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Rencontre avec… Antoine Dole

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Jeune écrivain à la plume fougueuse, Antoine Dole revient sur ses premiers romans. Avec Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de Lecture Jeunesse, il retrace son parcours, l’évolution de son écriture et ses expériences littéraires, de ses débuts chez Sarbacane jusqu’à ses titres plus récents chez Actes Sud (interview en 2014).

 

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Sonia de Leusse-Le Guillou : Quelle est la genèse de votre premier titre publié chez Exprim’ ?

Antoine Dole : Je reviens de mourir est un livre que j’ai commencé à écrire vers 18 ans puis je l’ai laissé de côté pendant près de deux ans. A cette époque, non seulement je ne savais pas trop ce que je voulais faire, mais je sortais d’une relation amoureuse compliquée. J’avais la sensation que, pour la maintenir, j’avais dû accepter beaucoup de choses qui ne me correspondaient pas. Je me demandais si, dans un couple, c’est nous qui posons la limite de ce que nous sommes capables d’accepter ou si c’est l’autre, en face, qui décide jusqu’où il va nous laisser aller. Cette question de la limite amoureuse me préoccupait. J’avais cette sensation d’avoir abandonné une partie de moi-même, ce que je matérialise dans le livre à travers la prostitution de mon personnage. J’ai fait mes études, j’ai écrit, puis ouvert un blog, un genre de journal intime où je relatais ma vie, mon quotidien. Virginie Despentes l’a découvert et en a parlé sur le sien. Des journalistes sont venus à leur tour. Enfin, Tibo Bérard m’a proposé de lui soumettre un texte. Je lui ai remis une ébauche de Laisse brûler, que j’avais écrit à la même période. Mais comme cela ne convenait pas, je lui ai donné Je reviens de mourir qui l’a convaincu tout de suite. Sarbacane avait une volonté forte d’accompagner ce texte.

 

SLG : Avez-vous beaucoup retravaillé le manuscrit avec Tibo Bérard(1)Directeur de la collection Exprim’ chez Sarbacane. ?

AD : Oui, il faisait le double de volume. Nous avons fait un gros travail de coupe, sans censure – vous voyez le résultat final –, mais nous avons cherché à donner le maximum d’énergie au texte.

 

SLG : Vous disiez avoir écrit vos deux premiers romans à peu près en même temps ?

AD : Je pense que j’avais besoin de Je reviens de mourir pour écrire Laisse brûler(2)Laisse brûler, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2010, p.11 . Le premier est celui dont on parle le plus, notamment à cause la polémique en 2007(3)Voir la critique d’Ariane Tapinos, « Femme fantasme en pâture », revue Citrouille, juin 2008, p. 25-26., mais le second est pour moi le roman le plus important, même s’il est passé complétement inaperçu parce que tout le monde s’est focalisé sur Je reviens de mourir.

 

SLG : C’est même étonnant parce qu’après un livre sulfureux, qui plus est un premier roman, un auteur est en général très attendu pour son deuxième titre…

AD : On ne m’a pas pardonné le premier ! J’ai dédicacé Laisse brûler à Marion et à Eve de Je reviens de mourir, un prêté pour un rendu : ce que je leur ai fait vivre dans le roman m’a permis d’aborder des éléments plus personnels et plus proches de moi dans le suivant.

 

SLG : La polémique a totalement occulté pour un temps la suite de votre parcours. 

AD : Oui elle a été très violente alors que je me présentais avec beaucoup de naïveté, en ayant l’impression d’avoir dévoilé une part très personnelle.

 

SLG: Je reviens de mourir était-il destiné à la jeunesse lorsque vous l’avez écrit ? 

AD : Non, j’avais une méconnaissance totale des romans  jeunesse. Lorsque j’ai vu les livres pour enfants qui côtoyaient le mien sur les tables des librairies, cela m’a paru totalement en décalage. Tibo Bérard m’avait annoncé la création de rayons pour les jeunes adultes, mais ils n’existaient pas en 2008. Pour ma part, je lisais beaucoup de littérature contemporaine comme celle de Virginie Despentes, par exemple.

 

SLG : Avez-vous eu le sentiment d’un malentendu lorsque votre livre a été mal reçu ?

AD : Je suis auteur, donc j’essaye de faire de la littérature or à aucun moment, on ne m’a parlé de littérature, sinon de thématiques, de positionnement. Je me suis retrouvé porte-parole d’un éditeur, défenseur d’une collection(4)La collection Exprim’ a été créée en 2006. dans mes interviews. J’ai vécu de façon étrange la sortie du livre, comme si j’étais quasiment devenu un commercial.

 

SLG : Votre roman n’aurait-il pas été perdu, au milieu d’une table de rentrée littéraire ? La publication dans la collection Exprim’ n’a-t-elle pas contribué à vous faire émerger en tant qu’auteur ?

AD : Je serais peut-être passé inaperçu en littérature générale, on ne sait pas. Je n’aurais pas eue cette polémique, c’est sûr, mais j’aurai préféré gagner une notoriété parce que j’avais un style, une écriture, une voix, que de gagner en notoriété parce que j’avais été le premier auteur à écrire le premier roman pornographique pour ados !

