Annabel

Kathleen Winter

Wayne naît en 1968, dans un village de pêcheurs du Labrador. Garçon ou fille ? Telle est la douloureuse question à laquelle ses parents, Treadway et Jacinta, sont confrontés. Ce sera un homme, décide Treadway, tandis que Jacinta pressent la nature féminine de son enfant. Thomasina, qui a aidé Jacinta à l’accouchement, partage leur lourd secret et décide de lui donner, pour elle-même, le prénom de la petite fille qu’elle a perdue, Annabel. Le recours à la médecine devrait définitivement clore le problème, mais en grandissant, Wayne se découvre différent. Repoussé par la chasse et les activités paternelles, le petit garçon, fasciné par les nageuses synchronisées, s’identifie à un modèle féminin. De l’enfance à l’âge adulte, Wayne vit cruellement le décalage entre son corps et ses sentiments. L’intolérance et la solitude se superposent à la difficulté d’être intersexué. Ce sujet, encore peu traité dans la littérature, est abordé ici en toute franchise, sans description choquante. Le récit donne les points de vue des protagonistes sans porter de jugement – le père aime son enfant jusque dans son choix final. Au-delà des clivages, masculin/féminin, nature/culture, ville/campagne, chaque individu explore son territoire intérieur. L’auteur dépeint des personnages lumineux, évoluant dans des paysages magnifiques. Le propos du roman – comment trouver son parcours et définir son identité – concerne tous les jeunes adultes.

Cécile Robin

Réseau de lecture : On conseillera aux plus jeunes La Face cachée de Luna de Julie-Anne Peters (Milan, 2005), bien que ce roman traite davantage de l’orientation sexuelle. Middlesex, de Jeffrey Eugenides (L’Olivier, 2008) aborde quant à lui le thème de l’hermaphrodisme, mais il reste d’une lecture plus difficile, réservée à un public adulte. Lecteurs confirm

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