Rencontre avec Jean Delas

Depuis le phénomène Harry Potter, la majorité des romans pour la jeunesse semble issue d’un même cépage. Peut-on encore aujourd’hui produire un grand cru classé sans avoir recours à ce terroir magique ? Jean Delas nous dévoile sa pensée.

Lecture Jeunesse : La couverture de vos livres ressemble beaucoup à celle de la NRF, blanc crème avec juste une petite image, le contraire du tape à l’œil. Elle n’a pas beaucoup changé. Est-ce symbolique ?

neuf école des loisirs

Jean Delas : À vrai dire, elle n’est pas toujours la même. Depuis deux – trois ans on a modifié l’image, mais insensiblement. Nous nous sommes un peu libérés des contraintes. Elle est toujours blanc crème mais l’image n’a plus forcément la même dimension, elle peut même être en pleine page. Alors pourquoi ? C’est peut-être une pudeur, c’est le classicisme en tout cas. Un de mes confrères m’a confié l’autre jour que sa collection n’allait pas très bien et qu’en la relookant ça irait beaucoup mieux. Je ne suis pas convaincu que cela suffira.

Moi j’aime beaucoup le Pomerol, je suis bordelais d’origine, l’étiquette du château Pétrus est la même depuis deux siècles, et dans le château Pétrus, ce qui m’intéresse le moins c’est quand même l’étiquette. Aujourd’hui, dans les livres, ce qui intéresse le plus les éditeurs, c’est la couverture. Alors nous, on s’intéresse beaucoup à la couverture pour interpeller le lecteur, pour lui donner envie d’ouvrir le livre. Et vous remarquerez que « l’école des loisirs » n’apparaît même pas ou le plus discrètement possible.

Ce sont des couvertures classiques. Alors je suis très flatté que vous nous compariez à la NRF, ça me touche beaucoup. Il est clair que la couverture de la NRF est indémodable. J’espère que nos couvertures le sont, peut-être qu’elles se démoderont un peu, mais ça dure déjà depuis pas mal de temps, ça fait déjà 20 ans. (…)

 

L.J. : N’est-ce pas le suprême du marketing que d’enlever le nom même ? La couverture suffirait comme appel… Vous avez cet amour du livre et souhaitez le faire partager. Éditeur, c’est quand même un métier. Pensez-vous que l’aspect commercial fait du tort à ce métier ?

J.D. : Oui. Aujourd’hui, ce qui me terrifie, parce que je suis terrifié, c’est que le matin de Noël 2000, je me suis dit, si on ne tient pas compte du décalage horaire, là ce matin, il y a dans le monde entier des centaines de millions d’enfants qui vont dans leurs paquets de Noël trouver le même livre, le lire en même temps et penser la même chose. Quand on parle de la mondialisation, on parle des méfaits des OGM, pas des méfaits d’Harry Potter. Ce qui est en cause, ce n’est pas la qualité du livre, ce n’est pas le livre lui-même, c’est ce phénomène de hamburgerisation, ou de nikisation, ou de teeshirtisation ou de bluejeanisation. C’est-à-dire, un seul modèle. (…)

 

L.J. : Vous êtes contre la série et contre une médiatisation à outrance.

J.D. : Je suis contre le lavage de cerveau de toute l’interprofession, c’est-à-dire de quelques-uns des libraires, des bibliothécaires, des enseignants, des parents. Des enfants je n’en sais rien : j’ai entendu dire tellement de bêtises, ne serait-ce qu’autour de moi. Une de mes nièces a un fils de 9 ans et me dit : « Ah, je suis tellement contente, Eloi ne lisait rien, il a lu Harry Potter en une soirée ». Je lui dis : « attendez, 600 pages… ». « Mais je vous assure, il a lu ça dans la soirée ». Je ne sais pas pourquoi, mais on en arrive presque à la logique « Mon enfant a lu Harry Potter, donc mon enfant est très intelligent ». Ce qui veut dire que les messages qu’ils ont reçus par les médias, par la télévision, par les journaux, par ce que les libraires leur ont dit ont changé la donne. Les libraires qui étaient habitués à vendre les livres un par un veulent maintenant tous vendre des livres sur palette ! Pourquoi s’embêter à vendre des livres un par un alors qu’on pourrait les vendre 100 par 100 ? (…)

 HP albanais   hp basque   HP Finnois

 

LJ. : Vous avez beaucoup de traductions à l’École des loisirs ?