 

SLG : Paradoxalement, vous êtes très suivi par les prescripteurs…

AD : Pourtant, Je reviens de mourir, dont on parle beaucoup, qui est très lu parce que les gens se le prêtent, est un roman qui ne se vend pas.

 

SLG : Finissons-en avec ces débuts tapageurs pour rentrer davantage dans votre univers d’auteur. Ce qui me frappe dans votre mise en scène du sexe et de la violence, c’est l’utilisation récurrente que vos personnages font du sexe pour essayer d’avoir prise sur la réalité, comme si cette confrontation avec le réel devait passer par l’organique, par la chair ou par les écoulements. Mais cela échoue à chaque fois.

AD : Oui, c’est vrai que l’on qualifie parfois mon écriture de littérature organique. Peut-être est-ce parce que je ne suis pas venu à la littérature par la culture : j’ai écrit parce que j’étais un adolescent angoissé et que nommer les choses était une façon de les rendre moins agressives, moins violentes. Mon écriture provient d’un cœur qui bat, de frissonnements, de maux de ventre… Je suis né en 1981, donc j’ai grandi dans les années Sida, dans une conception de la sexualité et du rapport à l’autre extrêmement complexe. On m’a toujours appris à aimer l’autre en me protégeant, en étant sur mes gardes, en ne me donnant pas (sans mettre un préservatif). Cette construction de la sexualité implique de la méfiance et l’associe à la mort, ce qui est finalement très violent. Et puis, pendant très longtemps j’ai cru que la rage, la colère étaient des réponses à ce que je voyais autour de moi, à ce monde que je trouvais particulièrement brutal aussi. J’ai finalement compris que la douceur, la compassion, la tendresse, pouvaient être des solutions aussi, qu’elles offraient une autre possibilité.

Antoine Dôle

Antoine Dole

Auteur de fictions, Antoine Dole esquisse à chaque nouvel opus une vision crue de sa génération. Après les polémiques suscitées en 2008 par son premier roman, Je reviens de mourir (Éditions Sarbacane), il publie Laisse brûler en mars 2010 (Éditions Sarbacane), ainsi que « Fly Girls » (Éditions Au Diable Vauvert) qu’il cosigne avec la rappeuse Sté Strausz. L’auteur continue son exploration d’une société faite d’incommunicabilité et de solitude dans « K-Cendres », son troisième roman, épopée médiatique d’une jeune star du rap confrontée aux dérives de l’industrie. En janvier 2013, il publie « A copier cent fois » (Editions Sarbacane), un court roman salué par la critique, sur les violences scolaires.

En 2014, Antoine Dole fait son entrée au catalogue des éditions Actes Sud avec le roman « Ce qui ne nous tue pas » (Editions Actes Sud Junior), récit de la rencontre improbable de deux solitudes sous le signe d’une douceur inaccoutumée dans l’univers singulier de l’auteur. Il continue en 2015 avec le roman « Tout foutre en l’air » (Coll. D’une Seule Voix, Editions Actes Sud Junior), puis ouvre son écriture aux jeunes lecteurs, la même année, avec le récit « Le baiser du mammouth » (Editions Actes Sud Junior).



Retrouvez le Site d’Antoine Dole

quote-02-02-02On devient adulte en enrichissant la palette émotionnelle de son rapport au monde.

SLG : Ces sentiments différents que vous évoquez gouvernent votre dernier livre(5)Ce qui ne nous tue pas, Actes sud junior, 2014..

AD : Ils en sont la clé. Même si on pense l’inverse à l’adolescence, cette douceur n’est pas ce qui nous tue mais ce qui nous rend plus fort, parce qu’accepter ses failles, cette  tendresse, étoffe notre vie, est source d’énergie.

 

SLG : Dans Laisse brûler, on ressent, à travers les émotions des personnages, une sorte de mur entre soi et le monde. Pulsion de vie et pulsion de mort se confondent, s’entrechoquent, mais expriment en même temps une rage de vivre : « Baiser le vide encore une fois ? Est-ce que c’était nécessaire ? La seule chose que j’espère à force, c’est m’arracher un truc. Que cette violence-là finisse par me réveiller». Vous avez mis ce dernier terme en italiques. Quel sens lui donnez-vous ? Qu’espèrent vos personnages dans cette confrontation ?

AD : Je pense qu’ils attendent de se sentir vivre. Le personnage de Laisse brûler collectionne des intensités – je l’ai moi-même fait pendant longtemps : je sélectionnais des chansons que je coupais, dont je gardais trois ou quatre secondes, ou seulement la voix, l’instrument qui monte en puissance ; idem avec les livres dont je consignais sur un cahier les phrases qui me procuraient une décharge. J’attendais que cela réveille quelque chose en moi. Je voulais ressentir, ne plus être vide. Etre une… matière. Il y a un passage de Laisse brûler dans lequel mon personnage évoque un monde liquide : il explique qu’il l’attrape mais qu’il glisse entre ses doigts. Effectivement, quand on est dans cet état-là, à moins de foncer la tête dans le mur, rien ne peut nous atteindre. Les personnages de mes deux premiers romans sont quasiment dépendants de cette recherche de sensation dont ils expérimentent la douleur.

