La Fourmi rouge

Emilie Chazerand

Pour Vania Strudel, dont le nom est propice aux moqueries, il n’est pas facile d’avoir 15 ans : marquée d’une malformation au visage, elle est élevée par un père particulièrement original et à tendance dépressive. Le message anonyme qu’elle reçoit la veille de son entrée en seconde, véritable ode au dépassement de soi et à la liberté, la pousse à prendre en main son destin et à tirer parti des situations délicates qu’elle vivra tout au long de l’année. Jubilatoire, drôle, tendre et décapant, La Fourmi rouge se dévore d’une traite tant l’histoire est portée par un rythme soutenu, une langue savoureuse, une héroïne déterminée et un suspense constant jusqu’à un dénouement élégant. La lecture est réjouissante, ourlée de trouvailles typographiques qui vivifient le texte. Ce récit au ton décalé rappelle Que du bonheur (R. Corenblit, Le Rouergue) ou Super (E.L. Eriksen, Thierry Magnier).

Agathe Kalfala & lu et conseillé par Marilyne Duval, Morgane Vasta et Pauline Wabant

Émilie Chazerand maintient un ton mordant et une langue habile tout au long de ce roman explosif, dans la lignée du Journal intime de Georgia Nicholson (L. Rennison, Gallimard Jeunesse) et d’Amour, vengeance & tentes Queshua (E. Billon-Spagnol, Sarbacane). Cependant, l’intrigue se déroule sans surprise, alors que l’ouvrage s’annonçait original et anticonformiste. Heureusement, l’épaisseur des personnages et les émotions qu’ils transmettent au lecteur équilibrent ce roman en forme de montagnes russes.

Tom Lévêque

0 Commentaire

This site is protected by wp-copyrightpro.com