Kariba

Daniel Clarke, James Clarke

Siku, une jeune fille qui vit sur les rives du fleuve Zambèze, a des pouvoirs liés au dieu du cours d’eau. Tandis que son père adoptif approuve le barrage en construction, Siku est kidnappée par des pirates pour sa magie. Elle rencontre le fils de l’ingénieure qui a conçu le barrage et essaie de retrouver son père. Peuplé de magiciens, de capitalistes et de pirates, ce monde complexe montre une présence ambiguë des Européens, notamment des Britanniques et Italiens, en Afrique. L’histoire évoque fortement l’univers de Miyazaki : il s’agit d’une fable écologique dans laquelle l’héroïne a sans cesse besoin d’être sauvée par un garçon banal malgré sa puissance. L’intrigue est parfois difficile à suivre en raison du rythme soutenu et du grand nombre de personnages ; elle aurait pu être divisée en deux tomes pour plus de fluidité. Le contexte du continent africain, bien dépeint, permet cependant d’y trouver une originalité certaine. De plus, les paysages et les passages oniriques sont soulignés par des graphismes magnifiques. Financée par de manière participative, cette bande dessinée a été conçue par le collectif Blue Forest pour sensibiliser les jeunes lecteurs à la construction du barrage éponyme et à ses conséquences au niveau local. L’objectif reste atteint, même si la présence de la magie allège le propos politique et écologique.

Cassandra Buigues

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