Lames vives, T.1

Ariel Holzl

Le monde post-apocalyptique d’Obédience est dirigé par une République divisée en castes. Dans cet univers où l’eau manque, une partie de la population est réduite en esclavage et l’autre cherche à survivre cachée. Les deux intrigues principales qui s’imbriquent sont celles de Minah, qui cherche sa sœur kidnappée, et d’Ellinore, qui enquête pour débusquer une traîtresse à la République.

La complexité de ce récit tient au retournement de situation qui précède l’incipit : les anciens maîtres sont devenus les esclaves, et inversement. Au sein de cette nouvelle République se déroule donc une dystopie où une tyrannie en a remplacé une autre, un système que les personnages ne remettent pas en question. Leur individualité est mise en avant par la polyphonie du roman, chaque personnage possédant une voix et un arc narratif propres. L’auteur ne cache pas la violence de ce monde – en décrivant par exemple les morts au combat – ni la complexité des rapports entre les personnages – notamment dans le rapport maître-esclave. L’univers se situe par ailleurs dans des paysages qui évoquent l’Orient par ses références et ses descriptions (chameau, souks…), décor assez rare dans le genre de la dystopie. Le suspense est maîtrisé tout du long ; le deuxième tome de ce diptyque promet d’être tout aussi rythmé.

Cassandra Buigues

& lu et conseillé par Oihana Olazcuaga-Garibal

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