Je ne sais pas

Marie Colot

Le roman commence par l’interrogatoire de Clara, qui n’arrive pas à verbaliser ce dont elle a été témoin : une prostituée a été rouée de coups par l’un de ses clients. Elle a assisté à la scène car, la nuit, elle ne dort pas mais observe la rue depuis sa fenêtre en faisant semblant de fumer. Sur le moment, elle n’a pas pu alerter les secours ; désormais, elle se trouve incapable d’extérioriser cette violence. L’événement laisse émerger un mal-être qui était déjà tapi en elle : Clara repense à son enfance, à ses chagrins, à ses peurs, à son père parti, aux freins qui l’empêchent d’avancer. Tout semble faire de ce récit un roman policier ; pourtant, c’est l’aspect psychologique qui domine, avec une plongée dans la psyché de la narratrice dont le monde vacille. Malgré un texte sec et fort qui souligne la violence vue et ressentie par le personnage, la fin est optimiste et montre le pouvoir de délivrance que peut exercer la parole. Cette lecture coup de poing, profondément marquante, exige une certaine maturité de la part du lecteur.

Pauline Wabant

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