J.D. : De moins en moins. C’est moins de 20 % de nos parutions.

 

L.J. : Est-ce donc une volonté de votre part, pour lutter contre ce que vous appelez l’américanisme ?

J.D. : Bien sûr. Alors, on ne s’est pas dit, tiens on va se défendre contre, mais de fait, c’est ce qui s’est passé. Il faut savoir quand même que la plupart des séries dont nous parlons viennent d’une seule maison qui s’appelle Scholastic à New York, c’est une seule entreprise qui est dominante dans le monde entier, ça ressemble à la World Company des Guignols.

 

L.J. : Parlons de la manière de diffuser le livre. Si les enfants n’ont pas la chance d’avoir à côté de chez eux un bibliothécaire, un libraire, comment vont-ils connaître ça ? Est-ce que le marketing ne serait pas un chemin obligatoire pour faire connaître vos livres à beaucoup ?

J.D. : Je ne dis pas avoir tout résolu, mais je vais quand même vous dire les pas que nous avons franchis ici. Nous avons franchi un premier pas, et c’est une décision collective, en 1975, c’est nous qui les premiers avons fait une collection de poche – couverture souple et prix 10 F – contre l’avis de tout le monde, notamment des bibliothécaires. C’était il y a 27 ans(1)Les tous premiers livres pour la jeunesse au format poche sont d’abord apparus dans les pays anglo-saxons. (NdLJ) .

 

L.J. : Pourquoi ce choix ?

J.D. : Pour avoir la diffusion la plus populaire, la plus démocratique possible. Parce qu’à cette époque-là on nous reprochait de faire, un de mes amis avait trouvé une formule, « des livres d’art et d’essai pour des parents d’art et d’essai ayant des enfants d’art et d’essai ». On entendait dire « vos livres sont très bien mais ils sont trop beaux, ils sont trop chics, ils sont trop chers et de toutes les façons on ne les trouve nulle part ». Donc en 1975 on a créé la première collection de poche (2)collection Renard de Poche.

(…) Mais ça ne suffisait pas. Il fallait aussi qu’il y ait une librairie à proximité. Nous ne pouvions pas être chez les marchands de journaux parce que nous sommes une maison indépendante, familiale – cette maison a été créée par mon grand-père – elle a des capitaux complètement familiaux et elle est spécialisée. Elle ne publie que des livres pour la jeunesse. Ce qui veut dire que économiquement nous sommes des nains, même par rapport à nos confrères éditeurs.

Donc si je veux être présent dans ce qu’on appelle les petits points de vente, les magasins de proximité, les maisons de la presse par exemple, il faut que je passe sous les fourches caudines de grossistes qui, en France, ne sont pas indépendants de l’édition. Ils en sont totalement dépendants et notamment de la maison Hachette. Hachette serait ravi de mettre mes livres dans les kiosques de gare et ailleurs. Mais inexorablement à terme je serai phagocyté par la maison Hachette et comme je tiens à cette liberté de création, à cette indépendance, et bien on préfère ne pas être dans ces petits points de vente.

Cela étant, il fallait trouver une solution. C’est en 1981 que nous l’avons trouvée. Nous avons recherché avec Arthur Hubschmid l’endroit où nous étions sûrs de trouver tous les enfants. Le seul endroit où nous sommes sûrs de trouver tous les enfants c’est à l’école. Ils y sont tous, dès l’âge de 3 ans. Et là nous avons inventé, à notre manière, ce que les Américains appellent un « school book club », un club de livres pour enfants qui s’appuie sur le système scolaire.

(…) Nous avons créé ça en 1981 avec un club qui s’appelle Kilimax. Celui-ci s’est développé au fil des années. Aujourd’hui il y a sept clubs qui couvrent de la toute petite enfance jusqu’aux grands adolescents. (…)

 

L.J. : Vous liez l’école et le livre.

