Carmen

Benjamin Lacombe, Prosper Mérimée

Benjamin Lacombe continue son travail d’adaptation après Notre-Dame de Paris, Alice au pays des Merveilles et Les Contes Macabres d’Edgar Poe. Il s’empare ici de Carmen, suivie d’une lettre extraite des Lettres d’Espagne de Prosper Mérimée. Carmen, figure mythique, incarnation de la femme fatale, devient une créature fantastique. Elle reste fascinante mais s’avère aussi terrifiante et arachnéenne. Comme souvent chez Lacombe, le graphisme évoque les personnages de Tim Burton. Derrière leur aspect monstrueux, tous cachent une fêlure et une grande sensibilité. Cette interprétation du personnage se retrouve dans l’utilisation très prégnante des noirs, qui rappelle le travail d’Odilon Redon. Le travail d’édition est aussi soigné que d’habitude, avec une couverture rigide satinée et brodée. Si cet ouvrage n’apporte rien de neuf au texte de Mérimée, les illustrations de Benjamin Lacombe sont toujours un plaisir pour les yeux. L’occasion de faire découvrir un grand classique à des lecteurs que le texte brut pourrait intimider.

Yaël Wilson

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