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Juste un peu de cendres

Thomas Day

Ashley Torrance quitte à 17 ans la maison familiale. Le motif : ses yeux vairons lui permettent de voir des choses que les autres ne perçoivent pas. Or, certains humains autour d’elle se révèlent étranges et monstrueux… et ils sont de plus en plus nombreux. L’auteur réinterprète ici le mythe du zombie, avec des créatures plutôt mélancoliques et pathétiques qu’assoiffées de sang. En effet, les infectés sont tous des marginaux, allégories du mal-être et de la haine générés par le rejet et la peur. Pour créer cette histoire, Thomas Day s’est inspiré d’un fait historique américain : le massacre de Mountain Meadows en 1857, lors duquel une soixantaine de mormons a tué 120 migrants. Il évoque ainsi l’extrême violence présente tout au long de l’histoire des États-Unis. L’album, à la fois dystopie classique et réflexion philosophique, est donc complexe et contient plusieurs niveaux de lecture et d’interprétation. Quelques faiblesses de scénario se font parfois sentir. Toutefois, le travail graphique très poussé, entre peinture, photographie et papier calciné, sert judicieusement le récit. Les illustrations participent à la création de cet univers fondé sur la cendre, métaphore de ce qui reste quand l’espoir semble perdu.

Yaël Wilson

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