Dry

Neal et Jarod Shusterman

La sécheresse s’éternise en Californie, jusqu’à la coupure d’eau totale. La tranquille banlieue d’Alyssa tourne rapidement à la zone de guerre. Les voisins s’attaquent mutuellement, les vivres disparaissent, la peur s’installe. Seule solution : tenter de quitter l’État, bouclé, pour chercher un endroit qui a encore accès à l’eau – si toutefois il en reste. Commence alors un voyage semé d’embûches, avec la mort par déshydratation comme horizon le plus probable.

Neal Shusterman, auteur de La Faucheuse, signe avec son fils un roman d’anticipation extrêmement réaliste, tant les sécheresses et le manque d’eau sont des sujets d’actualité. Au fil des chapitres, qui montrent tour à tour ce que traversent les différents personnages, la tension monte. Les relations se dégradent, la violence déferle dans les rues comme au sein du petit groupe. L’angoisse prend à la gorge. Le récit, survie oblige, est dynamique et prenant. Les transitions entre les passages écrits par l’un ou l’autre des auteurs sont imperceptibles. Une adaptation cinématographique est déjà en cours.

Oihana Olazcuaga-Gariba

& lu et conseillé par Camille Boby de La Chapelle, Soizik Jouin, Amandine Hornebeck et Christelle Gombert

Ce récit polyphonique suit différents personnages durant une semaine qui voit la civilisation basculer et se désagréger. Comme dans La Faucheuse, la relativité de la morale place le lecteur face à sa propre conscience. Dry est un roman poignant, haletant et réaliste, qui suscite une prise de conscience sur la crise climatique. En 2018, l’Afrique du Sud a échappé de peu à un « jour zéro » lors duquel l’eau ne devait plus couler dans les robinets. À la lumière de cette actualité, le texte prend des allures de prémonition. Un livre difficile à lâcher, sauf pour boire de grands verres d’eau.

Constance Barny

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