Slash, Yaoi, Boy’s Love : subversion ou renouveau du romantisme chez les adolescentes ?

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Dans un pays comme la France, deuxième consommateur de mangas après le Japon (1)J.M. Bouissou, « Les raisons du succès du manga en France et en Europe », in L’État de la bande dessinée. Vive la crise ?, Les Impressions Nouvelles/CNBDI, 2009. , certaines catégories ont de quoi étonner : depuis quelques années en effet, à côté des shônen (mangas à destination d’un public jeune et masculin) et des shôjo (à destination d’un public jeune et féminin), les yaoi ont fait leur apparition, à savoir ces mangas centrés sur les relations amoureuses (et souvent sexuelles) de personnages masculins entre eux et visant un lectorat féminin hétérosexuel ; certaines collections affichent d’ailleurs en couverture l’expression adoptée dorénavant au Japon pour désigner ce marché en expansion (mangas, romans, jeux vidéos, etc.), le Boy’s Love(2)Sous l’influence des éditeurs commerciaux, l’expression s’impose au Japon dans les années 1990, remplaçant le terme yaoi, trop associé au milieu amateur ; en Occident, on préférera garder « yaoi » pour éviter les connotations pédophiles liées au mot « boy ». …

 

Bien qu’il ne s’agisse que d’une niche éditoriale, les yaoi posent la question de l’intérêt de ces jeunes femmes pour l’homosexualité masculine, d’autant qu’ils font écho à d’autres pratiques d’écriture et de lecture, les fanfictions en particulier. Ces récits, publiés aujourd’hui en masse par des fans sur la toile, pour prolonger ou amender des contenus médiatiques à succès (séries télévisées, films, romans, ou mangas)(3)Voir S. François, « Les fanfictions, nouveau lieu d’expression de soi pour la jeunesse ? », in Agora débats/jeunesses n°46, 2008 ; H. Sagnet, « Internet, nouvel espace de légitimation adolescente des œuvres : l’exemple des fanfictions sur Fascination », in Lecture jeune n°129, 2009. comportent un sous-genre, le slash, là encore surtout écrit par des femmes, qui consiste à mettre en scène les relations homosexuelles de protagonistes masculins, très souvent hétérosexuels à l’origine. Dès lors, au cœur de cette étrange coïncidence, les représentations des auteures et des lectrices – sur la mise en couple, le sentiment amoureux ou la sexualité – sont à interroger, tout comme la manière dont elles se trouvent transposées dans le cadre de relations homosexuelles masculines : la négociation et la révélation des identités sexuelles, thème récurrent dans nos sociétés, y sont-elles présentes ? A-t-on bien affaire à des « gays » dans ces récits, ou bien n’assiste-t-on pas à une certaine idéalisation de l’homosexualité masculine, porteuse de clichés qui ne sont pas sans rappeler les romans sentimentaux ? La réelle transgression opérée par ces univers fictionnels n’a donc rien d’évident et il faudra également prendre en compte les sociabilités qui naissent autour de ces pratiques pour commencer à les comprendre.

 

Des gays et des lectrices : une rencontre improbable ?

Force est de constater que slash et yaoi se sont d’abord développés indépendamment, dans deux pays culturellement différents. Aux États-Unis(4)Pour une histoire détaillée, voir F. Coppa, « A Brief History of Media Fandom », in Fan Fiction and Fan Communities in the Age of the Internet, K. Hellekson et K. Busse (dir.), McFarland, 2006. , c’est ainsi à la fin des années 1960 que les fanzines (5)Publications indépendantes, conçues et réalisées artisanalement par des passionnés, à propos de leur passion. dédiés aux séries de science-fiction – au premier rang desquelles Star Trek – commencent à accueillir des fanfictions. Ces textes sont majoritairement écrits par des femmes et il ne faut pas longtemps pour repérer la première fanfiction mettant en scène une histoire d’amour entre Kirk et Spock, inaugurant une longue lignée : le slash naît en 1974 et, s’il reste encore un genre confidentiel, cela n’empêche pas certaines normes de se sédimenter au fil des textes. Le terme « slash » provient du fait que les auteures, dans leur titre ou leurs résumés, annoncent le couple phare du récit grâce aux initiales des personnages séparées par le signe typographique slash(6)Personnage1/Personnage2. ; pour les puristes, le premier est d’ailleurs le dominant et le second le dominé, au sein de la relation et jusque dans l’acte sexuel. Dans les années 1970-1980 ensuite, une partie des fanzines se spécialisent même dans le slash, d’autant que la télévision américaine offre de nombreuses séries mettant en vedette des duos masculins (Starsky et Hutch, Deux flics à Miami, Code Quantum, etc.).

