Regards d’éditeurs : rencontre avec… Sylvie Gracia (collection « Do Ado »)

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Sylvie Gracia est auteur mais travaille aussi pour  Le Rouergue en tant que directrice de la collection « La Brune » et des collections pour les adolescents. A l’occasion du 150e numéro de Lecture Jeune, Sonia de Leusse-Le Guillou l’a interrogée sur son travail et sa vision de la littérature pour les adolescents. 

Sonia de Leusse-Le Guillou : « DoAdo » a été créée en 1998 avec ce qui devait être un scénario de film, Cité Nique- le-ciel, de Guillaume Guéraud, qui a donné le ton de la collection. 15 ans après, quel est votre regard sur la genèse de cette aventure éditoriale ?
Sylvie Gracia : Je n’étais pas là à l’origine de la collection. A cette époque, je travaillais déjà au Rouergue, mais je montais « La Brune », une collection de littérature adulte. « DoAdo » a existé pour accueillir ce texte de Guillaume Guéraud qui avait vraiment plu à Olivier Douzou et Danielle Dastugue, la directrice du Rouergue. Les deux premières années, il n’y avait que les textes de ce nouvel auteur puis deux ou trois manuscrits sont arrivés, dont un que j’ai apporté car je l’avais reçu en adulte. Quand Olivier Douzou a quitté le Rouergue, Danielle Dastugue m’a demandé de reprendre la collection dont le catalogue comptait environ 7 ou 8 titres. Elle s’était en revanche déjà fait remarquer car Guillaume Guéraud a suscité des polémiques autour de lui : on l’encensait ou on le détestait.  En 2001, quand je suis arrivée, il fallait développer la collection sur ce socle très solide, mais avec peu de livres. Pour ma part, je ne connaissais pas la littérature ado – sauf à travers les lectures de mes filles – j’ai donc fait le même travail éditorial qu’en littérature adulte.
 
SLG : Comment caractériseriez-vous la collection, à sa sortie ?
SG : Elle était très marquée d’emblée, mais il me semble qu’à l’époque, la littérature pour les adolescents était dans cette veine-là, spécifiquement pour les jeunes, avec une forte identification possible, un personnage adolescent face au monde contemporain, avec peut-être plus de spécificité encore au Rouergue, qui n’avait pas peur de publier des textes très forts, offensifs.
 
SLG : Ne pensez-vous pas que le positionnement de Guillaume Guéraud en jeunesse l’a fait remarquer bien plus que s’il n’avait été publié en littérature générale et lui a permis d’émerger en tant qu’auteur ?
SG : Oui, mais ses textes très courts (60 à 80 pages), vraiment marqués pour les adolescents, avec des thématiques dures, ne pouvaient pas être publiés en adulte. Cité Nique-le-ciel(1)Guillaume Guéraud, Cité Nique-le-ciel, Editions du Rouergue, « DoAdo », 1998. figure parmi les premiers textes qui parlent de la crise des banlieues, en 1998, alors que ce sujet est devenu un marronnier aujourd’hui. Il traitait cette problématique de façon frontale, avec une écriture manichéenne et brutale. Pour nous, Guillaume Guéraud a ouvert les portes de la « littérature ado ».
 
SLG : Quel est votre regard 15 ans après ?
SG : Eh bien, la collection a beaucoup évolué ! Nous avons continué sur cette lancée : des manuscrits sont arrivés, des écrivains venaient vers nous parce que nous publiions Guillaume Guéraud. Certains auteurs en appellent un autre, ce qui est formidable pour un éditeur. Entre la fin des années 1990 et 2005, beaucoup de maisons d’édition se sont créées et ont lancé des collections pour ados. Du coup, vers 2005/2006, Danielle Dastugue et moi-même nous sommes dit qu’il fallait faire évoluer la collection en même temps que ce grand mouvement de la littérature pour ados.
 
SLG : L’impulsion et l’envie de diversifier la collection vous sont venues du souffle nouveau que vous sentiez à l’extérieur…
SG : En tant qu’éditeurs, nous voulions explorer d’autres voies, plus narratives, par exemple. Comme j’ai travaillé pour des publications adulte et jeunesse en parallèle, j’ai un double regard, or, je vois des similitudes. Lorsque nous avons créé la collection « La Brune », la mode de l’autofiction, battait son plein. Eh bien, celle du récit frontal pour adolescent était dans la même lignée. Aujourd’hui, cette mouvance est retombée, et  les jeunes auteurs proposent des textes plus narratifs, en littérature jeunesse comme en littérature générale. La littérature reflète un état d’esprit : au Rouergue, nous sommes quasiment sortis de l’écriture intimiste et des récits à « problèmes ». En témoignent Alex Cousseau, par exemple, Hélène Vignal, qui s’en éloigne aussi. Nous sommes passés à une autre étape, en élargissant le territoire, en ouvrant  le champ.
 
