Je suis ton soleil

Marie Pavlenko

Déborah entre en terminale. Le « théorème de la scoumoune » s’empare alors de sa vie et ne compte pas la lâcher : son chien nauséabond a mangé toutes ses chaussures, sa meilleure amie l’abandonne pour le bel Erwann, et elle surprend son père en plein adultère. L’histoire de cette lycéenne prise dans les affres de l’amitié, d’un premier chagrin d’amour, du baccalauréat et d’une crise familiale aurait pu être banale. Mais Marie Pavlenko parvient, par la simple force de son héroïne et de son écriture, à créer un récit d’une intensité émotionnelle extraordinaire. La narratrice blasée et ironique est aussi pleine de générosité et de vitalité ; son regard sur le monde est retranscrit par de nombreuses comparaisons et métaphores extrêmement drôles, rappelant à bien des égards le ton des Petites Reines (C. Beauvais, Sarbacane). Les scènes cocasses et souvent hilarantes n’empêchent toutefois pas l’auteur d’emmener ses personnages vers des émotions profondes – notamment celles provoquées par l’écriture, par l’art et par la lecture, qui sont subtilement décrites, tout comme la violence de la souffrance amoureuse. Des thématiques comme le suicide, l’avortement et l’homosexualité sont également traitées avec pudeur et sensibilité dans ce roman que l’on quitte à regret.

Christelle Gombert & lu et conseillé par Marion Carlier, Clara Delmas, Marilyne Duval, Cécile Robin et Pauline Wabant

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