Sébastien François

Sébastien François

sociologue de la culture et des médias

Sébastien François est post-doctorant à l’université Paris 8. Ses travaux portent sur les pratiques des fans ainsi que sur les produits culturels pour la jeunesse (littérature jeunesse, applications mobiles, dessins animés), étudiés du point de vue de leur réception comme de leur production.

quote-02-02-02 Le terme « slash » provient du fait que les auteures, dans leur titre ou leurs résumés, annoncent le couple phare du récit grâce aux initiales des personnages séparés par le signe typographique slash

Au Japon(7)Voir H. Brient, « Une petite histoire du yaoi », in Manga 10 000 images n° 1, « Homosexualité et manga : le yaoi », 2008. , le yaoi connaît aussi une première naissance dans les années 1970 au sein des milieux amateurs puisqu’il s’agit d’un sous-genre de dôjinshi(8)Mangas auto-publiés pour lesquels existe un véritable marché à côté des produits des maisons d’édition commerciales et officielles. . Dans cette période où se diversifie l’offre de mangas et où les créatrices tentent de se faire une place parmi les hommes mangakas(9)Dessinateurs de mangas. largement dominants, certaines introduisent l’homosexualité dans les shôjo, d’abord de manière sérieuse et peu explicite, avant que d’autres, dans une veine d’abord parodique (en détournant des mangas à succès), n’hésitent plus à décrire des relations sexuelles : le « yaoi », acronyme d’une expression signifiant « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] »(10)Brient, art. cit. , devient un genre à part entière en se moquant de la structure classique des mangas. Suite à la production de plus en plus régulière de dôjinshi de ce type, des conventions s’installent également comme la présentation du couple central sous la forme « seme x uke », seme étant en général le personnage viril et plus âgé et uke celui plus doux, fragile et parfois efféminé, ce qui renforce le parallèle avec les slashs. En 1978, paraît un premier magazine spécialisé sur ce genre et le yaoi devient un genre à part entière chez les éditeurs généralistes : ceux-ci lui préféreront la (fausse) dénomination anglo-saxonne de « Boy’s Love », abrégée en « BL ».

Le développement d’Internet va changer la donne, mais de façon différenciée pour le slash et le yaoi. Les fanfictions vont gagner en ampleur et en visibilité au tournant des années 1990-2000 : présents dorénavant sur des sites hébergeurs dédiés (fanfiction.net), des sites spécialisés autour d’un produit médiatique ou des seules fanfictions, ainsi que sur des blogs personnels dans les années 2000, les textes diversifient au passage leurs sources d’inspiration. La sortie espacée des différents tomes de la saga Harry Potter permet notamment à l’œuvre de Rowling de devenir le contenu le plus dérivé, avec actuellement des centaines de milliers de textes en ligne : les « K/S » (Kirk/Spock) font désormais place aux HP/DM (Harry Potter/Drago Malefoy), la norme étant adoptée dans tous les pays où se développe le slash, ce que nous avons pu observer aussi en France(11)François, 2008, op. cit. . Toutefois, il faut surtout retenir que les deux traditions commencent à se croiser.

quote-02-02-02Le « yaoi », acronyme d’une expression signifiant « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] »(12)Brient, art. cit. , devient un genre à part entière en se moquant de la structure classique des mangas