SLG : N’avez-vous jamais eu de difficulté pour orienter un titre entre la littérature pour adolescents et la littérature pour adultes ?
SG : Si, récemment, nous avions des doutes pour positionner Le cœur des louves(2)Stéphane Servant,Le cœur des louves, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2013.. Stéphane Servant, l’auteur, hésitait lui aussi. Alors nous avons demandé des avis et en avons conclu que c’était un roman pour grands adolescents, que même des grands-mères pouvaient lire ! Mais nous savions que ce texte avait plus de chance de se faire repérer en jeunesse qu’en littérature adulte. Effectivement, il a bénéficié d’un excellent accueil d’une presse généraliste qu’il n’aurait peut-être pas eue en littérature adulte. Avec ses 450 pages, c’est, un de nos livres le plus « trans-âge ».
 
SLG : Mais il vous paraissait évident que les textes de Guillaume Guéraud, par exemple, ne pouvaient pas être édités en littérature générale. Quels sont, pour vous, les critères qui vont orienter un livre vers une collection pour les adolescents ? Y a-t-il une spécificité de la littérature pour ce lectorat ?
SG : Je pense que la littérature pour les adolescents est un genre à part entière. Guéraud en est l’exemple type. Certains éditeurs, en France, ont su ouvrir ce genre à des auteurs qui savent s’adresser directement aux adolescents, se mettre à leur niveau, prendre en compte leur psychologie, car ils travaillent vraiment cette littérature et ses personnages.
 
SLG : Pouvez-vous nous citer quelques auteurs, piliers du genre ?
SG : Il est difficile de répondre. Mais je pourrais citer un auteur comme Hélène Vignal, qui semble transcrire quelque chose de l’adolescence dans le choix de ses thématiques et grâce à sa sensibilité. De même, le personnage de Maxime Ménard(3)Anne Percin, Comment (bien) rater ses vacances, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2010. est bien un adolescent réel que l’on pourrait voir devant nous : le tour de force d’Anne Percin est, en plus, de pouvoir écrire pour les adolescents aussi bien que pour les adultes. C’est un auteur à part entière dans les deux domaines, ce qui est assez exceptionnel. Comme elle est enseignante, elle connait la langue des adolescents d’aujourd’hui. Elle les entend parler, elle les observe et parvient à les saisir dans cette période de leur vie. Seuls les meilleurs y arrivent.
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Sylvie Gracia

Née en 1959, Sylvie Gracia est éditrice au Rouergue, où elle dirige la collection « La Brune », qu’elle a créé en 1998, ainsi que les collections de romans pour la jeunesse. Elle est par ailleurs l’auteur de six romans, publiés chez Gallimard, Verdier, Verticales et Jacqueline Chambon.

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                            coeur louves_Stephane Servant

quote-02-02-02Nous sommes une maison d’auteurs, ce qui peut avoir l’air évident mais qui est loin d’être le cas partout !

   
SLG: Anne Percin, qui écrit pour un double lectorat, publie également dans la collection « La Brune ». Qu’est-ce qui, dans ses textes, vous semble illustrer la différence entre la littérature pour les adolescents et celle pour les adultes ?
SG : Son deuxième roman adulte, Le premier été(4)Anne Percin, Le premier été, Editions du Rouergue, « La Brune », 2011., raconte l’initiation sexuelle d’une jeune fille à l’âge de seize ans. La thématique correspondrait à un roman pour adolescents, sauf que l’auteur est en surplomb de cette expérience. C’est la narratrice de trente ans, qui revient vers la maison de ses grands-parents et se rappelle cet été-là, celui de sa première relation sexuelle. Le regard et la psychologie sont ceux d’une adulte sur son expérience d’adolescente. Anne Percin aurait pu écrire le même livre pour des jeunes mais son personnage aurait sans doute été immergé dans l’émotion frontale de l’expérience.
 
