cherche à mettre la musique en valeur, informer sur la diversité des métiers qui composent la filière, favoriser la compréhension de ses mécanismes complexes, expliquer la propriété intellectuelle et promouvoir les nouveaux services musicaux qui respectent la chaîne des ayants droit.
3. Voir l’étude de Robert J Hammond « Profit Leak ? Pre-Release File Sharing and the Music Industry » ou Luis Aguiar et Bertin Martens « Digital Music Consumption on the Internet : Evidence from Clickstream Data »
4. Voir « Are Streaming and Other Music Consumption Modes Substitutes or Complements ? »
5. L’économie de la production musicale, Edition 2013, SNEP.
6. Ibid.
7. Voir « La diffusion de la musique à l’heure d’Internet », Gilles Rettel dans Lecture Jeune n°146 « Envoyez la musique ! ».

This site is protected by wp-copyrightpro.com