Fils d’Antigone

Irène Cohen-Janca

Dans cette tragédie qui revisite le mythe d’Antigone, un homme meurt tombé d’une falaise. Pour son épouse, il ne peut s’agir que d’un accident ; pour son fils, c’est un suicide. L’affrontement débute alors : l’une souhaite qu’il soit incinéré, l’autre qu’il soit enterré. Commence l’histoire d’un refus, d’un « non » scandé avec fermeté. Dans ce duel cinglant, l’un devra fléchir. Grâce à son amie Stella, le narrateur, Nat, va démêler cette situation a priori inextricable pour pouvoir entamer son travail de reconstruction. Le sujet du deuil est récurrent en littérature adolescente, mais Irène Cohen-Janca va au-delà des récits habituels en abordant la question, souvent éludée, du choix que les vivants doivent faire pour le défunt entre l’inhumation et l’incinération. Son roman traite ce thème difficile avec force et concision tout en évoquant, en filigrane, la mémoire du peuple juif qui se souvient de la Seconde Guerre mondiale. L’écriture sonne juste et contient de nombreuses références qui n’alourdissent pas ce très court texte, dont les titres de chapitres sont des clins d’œil littéraires, poétiques ou musicaux. Ce roman exigeant peut faire émerger de nombreux débats sur la mort, le deuil, la guerre, le suicide, la liberté de choix, le devoir de mémoire et l’amitié.

Pauline Wabant

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