SLG : La distance critique du personnage, quelle que soit la voie narrative, marquerait une frontière entre littérature générale et jeunesse ?
SG : Je n’ai aucune certitude sur rien. J’ai une nièce de 16 ans qui passe d’un roman DoAdo à un livre de Stephen King, pourtant supposé être de la littérature pour adultes mais qui a du succès auprès des jeunes. Je vois seulement que la littérature pour les adolescents a beaucoup évolué en 10 ans, en passant de textes très intimistes relatant des problèmes d’une tranche d’âge à une ouverture immense : les éditeurs ne s’interdisent plus de publier des romans « historiques ». Nous venons de sortir une biographie de Billie Holiday(5)Louis Atangana, Billie H, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2014. qui n’aurait pas vu le jour il y a 10 ans. Une fois lassés par la « littérature du je », la « littérature miroir », nous avons élargi l’offre. La littérature, c’est aussi ce déplacement dans  le temps, dans l’espace, dans « les vécus ». Elle nous fait vivre d’autres situations.
 
SLG : Elle doit ouvrir au monde, comme votre collection, apparue en 2006.
SG : Oui, c’était la vocation de DoAdo Monde dont nous avons finalement supprimé l’appellation qui nous a semblé inutile. En revanche, nous avons conservé DoAdo noir, parce qu’il s’agit de littérature de genre marquée et proche du polar, avec des intrigues. Le catalogue s’est alors ouvert aux traductions.
 
SLG : Renouer avec la narration serait en fait la constante, la ligne sous-jacente de l’évolution de DoAdo ces 10 dernières années ?
SG : Oui, j’exagère un peu mais à un moment, nous avons eu le sentiment de lire toujours le même texte, autour d’un « je suis », qui explique la diminution des parutions de littérature intimiste en littérature générale comme en littérature pour adolescents.
 
SLG : Pourtant, la tendance qui se serait dessinée à la dernière foire de Bologne(6)Mars 2014. marquerait  un retour vers le roman réaliste, après la vague des littératures de l’imaginaire.
SG : Je ne suis pas allée à Bologne mais je sens chez les auteurs, qu’ils ont envie d’autre chose. Nous allons créer une collection de fantasy à l’automne prochain.
 
SLG : C’est intéressant de constater que des collections de littérature de l’imaginaire, comme Castelmore vont désormais publier des romans plus réalistes qui vont revenir en force sur le marché,tandis que le Rouergue lance une collection de fantasy !
SG : « Epik », notre future collection(7)Le premier tome à paraître en septembre 2014., ne portera pas la mention « DoAdo » car nous pensons qu’elle peut toucher également de jeunes adultes. Nous ouvrons donc un nouveau domaine, au sein du Rouergue jeunesse, mais avec une vocation « crossover ».
 
SLG : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce premier titre ?
SG : Ce sera une trilogie de Claire-Lise Marguier, dont nous avions publié le premier roman pour Le faire ou mourir(8)Claire-Lise Marguier, Le faire ou mourir, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2011., en « DoAdo ». Nous voulons travailler avec des auteurs français. Je ne sais pas si c’est notre époque qui pousse à ce recours à l’imaginaire… Vous dites que la tendance sera au réalisme ? Je pense qu’elle privilégiera des histoires, de l’imaginaire ou pourquoi pas,  l’exploration de temps imaginaires, passés ou contemporains. Les gens ont besoin en ce moment de s’évader, ce que l’on ressent aussi en littérature générale.
 
SLG : « DoAdo » a eu une image de littérature « coup de poing », que vous revendiquez, avec des textes forts. Comment allez-vous orienter cette nouvelle collection ?
SG : Cela ne veut pas dire que nous serons moins offensifs. Nous revendiquons une littérature de qualité. Si nous nous lançons dans la fantasy avec une trilogie de plus de 1 000 pages de Claire-Lise Marguier, c’est qu’elle est vraiment écrite et inventive. La difficulté sera de trouver de bons textes de fantasy.
 
SLG : Pensez-vous, ou souhaiteriez-vous avoir un rôle de « défense et illustration de la littérature pour adolescents en France » ?
SG : (Rires) Non, nous ne revendiquons rien…
 
SLG : … Sinon une exigence littéraire ?
SG : Oui, depuis le début, le Rouergue jeunesse est très attentif à la qualité littéraire : nous éditons de la littérature. Nous sommes aussi exigeants qu’en littérature pour adultes, tant sur la nouveauté, l’inventivité, la découverte que sur notre politique d’auteurs. Dès la création, la maison a voulu constituer un catalogue d’auteurs. Peu d’entre eux quittent le Rouergue : nous les suivons, les aidons à surmonter les impasses, nous les accompagnons dans leur trajectoire. Nous sommes une maison d’auteurs, ce qui peut avoir l’air évident mais qui est loin d’être le cas partout ! Une autre de nos spécificités, tient également au fait que trois éditeurs parmi nous sont aussi auteurs.
          Billie H_Louis Antagana                             Intemporia_Claire Lise Marguier    

 quote-02-02-02Si nous estimons que le texte le mérite, nous le sortons sans nous poser la question des ventes. Nous maintenons un cap quelle que soit la tempête.

