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ENQUÊTE

Les YouTubeurs de sciences & les 15-25 ans

Pourquoi l’enquête ?

A l’heure des fake news, alors que les politiques publiques visent à diffuser et à promouvoir les sciences dans les établissements culturels et dans l’espace public, un phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur : celui du développement de chaînes YouTube de vulgarisation scientifique. Face à la caméra, ces vidéastes amateurs expliquent des théories, définissent des notions, pratiquent des expériences. Pour la plupart d’entre elles, humour et dérision sont les maîtres mots.

Au travers de ce registre, il s’agit bien de transmettre des contenus. De quelle nature sont-ils ? Comment les qualifier ? Le succès de certaines chaînes ou de certaines vidéos est tel que leur nombre d’abonnés ou de vues se compte en dizaines de milliers. Ces nouvelles voix fragilisent les médiateurs « traditionnels » qui s’interrogent sur leurs propres pratiques. Pourtant, il n’existe aujourd’hui aucune enquête de référence qui catégorise ces chaînes, les thèmes ou les disciplines sur lesquels elles portent.

Quelles questions ?

Qui sont les vidéastes qui les animent et sur quelle légitimité reposent-ils ? Quel type de discours tiennent-ils : délivrent-ils des informations ou initient-ils à la démarche scientifique ? En quoi ces chaînes éveillent-elles – ou pas – l’esprit critique des spectateurs ? Il manque également des données sur le public qui fréquente ces chaînes YouTube : qui sont les abonnés ou les spectateurs (sexe, âge, lieux géographiques…). Quelles sont leurs motivations ? Pourquoi regardent-ils ces vidéos, pallient-elles un manque de ressources culturel sur certains territoires ou viennent-elles se cumuler à d’autres pratiques déjà existantes ? Comment réutilisent-ils éventuellement les contenus qu’ils ont regardés, à quoi leur servent-ils… ? Enfin, comment les médiateurs peuvent-ils se positionner par rapport à ces chaînes ? Comment peuvent-ils – ou non – s’en servir de façon complémentaire ? Quels types d’actions concrètes existe-t-il ?

Pourquoi l’Observatoire de la lecture des adolescents de Lecture Jeunesse ?

L’Observatoire de la lecture des adolescents (10-19 ans), lancé en 2017 par Lecture Jeunesse à l’occasion d’un colloque sur la place de la lecture dans l’accès aux sciences et la construction d’une culture scientifique, a poursuivi la réflexion sur ce thème à travers une enquête soutenue par le ministère de la Culture sur le projet « numook sciences 2017-2018 ». Cette enquête sociologique sur quatre terrains vise à observer quelles peuvent être les pratiques culturelles scientifiques chez les jeunes participant à numook et quelle place la lecture occupe dans ces pratiques (dans le cadre de numook, et hors projet). Le colloque du 17 octobre 2018 porte sur « raison et fiction ». En quoi la fiction permet-elle de développer l’esprit critique des jeunes ? Quelle différence entre l’adhésion à une fiction et l’adhésion à une fake news ?

L’Observatoire, qui a notamment pour objet de s’intéresser aux pratiques culturelles des jeunes et à la médiation, souhaite piloter cette enquête sur les « YouTubeurs sciences » dans la lignée de ses travaux antérieurs. En effet, face au regain des théories du complot, à la portée des fake news ou des contre-vérités, il est important pour Lecture Jeunesse d’observer et d’analyser une des sources d’information, souvent associée aux jeunes, en matière scientifique.

Quel type d’enquête ?

Il semble indispensable aujourd’hui, de mettre en place une enquête quantitative et qualitative de référence qui permette aux professionnels et aux bénévoles accompagnant des adolescents, aux décideurs politiques, de se repérer et d’avoir des éléments de compréhension et d’analyse de ces chaînes.

L’enquête est prévue en deux parties : une première sur les vidéastes de chaînes de sciences avec une approche quantitative. La seconde portera sur le public des 15-25 ans spectateur de ces chaînes avec un aspect à la fois quantitatif et qualitatif.

Les partenaires

Les partenaires financiers et membres du comité de pilotage sont les ministères de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et de la Culture (DREST).

Les partenaires opérationnels ou personnes ressources rencontrés ou pressentis hors chercheurs sont : l’AMCSTI, Universciences TV, la Fill.

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