Certes, on n’a pas (encore) assisté à une diffusion du BL aussi large, la publication papier restant privilégiée, mais sa renommée dépasse maintenant les frontières japonaises. Certains marchés étrangers deviennent mûrs pour la sortie de collections explicitement yaoi par des éditeurs locaux, à l’image de la France ou des États-Unis, tandis que les productions commerciales et profanes bénéficient d’une publicité nouvelle sur des sites spécialisés, professionnels ou non(13)Consulter par exemple la section Boy’s Love des éditions Kazé ou yaoi des éditions Taifu Comics ou, entre autres, les sites d’amateurs « Le Monde du Boy’s Love » ou « Yaoi’s Paradise» , les fans en profitant parfois pour proposer des traductions avant la sortie des mangas dans leur pays(14)Il s’agit de la pratique du scantrad qui consiste à scanner les pages du manga en japonais, à remplacer les textes par des tentatives de traduction, puis à proposer en ligne le résultat final. . De ce fait, il est amusant de voir qu’en France, précisément en raison du succès précoce et durable des mangas et de l’adoption plus récente des fanfictions, les deux vocabulaires entrent en collision : dans nos entretiens avec des auteures de slashs, nous avons observé que les enquêtées parlaient plus naturellement de yaoi

quote-02-02-02L’appropriation et le détournement de personnages masculins par des jeunes femmes apparaissent donc comme une tendance certes marginale, mais pourtant profonde dans les sociétés occidentales

À l’aune de cette histoire croisée, l’appropriation et le détournement de personnages masculins par des jeunes femmes apparaissent donc comme une tendance certes marginale, mais pourtant profonde dans les sociétés occidentales. Ces premières observations permettent aussi d’éviter deux des pièges tendus par ces créations : d’un côté, les tenir pour le résultat de dérives ou de perversions n’a que peu de sens, car même quand ils deviennent pornographiques, ces textes ne cessent d’être produits et lus par la même population féminine. De l’autre, c’est une incitation à se montrer prudent quant aux analyses purement culturalistes, comme celles qui expliquent le yaoi par les seules spécificités de la culture nipponne, et à préférer des réflexions qui partent des récits et des individus.

 

Expliquer le slash : prime aux relations et limites d’une transgression

Dès lors, ces genres constituent-ils une véritable rupture par rapport aux lectures adolescentes plus traditionnelles ? Les analyses portant sur les seuls slashs conduisent à une réponse mitigée : tout d’abord, ces récits ne sont pas à part au sein de la production globale des fanfictions et il ne faut donc pas s’étonner de voir l’intrigue du produit médiatique original y devenir secondaire ; ainsi, dans les fanfictions tirées d’Harry Potter, seuls comptent les amitiés et amours des personnages principaux ou secondaires…

Comme l’a très tôt remarqué Henry Jenkins(15)H. Jenkins, Textual poachers : television fans & participatory culture, Routledge, 1992. , les relations interpersonnelles sont bien le moteur fondamental de ces écrits. Que les auteures comblent des ellipses narratives ou prolongent la trame originale, c’est toujours l’occasion de densifier des personnages afin de justifier leurs relations futures ; l’effet est encore plus visible lorsque la fanfiction repose sur des changements de point de vue, plaçant le lecteur au plus près des sentiments d’un des personnages. A fortiori, les transformations importantes vis-à-vis de l’œuvre première, tels les cross-over(16) Genre de fanfiction qui consiste à croiser plusieurs univers fictionnels différents. ou les « univers alternatifs »(17)Genre de fanfiction qui revendique une rupture narrative avec la source du texte, les personnages d’Harry Potter évoluant dans un univers où n’existe pas la magie par exemple. , conduisent à une réflexion sur ce qui fait l’essence des personnages et ouvrent la voie à des mises en couple inédites, tant au niveau des circonstances que des protagonistes.

quote-02-02-02Plus étonnant (voire dérangeant), le mpreg désigne les slashs où l’un des deux hommes tombe « enceint », ce qui a bien sûr des conséquences sur le couple

Les slashs sont par conséquent emblématiques de cette primauté faite aux relations, ce qu’illustrent des sous-genres bien établis où les conditions du rapprochement des personnages structurent le récit. Citons l’exemple du hurt/comfort où les épreuves physiques ou morales traversées par l’un des deux hommes puis le réconfort apporté par son partenaire sont le terrain propice à une relation amoureuse. Plus étonnant (voire dérangeant), le mpreg désigne les slashs où l’un des deux hommes tombe « enceint », ce qui a bien sûr des conséquences sur le couple, préexistant ou non au futur « événement » … Ces configurations étranges ne pouvaient que susciter une réelle demande d’explications, à laquelle les travaux anglo-saxons tentent de répondre, depuis plus de vingt ans(18)Voir K. Hellekson & K. Busse, Fan fiction and fan communities in the age of the Internet : new essays, McFarland & Co, 2006. , selon deux grandes lignes d’interprétation.

