Extincta

Victor Dixen

Le compte à rebours est annoncé dès les premières pages par le choeur : dans 255 heures, l’humanité s’éteindra. La narration alterne ensuite les points de vue de deux personnages. D’un côté, Astréa, pauvre « suante » travaillant dans les champs d’algues pour payer son tribut à Terra, la déesse mère. De l’autre, Océrian, prince mutilé reclus dans sa tour et privé de son droit de régner. Leurs chemins vont se croiser, leurs destins s’entremêler et ce, malgré l’inéluctable fin promise.

Après la conquête spatiale (Phobos) et l’intelligence artificielle (Cogito), Victor Dixen s’attaque avec Extincta à un autre thème d’actualité brûlant. Il projette ici sa fiction dans un univers dévasté par le réchauffement climatique. Le monde inventé par l’auteur est finement ouvragé, et si son intrigue donne parfois l’impression d’appliquer une même recette à différentes problématiques contemporaines, sa maîtrise de l’écriture efface rapidement ce sentiment. La force de son livre réside dans la grande intelligence de la réflexion, qui ne devient cependant jamais sentencieuse. Victor Dixen accompagne ses personnages et son lecteur jusqu’à une fin ouverte où brille une toute petite flamme d’espoir dans la perspective d’un ailleurs, peut-être inaccessible.

Marieke Mille

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