En falsh, T.1

Oz

Bendiougou, incarcéré, tente de convaincre son frère de ne pas rester dans l’illégalité comme lui. Modi, le troisième frère, suit des études de science politiques et entend gérer leur business de drogue comme n’importe quelle autre entreprise. Samuel est quant à lui perdu, oisif et très violent, tandis que Samir enchaîne les petits boulots pour les dealers de la cité mais rêve de percer dans le rap. L’expression du titre, très employée dans le 93 et particulièrement à Montreuil, est issue du gitan et signifie « en traître ». Le lecteur suit le quotidien de ces jeunes gens des cités dites « sensibles » de la banlieue parisienne. Ils sont confrontés à la pauvreté, à la stigmatisation et à l’image dans laquelle ils sont emprisonnés, celle de délinquants dont on ne peut rien tirer. La réalité n’est pas si manichéenne : tous essayent de survivre et de sortir des clichés, sans toujours y arriver. Premier tome d’une série de 5 tomes à venir, cette bande dessinée permet de comprendre les ce qui se joue réellement dans une cité. Elle montre les mécanismes du « business », de l’argent facile, comment la volonté d’être « respecté » mènent souvent à la prison ou à la mort, à quel point il est difficile de s’élever socialement et de quitter la cité à cause du déterminisme social. Le langage est résolument moderne, parfois vulgaire mais ultra réaliste. Les dessins en noir et blanc, proches d’un story board de film d’animation, donnent un caractère quasi documentaire à cette bande dessinée fictionnelle. Celle-ci pourra être rapprochée des films La Haine ou Banlieusards, ou encore de la tétralogie Comédie urbaine d’Insa Sané pour rendre compte de la complexité de la vie en banlieue. Des musiques comme Nés sous la même étoile du groupe Iam ou Laisse pas traîner ton fils de NTM pourront faire écho aux thématiques développées dans ces différentes œuvres.

Marilyne Duval

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