 

SLG : N’est-ce pas aussi le cas d’Alexandra, qui se scarifie dans K-Cendres ?

AD : Oui, absolument.

 

SLG : J’associerais volontiers Je reviens de mourir et Laisse brûler tandis que j’isolerais K-Cendres.

AD : C’est un objet unique. K-Cendres est en effet un roman à part, pour moi. Les deux premiers forment un dyptique, avec d’un côté la voix des femmes, de l’autre celle des hommes, dans la destruction. K-Cendres découle de mon livre sur l’histoire du hip hop en France(6)Histoire du hip hop féminin, Diable Vauvert, 2010.pour lequel j’ai rencontré cinquante graffeuses, rappeuses, breakeuses qui ont fait la culture du hip hop – ces femmes qui semblaient des figures romanesques à part entière, et en même temps des voix de notre époque. Et puis ce livre faisait écho aux polémiques autour de Je reviens de mourir en illustrant l’idée que l’on peut pervertir le message des artistes pour les transformer en porte-parole de discours qui les dépassent. Alexandra est un personnage flottant qui a besoin de se rattacher à la réalité. Elle se scarifie ; elle se bat, seul rapport au monde et unique manière qu’elle a de s’assurer qu’elle n’erre pas dans une vision, dans un rêve, mais qu’elle existe vraiment.

 

SLG : J’aimerais discuter de la construction de vos romans. Celle qui préside à votre premier livre s’est-elle imposée d’elle-même, avec ces deux femmes, donc deux voix narratives différentes, l’une intérieure avec l’utilisation du « je » et l’autre, avec un narrateur externe ? Comment s’est dessiné le choix théâtral de ces deux figures ? 

AD : Marion était le « je », et Eve la troisième personne,  parce que je voulais qu’elle soit le personnage d’une histoire que Marion se raconte pour se donner la force de tenir. Eve est finalement pervertie par Marion car elle tombe amoureuse de David : les deux vies recommencent alors à se confondre, et le lecteur comprend que Marion ne s’en sortira pas. Le roman s’est construit là-dessus.

 

SLG : Ces changements de voix narratives se retrouvent dans d’autres romans. Laisse brûler qui alterne les voix est entre un scénario et une pièce composée d’actes. Le récit très séquencé repose sur une succession d’épisodes. 

AD : La construction est très mathématique. Tibo Bérard m’a conseillé d’apporter de la distance par rapport au récit originel, de créer « un objet » autour de ce texte dont je livrais une version très personnelle. Alors j’ai composé cette structure mathématique, avec trois personnages, trois voix, trois actes… Au début il n’y avait que Noah, le personnage principal. J’ai rajouté Maxime, puis Julien.

 

SLG : Vous avez structuré votre manuscrit par strates successives.

AD : Oui, j’ai écrit mon histoire puis je l’ai « fictionnalisée », pour l’éloigner de moi.

 

SLG : Grâce à un cadre très circonscrit…

AD : dont on ne peut pas déborder. L’idée était de faire un livre quasi mathématique au final, pour que je sois bien à l’abri dans cet édifice extrêmement rigoureux, si les critiques m’assaillaient comme à la sortie de Je reviens de mourir.

 

SLG : Pourtant, cette architecture retient un contenu volcanique aux titres explicites – éruption, combustion, brasier, extinction.

AD : C’est la naissance d’un feu comme l’illustre la citation de Tennessee Williams qui ouvre le livre et laisse peu d’issues « Nous vivons tous dans une maison en feu. Il n’y a personne pour éteindre cet incendie et il n’y a aucune issue de secours(7)« Nous vivons tous dans une maison en feu. Et il n’y a personne pour l’éteindre, et pas la moindre issue. Uniquement les fenêtres du dernier étage par lesquelles regarder dehors pendant que les flammes consument la maison, et nous avec, pris au piège. » Cité dans Tennessee Williams, Soudain l’été dernier  (1958). ». Une image m’était venue en tête un été, avant la publication, alors que des incendies terribles ravageaient tout à mesure qu’ils se propageaient. J’avais entendu un pompier expliquer qu’il fallait allumer d’autres feux pour circonscrire le premier. Je me suis dit qu’il fallait laisser brûler toute cette peine, cette douleur qu’on ne sait plus comment supporter, cette sensation d’étouffement. J’ai voulu allumer un feu et voir ce qui resterait des personnages. Les actes sont ainsi séparés par les quatre étapes de la naissance d’un incendie. Un personnage a brûlé, un autre en réchappe.

 

SLG : Ce roman marque l’intrusion d’une autre voix : le « tu » apostrophe le lecteur avec une grande violence…

AD : J’écris à la voix. Je l’entendais comme ça et je voulais que ce « tu » soit presque comme un reproche. Julien est un personnage qui se réveille ligoté à une chaise parce qu’il a été pris pour cible, par erreur. Mais en cherchant bien, même s’il est innocent, le personnage aura forcément une faute à expier. Il va chercher la rédemption au fond de lui-même, à travers ses flammes, dans cet incendie où il se retrouve pris et où il finit par se sentir coupable de quelque chose.

