Heq. Le chant pour celui qui désire vivre

Jørn Riel

Inuits et Indiens vivent dans les immenses espaces du Grand Nord canadien. Leurs chemins se croisent quand la viande vient à manquer. Alors, les Indiens attaquent les Inuits, les massacrent, s’emparent de leurs biens et de leurs femmes. C’est le sort de Shanuq, réduite en esclavage. Elle donne naissance à un garçon, Heq, puis parvient à s’enfuir pour rejoindre sa tribu. Au fil des années, à l’adolescence, il devient chamane, suscitant ainsi la jalousie et la haine d’autres garçons. Le récit suit la tribu dans ses déplacements, ses moments d’euphorie, de fêtes et ses instants de détresse extrême quand les plus faibles meurent de faim ou qu’il faut tuer pour survivre. On découvre un peuple, ses coutumes violentes, ses croyances et l’amour profond qui l’unit à ces terres inhospitalières mais d’une beauté inouïe. Le grand format de l’album valorise les illustrations en pleine page, aux couleurs impressionnantes. On est au coeur de ce monde âpre et violent, dans l’intimité des igloos où l’on se presse pour écouter les conteurs. La peau des visages est tannée et brûlée par le froid. On sent le souffle glacé et l’émotion des « Hommes » quand, dans une brume bleue venue de l’horizon, apparaît un troupeau de caribous. Ce magnifique album est à conseiller à des lecteurs ayant une certaine maturité.

Colette Broutin

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