J.D. : Mais c’est l’histoire de la maison. Ça s’appelait les éditions de l’École et ça s’appelle toujours ainsi. Et dans l’École des loisirs, il y a « l’école », c’est toute notre idée. Et ce qui se passe avec la réforme de l’école maternelle et primaire va complètement dans ce sens. L’école dont parlent ces nouveaux programmes, c’est celle dont nous rêvons depuis 40 ans, c’est l’école des loisirs, c’est pour autre chose. C’est un endroit où enfin le livre pour la jeunesse entre à l’école par la grande porte non pas pour la scolarisation mais pour une lecture. La lecture est reconnue comme une discipline, alors qu’elle ne l’était plus. Elle n’était reconnue que comme support d’activité de grammaire, de vocabulaire, de composition française.

 

L.J. : On pourrait imaginer à vous entendre que hors de l’école, certains éditeurs essayeraient de piéger l’enfant par une démarche marketing.

J.D. : Je ne veux piéger personne. Mon idée est de dire que la diffusion du livre dans ce pays n’est pas démocratique du fait du poids des grands groupes d’édition sur le réseau de diffusion dit populaire, c’est-à-dire petits points de vente et grande distribution qui sont aux mains d’Hachette. Il fallait trouver un moyen qui soit économiquement acceptable par tous, qui n’aille pas à rencontre de la diffusion faite par les libraires et où on puisse donner la chance à tous les enfants. Et le seul moyen c’est d’aller là où l’on est sûr de les trouver tous, c’est à dire à l’école. J’aurais pu passer par les bibliothèques, mais même si les bibliothèques sont des lieux publics et fortement fréquentés, malheureusement tous les enfants ne vont pas à la bibliothèque.

 

L.J. : Oui mais justement ceux qui se déclarent pour une grande diffusion avec des couvertures clinquantes, « paillettes » comme vous dites, c’est pour en rendre un objet de rêve au même type qu’une robe paillettes ou des nikes. Finalement, la rencontre avec un livre épatant peut avoir lieu comme ça, passer par-là, par un produit – car il s’agit quand même d’un objet qu’on achète – qui ne paraît pas rébarbatif.

J.D. : La démarche est différente, non pas à l’arrivée mais au départ. On arrive à une édition d’offre et à une édition de demande. Il y a des éditeurs d’offre, dont nous faisons partie. Chaque livre qui sort de notre maison est une sorte de bouteille à la mer qui est lancée avec l’espoir que des gens la déboucheront et peut-être que ça sera du Haut-Brion qu’il y aura à l’intérieur, ou du Pétrus. Et puis il y a les éditeurs de demande qui eux font vraiment du marketing, c’est-à-dire qui eux font des enquêtes, paient des sommes considérables pour essayer de savoir ce qui plaît aux enfants. Qui le font comme on le fait pour tous les autres produits. (…)

 

L.J. : Si vous vous placez du côté de l’enfant, c’est-à-dire celui à qui est destiné le livre, autrement dit en terme marketing, le client, comment voulez-vous qu’il sache aller vers vos bouteilles de Pétrus plutôt que vers le coca ?

J.D. : Ça s’appelle l’éducation. Les enfants sont quand même entourés d’adultes, de leurs parents, de leurs enseignants, d’éducateurs professionnels, de bibliothécaires. J’aime beaucoup le Pomerol et j’aime presque autant le Grave, il se trouve que je suis né dans le vignoble bordelais, dans ma famille on est viticulteur depuis cinq générations et mon père était négociant en vin. Mon palais a été éduqué y compris dans mon enfance. Je buvais du vin rouge à 7-8 ans.

 

L.J. : C’est merveilleux, mais tous les enfants n’ont pas de vigneron à proximité. Et certains ont peut-être besoin malgré tout d’une autre forme d’intermédiaire. Le marketing a peut-être été créé pour mettre l’enfant directement en rencontre avec un produit qui peut déclencher du rêve. Vous faites grande confiance aux enseignants et aux bibliothécaires. L’Anglo-saxon, lui, fait peu confiance à l’école et il a misé plutôt sur le centre commercial.

