Déroute sauvage

Guillaume Guéraud

En cette rentrée littéraire, Guillaume Guéraud nous propose son dernier « livre d’horreur », empruntant ses références aux maîtres cinématographiques du genre. Wes Craven, Tobe Hooper ou encore Rob Schmidt sont ceux à qui il dédicace son roman, ses « maîtres à penser ». Sur une route de montagne sinueuse, entre la France et l’Espagne, un bus scolaire circule. Nous sommes au coeur de la nuit et la plupart des élèves de la classe de 4eE sont endormis. Romain, Laure, Najib, Elias ou Nina ne se doutent de rien, jusqu’au moment fatal : le car s’engouffre dans un ravin, tuant la plupart des passagers sur le coup et laissant une dizaine des rescapés. Mais s’agit-il d’un banal accident ? Elias a bien entendu un coup de feu avant que le bus quitte la route, mais personne ne lui prête attention. Pourtant, plus haut dans la forêt, trois individus, des hommes sanguinaires, sauvages et irréels se rapprochent pour tuer les derniers survivants… Guillaume Guéraud ne nous épargne aucun détail et Déroute sauvage tient le lecteur en haleine dès les premières pages. Impossible de le refermer sans aller à la dernière ligne. La violence est telle qu’elle en devient irréelle et saisissante. Les détracteurs de Guillaume Guéraud pourront lui reprocher un roman noir supplémentaire, une violence gratuite ; pourtant, il excelle dans ce genre. Et ce roman de la rentrée rappelle qu’il est avant tout un écrivain de talent : l’écriture est « ciselée », les mots employés précis, le rythme tenu à chaque paragraphe, entraînant le lecteur dans cette horreur jubilatoire. Enfin, en contrepoint de ce carnage, le personnage de Romain, lumineux et courageux qui porte à bout de bras sa camarade, Laure, inconsciente, et le cadavre de l’un des trois meurtriers, « sinon on ne [le] croira pas ». L’adolescent comme le souligne l’auteur, à l’issue de cette boucherie, a traversé « les dernières angoisses qui lui restaient ».

Anne Clerc

 

Réseau de lecture : Guillaume Guéraud nous livre sa bibliothèque idéale sur le site de Lecture Jeunesse. Parmi les livres clefs qui ont marqué sa jeunesse, il évoque 1984 de Georges Orwell qu’il défend en ces termes : « Parce que notre monde ressemble de plus en plus à ça. Et parce que je compte sur les ados pour tout foutre en l’air. »

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