 

SLG : Vous disiez être venu à l’écriture notamment par l’audiovisuel ; peut-être vous êtes-vous inspiré d’univers de certains réalisateurs pour la construction cadrée et cinématographique de votre livre ?

AD : J’apprécie effectivement beaucoup les séries, comme Six Feet Under(8)Série américaine créée par Alan Ball, produite entre 2001 et 2005. qui m’a inspiré la façon dont les voix s’entremêlent à chaque fois. Cela a même été l’amorce du travail sur K-Cendres, que je voulais presque comme une pièce de théâtre, avec cette scène sur laquelle on la met pour qu’elle déclame ses prophéties.

 

SLG : On est proche d’une tragédie antique…

AD : K-Cendres est une tragédie grecque sur fond de hip hop.

 

SLG : Vos personnages ne sont pas les seuls à être malmenés par le destin. Vous molestez vos lecteurs que vous frappez à coups d’incipits explosifs ou détonants sur le fond ou sur la forme : ça gueule, ça claque, ça cingle(9)« La porte claque » (Je reviens de mourir, p.11), « Paris hôpital Saint-Anne. Alors elle a gueulé. » (K-Cendres, Sarbacane, coll. Exprim’, p 9). Même Ce qui ne nous tue pas s’ouvre sur un cri, avec « ANNA !(10)op. cit. p.7 » écrit en lettres capitales tandis qu’elle a le cœur qui bat, sa cage thoracique prête à se démanteler. Vous êtes en prise directe avec le lecteur que vous plaquez brusquement devant les faits. Comment travaillez-vous vos débuts de romans ? Les premiers mots du livre vous portent-ils par la suite ou les reprenez-vous après ?

AD : C’est vraiment ma façon de rentrer dans le texte. Si un livre que je termine n’a rien bousculé en moi, c’est que je l’ai raté. Lorsque j’ai écrit Je reviens de mourir, je me suis fait tatouer. Il faut qu’un livre laisse une cicatrice. Effectivement c’est sans doute assez brutal de rentrer comme ça dans le récit mais c’est comme une scarification. Les mots, le personnage, doivent m’attraper tout de suite. Le moment intéressant est celui où le personnage décide lui-même ce qu’il a envie qu’on écrive. Je l’ai vécu avec Je reviens de mourir pour lequel j’envisageais une autre fin. Je ne me suis jamais dit que j’allais finir un livre avec une héroïne qui saute mais elle a décidé de se suicider.




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Retrouvez la critique LJ de Je reviens de mourir










laisse bruler

Retrouvez la critique LJ de Laisse Bruler













k-cendres antoine dole

quote-02-02-02Le moment intéressant est celui où le personnage décide lui-même ce qu’il a envie qu’on écrive.

SLG : N’est-ce pas une forme de mystification de l’auteur ?

AD : Non, c’est tellement jouissif quand on arrive à ce que le personnage prenne le crayon à notre place et décide. Dans Je reviens de mourir, la mort s’est imposée. A ce stade de l’écriture, le personnage s’incarne. On lui a fait vivre tellement de situations, on lui a fait prendre tant de décisions, ressentir tant d’émotions, qu’à un moment donné, il nous fait comprendre que certains de nos choix ne sont pas cohérents avec ce qu’il est devenu.

 

SLG : Vous écrivez donc beaucoup sans anticiper, au fil de la plume ? 

AD : Oui.

 

SLG : Avez-vous quand même une ébauche de structure au départ ? 

AD : Non, même pas. En fait, Je reviens de mourir est un livre qui s’est beaucoup écrit sur des post-it, des billets de trains : dès que j’avais des bouts de papiers et trois minutes, j’écrivais. A un moment donné je me suis retrouvé avec un carton rempli de papiers, de billets, de bouts de nappes en papier que j’ai recousus ensemble, comme Frankenstein. Puis je me suis un peu pris pour un auteur et j’ai commencé à écrire, chapitre 1… Depuis, j’apprends. Ce qui ne nous tue pas est le livre que j’ai entrepris, entre guillemets, avec le plus de sérieux, en me posant devant un ordinateur.

 

SLG : Le premier et le dernier livre que vous avez publiés ont une structure proche, binaire, avec deux voix en alternance.

AD : Oui, tout à fait mais avec 6 ans d’écart.

 

SLG : Si leur canevas se ressemblent, en revanche, les textes sont très différents. Vous vous êtes fait tatouer après avoir fini d’écrire Je reviens de mourir tandis que vous commencez vos romans, pour reprendre vos mots, comme un coup de scalpel. Et c’est aussi ce que font vos personnages ; K-Cendres se scarifie, se maltraite, se violente tant elle est débordée par le monde extérieur. L’écriture est liée à la « chair, les mots s’inscrivent en saccades de croûtes et de plaies(11)K-Cendres, Sarbacane, coll. Exprim’, p.162. ». N’est-ce pas ce que vous voulez nous faire ressentir aussi, lorsque vous jetez les mots à l’oreille de vos lecteurs avec des phrases frappantes, cinglantes, un style – davantage encore dans K-Cendres – très scandé ?

