Ainsi parlait ma mère

Rachid Benzine

Un professeur d’université célibataire prend soin de sa mère très âgée. Il évoque l’origine de ses parents marocains pauvres, venus s’installer en Belgique pour trouver du travail. Après le décès accidentel du père, la mère élève seule ses cinq fils en faisant des ménages. Le récit évoque l’amour profond qui unit le benjamin de sa fratrie à sa mère. Les souvenirs se succèdent, dévoilant la personnalité étonnante de cette femme souvent humiliée, mais capable d’une grande générosité dans sa pratique d’un islam tolérant. Alors qu’elle est analphabète, elle se passionne pour La Peau de chagrin, que son fils doit lui lire inlassablement sans parvenir à percer le mystère qui lie sa mère au texte de Balzac. C’est une passion tout aussi étonnante qui lui fait mémoriser et chanter les mélodies de Sacha Distel, devenu son idole.

Le ton n’est jamais misérabiliste ni compatissant. Le narrateur adopte au contraire une certaine distance imprégnée d’humour et de tendresse à l’égard de cette femme forte, tout en se moquant de lui-même. Des bouffées de colère le submergent parfois contre ceux qui tiennent des propos indignes, alors qu’il l’accompagne dans la vieillesse et la déchéance physique. Ce récit d’une profonde humanité séduira un large lectorat.

Colette Broutin

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