D’une part, dans une démarche psychanalytique, des chercheurs ont interprété les slashs comme un moyen de réalisation des fantasmes des auteures et des lectrices et soulignent la mise à distance de l’expérience personnelle des jeunes femmes qu’offre la manipulation de corps masculins : il devient possible de s’identifier indifféremment à l’un ou l’autre des partenaires et de construire par là même sa « relation idéale ». En s’abritant derrière l’étrangeté de l’homosexualité, le slash est alors enclin au retour de clichés romantiques, telle la lente progression amoureuse avant la mise en couple, ou de schémas stéréotypés, avec la réintroduction d’un rapport déséquilibré au sein du couple, où l’on trouve un protecteur et un protégé.

Dans une veine plus féministe d’autre part, les slashs ont été interprétés comme un moyen de subversion des identités sexuelles, les textes servant alors à dénoncer les normes (hétéro)sexuelles traditionnelles. Les travaux insistent ici sur la manière dont des hommes peuvent endosser un rôle habituellement féminin, ou notent que les couples des slashs évoluent dans des espaces où les orientations sexuelles cohabitent à égalité. On est donc loin de la littérature de jeunesse sur l’homosexualité, où la découverte et l’acception de soi en tant qu’homosexuel, de même que les problèmes très contemporains du SIDA ou de l’homophobie, sont les enjeux premiers(19)Voir T. Chaimbault « L’homosexualité dans la littérature jeunesse », mini-thèse disponible . : si la nature du couple n’est plus un « problème », ce sont bien les sentiments et l’évolution de la relation qui sont au cœur des slashs.

Section du catalogue des éditions « Kazé » consacrée au <em>Boy’s Love</em>  

Les slashs ressemblent donc finalement beaucoup aux romans sentimentaux, la proximité des intrigues donnant à ces récits un côté très rassurant. Ainsi, les deux approches citées de ce genre ont, selon nous, le défaut de négliger en partie les sociabilités que les slashs, et plus généralement les fanfictions, permettent de tisser entre lectrices et/ou auteures. Que la découverte se fasse par l’intermédiaire d’une amie ou directement en ligne, on avance en réalité rarement seul(e) dans cet univers textuel(20)Voir S. François, « Fanf(r)ictions. Tensions identitaires et relationnelles chez les auteurs de récits de fans », in Réseaux vol. 27, n°153, 2009. : la lecture et l’écriture s’accompagnent en particulier de discussions sur la qualité des récits et surtout sur le droit ou non de franchir certaines limites, ce que les espaces en ligne (fonction « commentaire » des sites, forums, blogs, etc.) encouragent(21)Même si J. Radway, dans son enquête sur les groupes de lectrices de romans sentimentaux aux États-Unis, observait des phénomènes similaires avant l’arrivée d’Internet ; voir J. Radway, Reading the Romance: Women, Patriarchy and Popular Literature, University of North Carolina Press, 1984. . Dès lors, – et ce d’autant plus qu’auteures et lectrices sont de plus en plus jeunes en raison de l’évolution des sources (pensons aux dérivations d’Harry Potter ou de Twilight(22)Pour Harry Potter, nous avons pu repérer des auteures de fanfictions de 12 ans, l’âge moyen sur notre échantillon étant d’un peu plus de 18 ans et demi. ) –, il faut aussi voir ces textes comme un biais par lequel des jeunes femmes poursuivent leur socialisation, en éprouvant, auprès d’autres lectrices, leurs propres normes en matière de relations amoureuses. En ce sens, le slash a beau rassembler des jeunes femmes qui usent du prisme de l’homosexualité pour procéder à ces expérimentations, ces dernières diffèrent donc peu des lectrices dont les préférences portent sur d’autres genres de fanfictions.

