A silent voice, T.1

Yoshitoki Oima

Shoya n’est pas un garçon très studieux ; il est plutôt du genre casse-cou et passe le plus clair de son temps à lancer des défis à ses amis afin de tromper l’ennui. Un jour, une nouvelle élève, Shoko, arrive dans sa classe de CM2. Elle est sourde de naissance. Malgré sa gentillesse et les efforts qu’elle déploie pour s’intégrer, elle devient rapidement la cible des moqueries de Shoya. Son absence de réaction surprend, puis exaspère le jeune garçon qui la harcèle quotidiennement, d’abord moralement, puis physiquement, jusqu’au jour où le directeur de l’école intervient. Ses camarades et son maître, plus ou moins complices jusqu’alors, se retournent contre Shoya qui finit par endurer les mêmes sévices qu’il a infligés à Shoko. Cette série courte, terminée au Japon (avec seulement sept tomes), est devenue un véritable phénomène. Elle se démarque du reste de la production de shônen par ses thèmes – le harcèlement scolaire et le handicap – qui sont traités de façon peu conventionnelle. La narration originale de ce premier tome présente un long flash-back du point de vue de l’agresseur et non de la victime, la jeune fille handicapée, qui tarde même à faire son entrée. Les graphismes, tout en légèreté et en délicatesse, contrebalancent le ton dramatique et hyperréaliste du manga pour en faire un récit particulièrement touchant. A la fin de ce premier tome, émerge la question de la rédemption de Shoya, mais aussi de la véritable personnalité de Shoko, qui est restée pour le lecteur très insaisissable, emmurée dans son silence.

Marylène Guarino

0 Commentaire

This site is protected by wp-copyrightpro.com