La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Joël Dicker

Etats-Unis, 2008 : Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, souffre du syndrome de la page blanche. Face à la pression croissante de son éditeur, le romancier se tourne vers son ami et mentor, le grand Harry Quebert. Mais l’air marin de la petite ville d’Aurora où vit Harry ne parvient pas à inspirer Marcus qui s’apprête à abandonner l’écriture de son roman. Tout bascule lorsque l’illustre auteur est accusé d’avoir assassiné Nola Kellergan, une adolescente de 15 ans avec qui il a vécu une relation aussi passionnée qu’interdite, trente ans plus tôt. Marcus décide alors de mener l’enquête, trouvant ainsi la matière première pour son nouvel opus. Les masques tombent et les menaces se répètent : finira-t-il par découvrir ce qui s’est passé à Aurora en 1975 ? Réussira-t-il à trouver la clé du succès de son prochain ouvrage ? Et qui était vraiment Nola Kellergan ? Joël Dicker nous plonge dans un thriller haletant dont les codes sont parfaitement maitrisés. La narration jongle avec virtuosité entre les événements de 2008 et les flash-backs. Mais le jeune auteur ne propose pas uniquement un thriller très réussi ; il livre également, avec finesse et humour, une réflexion sur l’écriture, le monde de l’édition, les médias et plus généralement sur les travers de la société moderne américaine. On peut toutefois regretter que ce roman gigogne mette en scène une histoire d’amour caricaturale qui tourne parfois au grotesque, à l’image d’une Nola Kellergan qui manque de profondeur et peut finir par agacer. Les quelques extraits du grand chef-d’oeuvre d’Harry Quebert peinent quant à eux à convaincre. Etonnamment, ces quelques faiblesses, souvent liées aux représentations de l’amour par l’auteur, ne nuisent pas à la lecture de ce récit bien difficile à lâcher une fois entamé.

Mélanie Archambaud

Nota Bene : La Vérité sur l’affaire Harry Quebert a reçu le Prix Goncourt des lycéens 2012 et le Grand Prix du roman de l’Académie française 2012.

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