   
SLG : Allez-vous traduire davantage ou vous concentrer sur des auteurs français, qui rejoindront cette nouvelle collection, « Epik » ?
SG : Trouver des auteurs français de qualité dans ce domaine est assez compliqué. Nous lançons la collection avec des auteurs maison, ce qui correspond à notre politique : nous sommes plutôt réticents à l’idée de travailler sur des traductions et préférons entretenir une relation directe avec les auteurs. Par ailleurs, je ne vais pas à la foire de Bologne et ne suis pas les catalogues. Cependant, nous avons récemment découvert  par hasard un très bon manuscrit allemand que nous allons traduire. Il s’agit d’un auteur de littérature générale chez Actes Sud qui a écrit pour la jeunesse.
 
SLG : Comment voyez-vous votre place, par rapport aux autres éditeurs du secteur et comment pensez-vous être identifiés par les adolescents ?
SG : C’est difficile à dire, je ne sais pas si les adolescents repèrent vraiment les maisons d’édition… Nous travaillons surtout avec les prescripteurs. En appartenant au groupe Actes Sud, nous partageons la même logique de qualité, que d’autres éditeurs du marché peuvent avoir. La stimulation est bonne pour tout le monde : si vous êtes dans un marché où tous les acteurs publient des livres médiocres, ce n’est pas porteur pour vous : il faut se battre sur un certain niveau de qualité. Parfois, lorsque je vais au salon du livre et que je regarde les couvertures, je suis affligée…
 
SLG : Votre collection a été relookée autour de 2009.
SG : En effet, au début, les livres sortaient en petits formats, puis leurs couvertures ont été réalisées par Marion Bataille. Nous avons basculé vers des photographies en 2008/2009. La couverture d’un livre est un élément fondamental.
 
SLG : Les livres s’empilent sur les tables des libraires mais l’édition se porte mal. Ressentez-vous une crise du secteur ces dernières années ?
SG : Les chiffres du premier trimestre 2014 montrent que de nombreux secteurs de l’édition sont en baisse mais la jeunesse, au sens très large, se maintient quasiment. En revanche, la concurrence est bien plus importante qu’il y a 10 ans : l’offre a peut-être doublé mais la demande n’a pas explosé ! il nous faut donc beaucoup accompagner nos livres, surtout ceux sur lesquels nous misons, auprès des prescripteurs.
 
SLG : L’image du marché de l’édition pour adolescents semble être divisée entre une uniformisation de la production d’un côté, avec des best sellers au large public, et des titres en marge de cette production qui ne se préoccupent pas de leur lectorat et peinent à trouver une place. Comment voyez-vous le marché ?
SG : Dans cette concurrence, comment faire la différence si toutes les couvertures se ressemblent et qu’on a l’impression d’avoir le même livre et la même histoire à chaque fois ? C’est le mass market ; je ne suis même pas sûre que cela marche si bien. Quand les uns et les autres s’imitent, beaucoup se trompent or avec ces logiques, il faut écouler un certain nombre d’exemplaires pour être rentable. Je pense que c’est une conception de l’offre et de la demande : en tant qu’éditeur, je me place du côté de l’offre, et d’une certaine vision de la littérature que je souhaite offrir aux jeunes, d’une qualité que je veux maintenir. Le Rouergue peut donc publier un livre tout en sachant qu’il s’en vendra 1 000 exemplaires. Si nous estimons que le texte le mérite, nous le sortons sans nous poser la question des ventes. Nous maintenons un cap quelle que soit la tempête. Nous éditons ce que nous considérons être de bons livres, en réfléchissant aux couvertures, au papier et en travaillant avec l’auteur aussi longtemps que nécessaire.
 
