Bad Ass, T. 1 : Dead End

Hérik Hanna

Dans Bad Ass, le anti-héros, Dead End, écume les rues de Roman City en laissant derrière lui quelques gouttes de sang et autres dents cassées. Justicier défendant son unique intérêt, il se rend au repaire de Black Snake, chef de la mafia locale, pour exterminer toute sa clique de malfrats. C’est ensuite au tour des superhéros, ceux qui défendent la veuve et l’orphelin mais lui cherchent des noises, de prendre quelques coups… Tandis que Dead End se déchaîne dans un flot d’hémoglobine et de bons mots, on découvre son passé, alors qu’il n’était que Jack Parks, un adolescent pustuleux, maladroit et souffre-douleur de son lycée. D’un humour particulièrement noir, Bad Ass est un comics savoureux au rythme endiablé. Les actions s’enchaînent et tissent un portrait complet de cet adolescent assez peu moral. Dangereusement lynché par ses persécuteurs, il a ensuite été doté d’un pouvoir extraordinaire qui lui a permis de troquer sa laideur et sa malchance pour un charisme et une assurance à toute épreuve. Quant à sa rancoeur et à sa méchanceté, il les a conservées… Les codes du comics sont ici revisités à la française, d’un point de vue à la fois admirateur et narquois qui prend plaisir à s’approprier ce genre adulé aux Etats-Unis. Par son impolitesse, ses exagérations, ses dialogues acérés, cette bande dessinée très divertissante fait immanquablement penser aux films de Quentin Tarantino, avec le second degré nécessaire pour prendre du recul face à la violence mise en scène. Une approche plaisante et originale des histoires de superhéros.

Hélène Gadé

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