Si yaoi (ou BL) ont quant à eux été étudiés par d’autres chercheurs, ils ont reçu des explications plutôt semblables, et les quelques travaux qui les comparent maintenant aux slashs(23)Voir A. Levi & M. McHarry, Boys’ Love Manga: Essays on the Sexual Ambiguity and Cross-Cultural Fandom of the Genre, McFarland & Co Inc., 2010. arrivent à ce même constat : au sein de ces textes, ce que les auteures disent des relations amoureuses et la fonction relationnelle qu’elles assurent auprès des lectrices importent plus que le recours à l’homosexualité masculine, loin d’être transgressif en soi. Partant, et même si ces histoires auront toujours tendance à retenir l’attention des médias comme des spécialistes, l’enjeu sera moins de savoir si cette reconfiguration contemporaine du romantisme gagnera en audience, que d’observer si, comme au Japon, elle contaminera d’autres supports, avec par exemple l’apparition de romans mettant en scène des couples d’hommes, répondant en cela aux attentes spécifiques de cette portion du lectorat jeune et féminin.

Analyse de Sébastien François
ARTICLE PARU INITIALEMENT DANS LA REVUE LECTURE JEUNE N° 136 (DÉCEMBRE 2010)

References   [ + ]

1. J.M. Bouissou, « Les raisons du succès du manga en France et en Europe », in L’État de la bande dessinée. Vive la crise ?, Les Impressions Nouvelles/CNBDI, 2009.
2. Sous l’influence des éditeurs commerciaux, l’expression s’impose au Japon dans les années 1990, remplaçant le terme yaoi, trop associé au milieu amateur ; en Occident, on préférera garder « yaoi » pour éviter les connotations pédophiles liées au mot « boy »
3. Voir S. François, « Les fanfictions, nouveau lieu d’expression de soi pour la jeunesse ? », in Agora débats/jeunesses n°46, 2008 ; H. Sagnet, « Internet, nouvel espace de légitimation adolescente des œuvres : l’exemple des fanfictions sur Fascination », in Lecture jeune n°129, 2009.
4. Pour une histoire détaillée, voir F. Coppa, « A Brief History of Media Fandom », in Fan Fiction and Fan Communities in the Age of the Internet, K. Hellekson et K. Busse (dir.), McFarland, 2006.
5. Publications indépendantes, conçues et réalisées artisanalement par des passionnés, à propos de leur passion.
6. Personnage1/Personnage2.
7. Voir H. Brient, « Une petite histoire du yaoi », in Manga 10 000 images n° 1, « Homosexualité et manga : le yaoi », 2008.
8. Mangas auto-publiés pour lesquels existe un véritable marché à côté des produits des maisons d’édition commerciales et officielles.
9. Dessinateurs de mangas.
10, 12. Brient, art. cit.
11. François, 2008, op. cit.
13. Consulter par exemple la section Boy’s Love des éditions Kazé ou yaoi des éditions Taifu Comics ou, entre autres, les sites d’amateurs « Le Monde du Boy’s Love » ou « Yaoi’s Paradise»
14. Il s’agit de la pratique du scantrad qui consiste à scanner les pages du manga en japonais, à remplacer les textes par des tentatives de traduction, puis à proposer en ligne le résultat final.
15. H. Jenkins, Textual poachers : television fans & participatory culture, Routledge, 1992.
16. Genre de fanfiction qui consiste à croiser plusieurs univers fictionnels différents.
17. Genre de fanfiction qui revendique une rupture narrative avec la source du texte, les personnages d’Harry Potter évoluant dans un univers où n’existe pas la magie par exemple.
18. Voir K. Hellekson & K. Busse, Fan fiction and fan communities in the age of the Internet : new essays, McFarland & Co, 2006.
19. Voir T. Chaimbault « L’homosexualité dans la littérature jeunesse », mini-thèse disponible .
20. Voir S. François, « Fanf(r)ictions. Tensions identitaires et relationnelles chez les auteurs de récits de fans », in Réseaux vol. 27, n°153, 2009.
21. Même si J. Radway, dans son enquête sur les groupes de lectrices de romans sentimentaux aux États-Unis, observait des phénomènes similaires avant l’arrivée d’Internet ; voir J. Radway, Reading the Romance: Women, Patriarchy and Popular Literature, University of North Carolina Press, 1984.
22. Pour Harry Potter, nous avons pu repérer des auteures de fanfictions de 12 ans, l’âge moyen sur notre échantillon étant d’un peu plus de 18 ans et demi.
23. Voir A. Levi & M. McHarry, Boys’ Love Manga: Essays on the Sexual Ambiguity and Cross-Cultural Fandom of the Genre, McFarland & Co Inc., 2010.