AD : J’étais encore marqué par le livre que j’avais achevé sur le hip hop. Il fallait que j’aie une rythmique dans mon écriture. De façon très prétentieuse, en écrivant K-Cendres, j’ai voulu reproduire l’effet qu’avait produit Le Parfum de Süskind(12)Le Parfum, Patrick Süskind, Le Livre de poche, 1988. sur ses lecteurs. Ils avaient senti les odeurs, je voulais qu’ils entendent la musicalité de la ville, des scènes. J’ai donc beaucoup travaillé sur les saccades et les sonorités métalliques quand le personnage est sur scène, les petites gouttes de pluie quand elle est en ville, etc. Je refuse la prudence. Je veux écrire des livres qui me bousculent, qui bousculent. Certains lisent pour s’évader au bord de la piscine… J’aime au contraire les livres qui vont m’amener au plus près de moi-même, l’écriture verticale qui m’aide à découvrir des zones dans lesquelles je n’ose pas trop m’aventurer sans qu’on me tienne la main ou dont j’ignorais l’existence. On me dit souvent que je ne ménage pas le lecteur mais il n’a pas à être ménagé. Je dirais même que je ne pense pas au lecteur : il n’existe pas quand j’écris un texte. C’est à l’éditeur d’y penser. L’objectif d’un auteur est d’apporter la littérature la plus sincère possible, la plus juste. J’entends que mes livres se lisent en apnée, qu’on n’y respire plus. Cela me convient très bien puisque je les écris comme ça. Si je parviens à transmettre ce même état à mes lecteurs, tant mieux.

 

SLG : Tout à l’heure, vous disiez lire beaucoup de littérature contemporaine. La violence et la scansion de votre écriture m’ont rappelé celle de Chloé Delaume – moins en apnée cependant.  

AD : Mon écriture est peut-être plus accessible…

 

SLG : Il y a plus de ponctuation dans vos pages ! Mais vous multipliez les appositions, l’utilisation d’infinitifs et jouez avec les accélérations de rythme, de la pensée et de la parole, à travers une écriture aussi disloquée que le corps ou la tête de vos personnages qui hurlent. C’est la raison pour laquelle j’y voyais…

AD : Vous voulez parler d’une influence ?

 

SLG : Peut-être ou d’un univers commun, voisin ?

AD : Je suis fan d’écritures verticales, et des éditions Verticales d’ailleurs, avec des auteurs comme Claire Fercak pour Rideau de verre(13)Rideau de verre, Claire Fercak, Verticales, 2007., Guillaume Dustan – qui n’est pas publié par la maison mais que j’ai beaucoup lu –, Arnaud Bertina, Arnaud Cathrine pour d’autres raisons. Je suis très sensible à cette notion de « chirurgie » : prendre une phrase que l’on va couper, ciseler pour apporter de l’émotion. J’aime la précision et non pas les auteurs aux grandes phrases.

 

SLG : En lisant K-Cendres, la frénésie qu’il décrit lors des concerts prophétiques du personnage, j’ai pensé au remarquable Du bruit(14)Du Bruit de Joy Sorman, sur le groupe NTM. Je me demandais si vous aviez connaissance de ce livre ?

AD : Non, mais là où nos livres se rejoignent peut-être, c’est que K-Cendres correspond à l’époque de Fly Girls, mon ouvrage sur le hip hop. Je passais beaucoup de temps en studio, à des concerts : je slamais moi-même. J’avais donc ce rapport très intime à la scène hip hop. Effectivement, je pense qu’on entend dans K-Cendres le rythme du rap. Sa musique, son phrasé et sa poésie sont extrêmement intéressants du point de vue du son comme de l’écriture… Je pense donc que le livre que vous citez et le mien sont forcément sur les mêmes créneaux parce que ce « beat » est indissociable du hip hop.

 

SLG : Cette imprégnation a génèré une littérature qui fouette son lecteur.

AD : Cette notion de battement véhicule un ressenti très organique, proche du battement du cœur.

 

SLG : Vos livres contiennent métaphores et poésie trash, expressive, qui surgissent du texte. Ils cinglent tout en réservant quelques trouvailles, toujours dans un style concis, qui provient sans doute notamment de votre intérêt pour le slam et le rap. Je reviens de mourir est ainsi presque entièrement contenu en une seule phrase d’incipit : « ça laisse une plainte au fond de la culotteop. cit ».

AD : C’est vrai, parce que la vie est ce mélange de moments crus mais aussi de douceur – qui font ressortir davantage encore la brutalité qui surgit. Ces moments de respiration existent aussi.












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Retrouvez la critique LJ de A copier 100 fois













CouvMortelleAdele1

quote-02-02-02Mon but n’est pas d’écrire un roman violent mais un roman vivant(15)A ce sujet, on renverra à l’article de S. de Leusse-Le Guillou, « Rencontre avec Melvin Burgess », Melvin Burgess, revue Lecture Jeune n°139, septembre 2011..

