Je reviens de mourir

Antoine Dole

L’une, Marion, un peu perdue, débarque à Paris. Elle rencontre Nicolas, et dès les premiers instants, pressent la nature de leur relation : « Je savais déjà que c’était lui qui déciderait de mes heures de vie et mes heures de mort ». Nicolas la bat : « Quelques minutes plus tard il m’a frappée. De colère. De dégoût. De réflexe. De l’avoir fait souvent » ; Nicolas glisse des cartes des « clients » à rencontrer. Marion accepte tout, se perd. L’autre, Éve, rencontre des garçons sur Internet, elle consomme du sexe, rapide, violent, sans lendemain : surtout, ne pas risquer de s’attacher. Un roman noir, cru et désespéré ? Certes. Mais une œuvre ancrée dans son époque et qui, avec justesse, sonde les affres des solitudes contemporaines. Un roman qui ne serait pas « pour » les adolescents ? Pas « pour » oui bien sûr, mais l’amour absolu, l’amour comme une souffrance, la destruction de soi, et le désir brutal de la chair ne naissent-ils pas alors ? On est troublée – piquée – que l’ouvrage soit écrit par un homme, mais Antoine Dole, dans une langue rugueuse et syncopée donne à entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé, les failles de chacun et la douleur de vivre.

Hélène Sagnet

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