La mort est une femme comme les autres

Marie Pavlenko

Tuer, faucher, dévaster, briser, enlever la vie… Trop, c’est trop ! La mort, « Emm », décide de poser sa faux quelque temps pour éviter le burn-out et profiter un peu du monde des mortels. Les conséquences de son congé sont tout aussi dévastatrices. Sans faucheuse, plus personne ne meurt et les services de soins paliatifs sont pleins à craquer. Affolée, la population, de plus en plus nombreuse, cède à la panique. Au milieu de ce chaos, Suzie, condamnée par un cancer incurable du pancréas, va montrer à Emm, par sa liaison amoureuse avec Anatole, médecin, combien être mortel est un atout dans la relation aux autres et au monde, et va la convaincre de reprendre son travail. Dans ce livre à l’humour noir complètement déjanté, Marie Pavlenko fait preuve d’intelligence et d’originalité. Le scénario et le ton narratif sont pour le moins inattendus. La faux parle et fait des caprices quand la Mort la laisse de côté, des conversations par SMS entre Anatole et son envahissante mère entrecoupent le récit, des descriptions bâtissent un univers morbide… Si l’on ajoute les fréquentes notes d’humour acerbe et le rythme effréné des péripéties, le cocktail est explosif. Parfois, la morale est mise à mal, et un regard critique est nécessaire pour comprendre les subtilités des réactions des personnages. Parfait pour des lycéens, ce livre qui a le mérite de dédramatiser la mort, est haletant, philosophique, plein d’humour et beaucoup trop court !

Floriane Jaud

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