SLG : Cette rythmique proche du slam vous inspire encore aujourd’hui ou était-elle prégnante surtout lorsque vous avez commencé K-Cendres ?

AD : Après K-Cendres, cela s’est arrêté ; j’en avais assez du slam. Je crois cependant qu’il y a encore des réminiscences dans A copier cent fois(16)Paru aux éditions Sarbacane en 2013., avec la litanie « papa m’a dit cent fois »… On y retrouve cette musicalité et une forme de poésie avec de grands guillemets. Je suis à la recherche de sonorités et ne pourrais pas écrire un livre entièrement frontal. Je suis sensible à la métaphore, fil conducteur de cette écriture. En tant qu’auteur, le travail sur les images m’amuse plus que celui sur le texte cru.

 

SLG : Ce refrain rappelle la litanie des prophéties de K-Cendres. De même, les voix de vos personnages ou les structures de vos livres se répondent, parfois comme une mélopée.

AD : Dans un article(17)Gwendal O. de la librairie Récréalivre au Mans, article du 9 janvier 2014 à retrouver sur http://www.recrealivres.fr/profils/77732/conseils-de-lecture/?page=. qui m’était consacré sur internet, un libraire expliquait que mes personnages possédaient tous une espèce de double négatif. Or je n’avais pas identifié ce phénomène. Comme je suis quelqu’un qui manque de confiance en lui, qui doute, j’ai toujours une petite voix intérieure qui me murmure que je n’y arriverais pas. Cela se traduit par ce jeu de réponse entre mes personnages qui se court-circuitent les uns les autres constamment. Et l’ambiguïté fait partie de cet âge adolescent sur lequel je trouve intéressant de travailler.

 

SLG : Vos personnages ne sont pas seulement aux prises avec leur violence intérieure mais aussi avec celle de l’extérieur : « leurs sons à eux sont toxiques et tout ce qu’elle en perçoit la tue lentement(18)op. cit. p.159 », peut-on lire dans K-Cendres. Elle va hurler ses prophéties comme si elle pouvait anéantir d’un mot le public mais c’est le monde extérieur qui l’étouffe et l’asphyxie. Vous parliez de ce roman comme d’une tragédie antique, mais le personnage prend une autre dimension dans certaines scènes, où il devient une véritable figure christique – ou un Antéchrist. Il se scarifie et se sacrifie en s’offrant sur scène.

AD : C’est exact. A la fin, K-Cendres explose sur scène à travers le cri primal. Au lieu de lancer sa prophétie, elle fait ressentir au public présent toute cette douleur. Il est difficile d’aborder un sujet comme celui de  K-Cendres, avec ses prophéties, le rôle de la lumière, sans tomber dans l’aspect christique de ce personnage qui souffre pour le reste de l’humanité. Cassandre, figure extrêmement forte, porte le malheur du monde sans parvenir à le lui faire voir et sentir.

 

SLG : Votre personnage serait l’incarnation de la douleur et de la rédemption.

AD : K-Cendres est pour l’instant le dernier roman que j’ai écrit de manière si frontale. C’est vraiment l’apogée de la douleur individuelle qui s’achève sur une souffrance partagée, communiée presque.

 

SLG : Le personnage s’offre mais est également habité par la révolte. Vos personnages cognent, frappent contre un miroir, contre un mur : « Si je frappe contre la glace je frappe encore car ce reflet ne crache que des mensonges Les histoires qu’on m’a racontées, les promesses qu’on m’a faites. Je donne des coups de poing. Et je frappe et je cogne.», peut-on lire dans A copier cent fois(19)op. cit. p.47. Ou encore : « tout ce qu’elle voit c’est ce mensonge qui passe d’un visage à l’autre comme une rumeur palpable et douloureuse(20)op. cit »p.139. dans K-Cendres. Le monde extérieur est un leurre, une illusion dans laquelle tout le monde ment…

AD : Le monde dans lequel nous vivons n’est jamais que le reflet de ce que nous sommes. Nous lui attribuons la violence ou l’apaisement que nous voulons. Ces personnages souffrent tellement que le monde autour d’eux – et notamment ces miroirs, très présents dans mon roman –, ne renvoie que ce  qu’ils veulent y voir. Pourquoi Marion(21)Je reviens de mourirop. cit. se cogne-t-elle aux gens dans la rue ? Pour qu’ils se retournent, pour qu’elle puisse s’excuser et qu’ils la regardent. Le temps d’une seconde, elle se sent vivre. Nous chargeons ce monde autour de nous de nos affects. Quand le héros d’A copier cent fois brise ce miroir, c’est une façon de détruire ce monde qui le rejette tandis qu’il se refuse d’être ce qu’il est.

 

SLG : Ce roman marque une étape car, pour la première fois, il ouvre une nouvelle issue.

AD : J’ai fait court, parce qu’il fallait y aller doucement (rires).

 

SLG : Certes, dans K-Cendres, la fin n’est pas très gaie, mais l’ambiguïté du récit laisse une éventuelle échappatoire.  

AD : Le personnage revient dans l’hôpital psychiatrique. A-t-on lu une vision de ce qui va se passer ou tout ce qui nous a été présenté n’était-il que le délire d’une folle ?