J.D. : C’est une question d’argent. Vous n’avez pas à vous faire d’illusions là-dessus. Il n’a misé que sur l’argent. J’ai un fils éditeur. Il est directeur général des éditions Casterman. Sa maison a été rachetée par Flammarion puis par le groupe italien Rizzoli. Nous avons évoqué les effets de groupes, ce besoin de rendre compte, cette exigence de comptes-rendus constants, ces parapluies ouverts pour se protéger, le jeu des chaises musicales… et nous sommes arrivés à la constatation suivante : à l’École des loisirs, quand on publie un livre on pense au lecteur, on pense principalement et surtout au lecteur. Dans les groupes éditoriaux, on pense d’abord aux actionnaires, et c’est toute la différence. C’est-à-dire, on ne pense qu’à l’argent.

(…) Il se trouve que j’ai fait une école de marketing. Je suis diplômé d’HEC. Je n’ai jamais fait que de l’édition. Je suis sorti de l’école et je suis arrivé ici. La première chose que j’ai comprise en arrivant ici, c’est qu’il fallait que j’oublie tout ce que je venais d’apprendre pendant mes trois ans de scolarité à HEC. (…)

 

L.J. : Imaginez que vous ayez la possibilité d’être dans toutes les maisons de la presse, dans toutes les grandes surfaces avec vos mêmes principes moraux, esthétiques et littéraires. Le feriez-vous ?

J.D. : Bien sûr. La NRF y va avec ses couvertures blanches et son filet noir et rouge. Et il n’y pas que le prix Goncourt.

 

L.J. : Ces jeunes enfants que vous aurez éduqués, reconnaissez-vous que, si à l’âge adulte ils ne fréquentent pas de librairie, l’hypermarché sera le seul endroit où ils auront accès aux livres ?

J.D. : C’est pour ça que, pour ne pas qu’on me dise que je suis snob, depuis deux, trois ans, petit à petit, tout en conservant mon identité, je commence à rencontrer des gens de chez Carrefour, de chez Auchan. Je vais vous lire une note que j’ai diffusée à mes collaborateurs le 28 juin 2002 : « Contrairement aux idées communément reçues, l’École des loisirs est sans aucun doute l’éditeur français pour la jeunesse le plus authentiquement populaire ».

(…) La volonté constante que j’ai eue, et que je continue à avoir malgré mes 63 ans, est de faire en sorte que ce qui nous semble être le meilleur en fonction de nos critères à nous, nous devons le diffuser pour le plus grand nombre. Sans doute aussi pour des raisons économiques, je ne suis pas un philanthrope complet, d’ailleurs vous ne le croiriez pas, mais surtout pour des raisons idéologiques.

J’ai dit à ma mère que je me sentais investi d’une mission, quelque part oui. Mais je suis aussi de ces gens qui ont eu la chance de rencontrer des bibliothécaires, des enseignants exceptionnellement remarquables et qui, avec encore plus de générosité que moi, avec des rémunérations souvent faméliques, ont milité avec un côté de résistant. Par moment, je les qualifie de « combattants de l’ombre ». Tous ces gens qui se battent depuis les années 60 bec et ongles, ont obtenu que l’édition française pour la jeunesse qui était l’une des pires des pays développés soit devenue l’une des meilleures. On s’est battu pour que le réseau des bibliothèques de lecture publique qui était l’un des pires d’Europe devienne l’un des meilleurs. On s’est battu pour que la présence du livre de jeunesse en milieu scolaire qui était l’une des pires est en train de devenir l’une des meilleures. On pourrait dire « on a gagné ». Mais ce qui me terrifie, c’est que j’ai l’impression qu’on a gagné pour d’autres, c’est-à-dire d’avoir préparé le terrain pour la grande production.

 

L.J. : Justement, si vous commencez à aller vers la grande distribution, cela ne signifie-t- il pas changer de cap, et pour que ça marche, accepter que vos couvertures soient modifiées ?