SLG : A combien d’exemplaires en moyenne, vendez-vous un titre « DoADo » ? Pourriez-vous nous donner quelques exemples pour avoir ordre de grandeur ?
SG : Comment (bien) rater ses vacances, d’Anne Percin s’est vendu à 40 000 exemplaires, ce qui est beaucoup, et l’ensemble de la série à plus de 65 000. Le faire mourir, un titre vraiment risqué et premier roman a quand même atteint 6 000 exemplaires ! Le garçon qui volait des avions(9)Elise Fontenaille, Le garçon qui volait des avions, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2011., d’Elise Fontenaille, est autour de 16 000. Nous avons réimprimé plusieurs fois Je préfère qu’ils me croient mort(10)Ahmed Kalouaz, Je préfère qu’ils me croient mort, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2011., paru en 2011. Le Cœur des louves, de Stéphane Servant en est à 6 000 exemplaires. A ce nombre, auteur et éditeur se réjouissent. Il faut savoir qu’au Rouergue, la moitié du chiffre d’affaire provient du fonds, ce qui nous permet de prendre des risques sans être soumis à la tendance. En revanche, cela correspond à un travail avec les auteurs dans la durée : Bonheur fantôme(11)Anne Percin, Bonheur Fantôme, Editions du Rouergue, « La Brune », 2009., le premier livre d’Anne Percin que j’ai publié s’est vendu à 2 000 exemplaires. Il a fallu attendre quelques années pour le succès qu’elle rencontre maintenant. Western girl(12)Anne Percin, Western Girl, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2013., comme Les trois vies d’Antoine Anarchasis(13)Alex Cousseau, Les trois vies d’Antoine Anarchasis, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2012. dans un genre très différent, se situent autour de 10 000 exemplaires. On ne peut donc pas dire que nous éditons des livres élitistes qui ne se vendent pas ! Il est 10 fois moins risqué de faire de la littérature pour adolescents que pour les adultes.
 
SLG : Pensez-vous que la littérature pour les adolescents souffre d’un manque de légitimité aujourd’hui encore ?
SG : Non, je ne crois pas. Les parents d’aujourd’hui, en tout cas ceux qui lisent, savent qu’il y a de la vraie littérature ado. En revanche, perdurent des problèmes de légitimité par rapport à la littérature pour les adultes.
 
SLG : Ce manque de reconnaissance est-il également perçu par les auteurs ?
SG : On entend souvent cette distinction, littérature vieillesse/jeunesse… Si on publie une vraie littérature jeunesse, il faut en être fier ! Au Rouergue, nous ne sommes pas dans cette logique de segmentation avec les auteurs. Ceux qui écrivent pour la jeunesse savent que je ne les considère pas comme une partie minorée de mon travail. Nous organisons de plus en plus de rencontres ado/adulte et essayons de faire intervenir ensemble les auteurs de littérature et de littérature générale, pour montrer l’unité de la  maison, qui travaille avec la même exigence pour tous.
                                              Western Girl_Anne Percin 3 vies_Alex Cousseau  
Propos recueillis et mis en forme par Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de Lecture Jeunesse et de la rédaction de Lecture Jeune en mai 2014. Article paru initialement dans une version courte dans le n°150 de Lecture Jeune, « Focus sur la littérature ado ».
Publications
L’Été du chien, « L’Arpenteur », Gallimard, 1996. Les Nuits d’Hitachi, « L’Arpenteur », Gallimard, 1999. L’Ongle rose, Verdier, 2002. Regarde-moi, Verticales, 2005. Une parenthèse espagnole, Verticales, 2009. Le livre des visages : Journal facebookien 2010-2011, Jacqueline Chambon, 2012.

References   [ + ]

1. Guillaume Guéraud, Cité Nique-le-ciel, Editions du Rouergue, « DoAdo », 1998.
2. Stéphane Servant,Le cœur des louves, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2013.
3. Anne Percin, Comment (bien) rater ses vacances, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2010.
4. Anne Percin, Le premier été, Editions du Rouergue, « La Brune », 2011.
5. Louis Atangana, Billie H, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2014.
6. Mars 2014.
7. Le premier tome à paraître en septembre 2014.
8. Claire-Lise Marguier, Le faire ou mourir, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2011.
9. Elise Fontenaille, Le garçon qui volait des avions, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2011.
10. Ahmed Kalouaz, Je préfère qu’ils me croient mort, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2011.
11. Anne Percin, Bonheur Fantôme, Editions du Rouergue, « La Brune », 2009.
12. Anne Percin, Western Girl, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2013.
13. Alex Cousseau, Les trois vies d’Antoine Anarchasis, Editions du Rouergue, « DoAdo », 2012.