 

SLG : Aviez-vous initialement prévu cette fin ? Ce chapitre n’a-t-il pas été rajouté a posteriori ?

AD : A la fin, K-Cendres se désintégrait dans la douleur. Elle devenait une espèce de lumière qui explosait et qui détruisait le stade.

 

SLG : Vous n’avez donc pas écrit ce chapitre au même moment…

AD : En effet, mon éditeur a trouvé que ce final était trop christique. Alors j’ai décidé de laisser le choix au lecteur.

 

SLG : Le rythme non plus, n’est pas le même, et l’on bascule presque dans le fantastique.

AD : Absolument, j’ai épousé pleinement l’idée que K-Cendres était la dernière Cassandre, titre initialement prévu pour le roman. Avec elle, le monde basculait, sans personne pour le guider.

 

SLG : C’est ce qui fait que vous parlez d’une « humanité cabossée ». Revenons à A copier cent fois. L’écriture en elle-même change aussi, pour une sorte de flux.

AD : C’est un monologue, oui.

 

SLG : Un monologue avec une rengaine, très rythmé, dans la continuité de vos précédents textes, sauf que désormais, vous écrivez pour un lecteur, pour un adolescent.

AD : Ce changement vient de Mortelle Adèle(22)La série Mortelle Adèle, sous le pseudonyme de Monsieur Tan, paraît aux éditions Tourbillon depuis 2012. Jusqu’à présent, j’avais écrit des romans dans une démarche personnelle, avec une volonté d’annihiler ma peur du monde. En revanche, je me suis mis à la bande dessinée pour mes neveux, donc pour les autres. Je pense que cette bande dessinée a changé ma littérature en lui insufflant un renouveau. Vous parliez de cet adolescent d’A copier cent fois. Ma seule volonté a été de le prendre par la main, et de le mettre vite à l’abri. Mes trois premiers personnages ont décidé ce qu’ils allaient vivre. Là, j’ai fait l’adulte, j’ai protégé mon personnage derrière une barricade, celle des mots prononcés par son père. Et j’ai continué avec Ce qui ne nous tue pas.

 

SLG : Dans ce roman, vous emmenez aussi votre personnage jusqu’à la reconstruction de lui-même.

AD : A travers cet adolescent, c’est moi que j’ai pris par la main. Je me suis mis du bon côté. On peut en rire, mais je pense que suivre les romans d’un auteur implique de suivre son cheminement intérieur. Mon enfance n’a pas été facile. J’y ai répondu par beaucoup de violence et de rage. Désormais,  je suis un adulte avec d’autres armes, d’autres responsabilités.

        le baiser du mammouth antoine dole                                       Konnichiwa, martin      

quote-02-02-02On peut en rire, mais je pense que suivre les romans d’un auteur implique de suivre son cheminement intérieur.

SLG : Ce qui ne nous tue pas implique un pacte que le lecteur doit accepter. Il doit consentir à la vraisemblance de la situation initiale : l’adolescente fugueuse monte chez la vieille Simone par hasard et y reste.  

AD : Vous voulez dire que la rencontre est improbable ? L’avez-vous acceptée ?

 

SLG: Oui, c’est l’impulsion d’une adolescente, Lola, ce qui peut rendre la situation crédible. Je trouve quand même que la construction repose sur un postulat fragile. Le lecteur va-t-il y adhérer ?  

AD : Le personnage se rattache à un moment donné, sans réfléchir, à quelqu’un. Cette notion de fragilité, que vous évoquiez, est omniprésente : si la violence est très concrète, la vraie rencontre, celle dans laquelle on laisse entrevoir qui on est, on donne de soi, est ténue. Effectivement, à tout moment elle pourrait ne pas avoir lieu. Or, cette fragilité la rend belle parce qu’elle existe malgré tout.

 

SLG : Cependant, vous nous confrontez toujours de façon très directe aux événements : même si la vie de la jeune fille apparaît en flashbacks, vous faites le choix d’un présent de narration qui instaure de la violence, et restaure la collision du personnage avec la réalité. En même temps que se dessine une relation entre l’adolescente et Simone, la vieille femme, le lecteur vit en filigranes, mais de plein fouet, les émotions fortes de l’adolescente avant sa fugue.

AD : Oui, je déconstruis ce que je construis. En fait, le roman s’appelait au début Naissance d’un cœur de pierre. Mais c’est en fait l’éclosion d’un cœur plus précieux : dans tout le récit où Lola se dispute avec ses parents, son cœur s’endurcit mais le vrai roman se passe chez la vieille dame. Il s’agit bien de l’apprentissage de la douceur. Pour construire ce cœur, il fallait comprendre d’où il venait. Le texte d’origine était très linéaire, avec toute la partie où elle se rebelle et fugue, puis celle chez Simone. Mais nous nous sommes rendu compte, avec François Martin, mon nouvel éditeur chez Actes Sud, qu’il fallait répartir l’énergie autrement. Il m’a demandé de casser le texte. J’ai inséré ces flashbacks.