J.D. : C’est sans espoir pour la grande distribution. Jamais je ne l’accepterai et ils ne me le demanderont pas. C’est à prendre ou à laisser. Mais, justement j’ai convaincu Isabelle Leclerc. Notre contact a commencé dans un salon du livre. Elle m’a demandé pourquoi je ne voulais pas lui vendre des livres. Je lui ai répondu, Madame ce n’est pas que je ne veuille pas vous vendre des livres. Je vous en vendrai quand vous aurez des gens capables de les vendre. Pour cela il faut les former. Et j’ai contribué à former les vendeurs, les responsables de rayons livres de chez Leclerc pour leur apprendre ce que c’était qu’un livre, à quoi ça servait… Et la même Isabelle Leclerc a eu l’intelligence de créer non pas dans la grande surface mais juste à côté, ces lieux qui sont, peut-être pas parfaits, peut-être pas aussi bons que certaines très bonnes librairies mais bien meilleurs que la plupart des librairies.

 

L.J. : Vous savez que ce nouveau concept d’espace culturel autour de l’hypermarché est une création typiquement américaine ?

J.D. : Les Américains ont compris beaucoup de choses. C’est qu’en Amérique on ne mélange pas tout. Pour le livre de jeunesse, il y a des éditeurs pour le mass market et des éditeurs pour les librairies et les bibliothèques. Et ce ne sont pas les mêmes. Quand on voit un livre de Scholastic, on sait que c’est pour le mass market. Le grand trouble, c’est que le partenaire de Scholastic en France, c’est Gallimard, c’est la NRF. C’est là la perturbation. En France, on veut tout faire. Pierre Marchand aimait gagner des sous mais il y a des limites qu’il n’a jamais franchies. La grande perturbation est postérieure à son départ.

 

L.J. : L’idée d’un éditeur est souvent de vendre un livre très grand public pour se permettre d’éditer un livre rare, plus difficile. Vous n’y croyez pas ?

J.D. : Non. Tout le monde préférerait vendre en très grande quantité tous les livres. Sans doute faut-il pour sortir un très grand livre en publier pas mal, mais c’est vrai de tout le monde, on a tous ce rêve-là. Mais c’est tellement compliqué. Cela dépend de l’évolution des auteurs, de l’époque. Max et les maximonstres s’est vendu à 300 exemplaires la première année, on doit être à plus de 300 000 en ventes cumulées.

  

L.J. : Le monde des livres pour adultes est déjà très lié au marché et à la grande distribution. Croyez-vous qu’il en va de même pour la jeunesse ?

J.D. : Elle était très protégée, elle l’est moins parce qu’il n’y a pratiquement plus de maisons d’édition spécialisées pour la jeunesse. Nous sommes quasiment les derniers en dehors de petites maisons, ça n’a rien de péjoratif.

 

L.J. : Toutefois, quand une maison n’est pas spécialisée, il peut se produire un phénomène d’intergénération intéressant.

J.D. : Nous, nous l’avons trouvé indirectement avec les éditions de l’Olivier. Alors ce n’est pas le même argent, mais ça communique. La grande difficulté est que l’édition jeunesse aujourd’hui est principalement département jeunesse de maisons de littérature. Et dès l’instant où ces maisons sont gagnées par le marketing, elles font rejaillir leur expérience marketing et leurs pratiques commerciales sur la jeunesse. Et Gallimard est le premier à l’avoir fait avec succès. Les autres ont suivi. Aussi pour l’avenir, je reste optimiste, parce que je suis optimiste de nature, mais je suis aussi un combatif.

 Jean Delas

Jean Delas

Directeur Général de l’Ecole des Loisirs des années 1970 jusqu’à janvier 2013.
Son fils, Louis Delas, ancien directeur des éditions Casterman, lui a succédé à ce poste.

L’Ecole des Loisirs

Les éditions de L’Ecole des Loisirs ont été créées par Jean Fabre, Jean Delas et Arthur Hubschmid en 1965.
Ils ont constitué, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l’édition de jeunesse, venant du monde entier, ce qui leur a permis d’imposer leurs propres créations.
www.ecoledesloisirs.fr/                                                     scholastic_logo                                         kilimax2

References   [ + ]

1. Les tous premiers livres pour la jeunesse au format poche sont d’abord apparus dans les pays anglo-saxons. (NdLJ)
2. collection Renard de Poche