 

SLG : Marion et Eve(23)Je reviens de mourir, op. cit. étaient un seul et même personnage qui essayait de se sauver en fantasmant une vie imaginaire. Lola, elle, va réussir à se reconstruire à travers la fiction : elle réinvente une histoire à Simone, qui perd la tête et la mémoire.

AD : C’est une adolescente qui s’est perdue parce qu’on fantasmait sa vie à elle, parce que ses parents lui racontaient toujours que tout allait bien, qu’ils étaient heureux et s’aimaient. Elle apprend soudainement que ses parents se séparent et que sa vie est bouleversée. Elle en veut beaucoup à sa mère de lui avoir menti. Or, chez cette vieille femme, elle se rend compte qu’on peut mentir aux gens pour les protéger. Elle se répare en étant finalement dans la position de sa mère, puisqu’elle invente une vie à Simone comme on lui a créé un monde auparavant. Elle comprend que porter la douleur à plusieurs peut être plus facile. Je voulais prendre une adolescente en rupture, l’amener à faire cet apprentissage de la colère puis de la douceur, qui allait la conduire vers une issue positive.

 

SLG : Vos deux derniers livres se terminent par un dialogue dans lequel les personnages se répondent, le père dit à son fils qu’il l’aime comme il est(24)A copier cent fois, op. cit., et Lola téléphone à sa mère(25)Ce qui ne nous tue pas, op. cit..

AD : … qui lui dit de rentrer à la maison.

 

SLG : Dans vos autres romans, les dialogues échouent. Là, les personnages se comprennent, ce qui clôt le récit.

AD : Les mots sont des armes, des masses, des couteaux, ils accablent le personnage mais ils sont aussi des baumes, ils peuvent libérer ce dont témoigne surtout A copier cent fois. Je suis auteur, aussi les mots ont-ils une importance pour moi. Je suis convaincu que certains d’entre eux, au bon moment, peuvent modifier une trajectoire.

 

SLG : Vous dites que, pour la première fois, vous avez écrit « sérieusement » un livre, en vous « posant ».  Le lecteur sent une évolution dans votre style, qui garde la même empreinte, mais semble plus apaisé. La violence est plus sourde, moins frontale. Comment avez-vous perçu cette étape, quelles différences avec les précédents romans avez-vous éventuellement constatées ?

AD : J’ai senti une évolution à plusieurs niveaux. D’abord, c’est un roman que j’ai pris plaisir à travailler, ce qui n’était pas forcément le cas avec les autres. La démarche était différente. Ce dernier livre traduit vraiment l’évolution personnelle que j’ai vécue au fil des années : le prénom de Lola vient de la même racine que Dole en latin, par exemple. Presque inconsciemment, j’ai écrit un roman sur moi, sur mon propre apprentissage de la douceur. Ecrire des romans n’est pas une recette.  On s’engage dans ceux qui nous semblent justes, à un moment donné de notre vie.

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References   [ + ]

1. Directeur de la collection Exprim’ chez Sarbacane.
2. Laisse brûler, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2010, p.11
3. Voir la critique d’Ariane Tapinos, « Femme fantasme en pâture », revue Citrouille, juin 2008, p. 25-26.
4. La collection Exprim’ a été créée en 2006.
5. Ce qui ne nous tue pas, Actes sud junior, 2014.
6. Histoire du hip hop féminin, Diable Vauvert, 2010.
7. « Nous vivons tous dans une maison en feu. Et il n’y a personne pour l’éteindre, et pas la moindre issue. Uniquement les fenêtres du dernier étage par lesquelles regarder dehors pendant que les flammes consument la maison, et nous avec, pris au piège. » Cité dans Tennessee Williams, Soudain l’été dernier  (1958).
8. Série américaine créée par Alan Ball, produite entre 2001 et 2005.
9. « La porte claque » (Je reviens de mourir, p.11), « Paris hôpital Saint-Anne. Alors elle a gueulé. » (K-Cendres, Sarbacane, coll. Exprim’, p 9
10. op. cit. p.7
11. K-Cendres, Sarbacane, coll. Exprim’, p.162.
12. Le Parfum, Patrick Süskind, Le Livre de poche, 1988.
13. Rideau de verre, Claire Fercak, Verticales, 2007.
14. Du Bruit de Joy Sorman
15. A ce sujet, on renverra à l’article de S. de Leusse-Le Guillou, « Rencontre avec Melvin Burgess », Melvin Burgess, revue Lecture Jeune n°139, septembre 2011.
16. Paru aux éditions Sarbacane en 2013.
17. Gwendal O. de la librairie Récréalivre au Mans, article du 9 janvier 2014 à retrouver sur http://www.recrealivres.fr/profils/77732/conseils-de-lecture/?page=.
18. op. cit. p.159
19. op. cit. p.47.
20. op. cit »p.139.
21. Je reviens de mourirop. cit.
22. La série Mortelle Adèle, sous le pseudonyme de Monsieur Tan, paraît aux éditions Tourbillon depuis 2012
23. Je reviens de mourir, op. cit.
24. A copier cent fois, op. cit.
25. Ce qui ne nous tue pas, op. cit.

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