L’Arbre du père

Judy Pascoe
Simone a dix ans et vient de perdre son père. Elle observe d’un oeil attentif et prévenant sa mère qui sombre dans le chagrin. Ses trois frères, qui souffrent à leur façon, essaient de faire face au quotidien. Derrière la maison se trouve un arbre immense, un flamboyant. De son feuillage, il interpelle l’enfant. D’abord terrifiée, Simone finit par grimper dans ses branches où s’engage alors un dialogue avec son père mort. Cette parole renouée rassérène la petite fille : elle met rapidement sa mère dans le secret, qui gravit à son tour l’arbre pour dialoguer. Elles arrivent tant bien que mal à cacher cette relation aux voisins trop curieux quand la croissance de l’arbre, en raison du manque d’eau, devient une véritable problème, voire un cauchemar. Les racines soulèvent dangereusement certaines fondations de la maison et l’arbre exerce une telle emprise que la mère a du mal à s’engager dans une nouvelle relation amoureuse. Ce livre magnifique traite avec beaucoup de sensibilité de la difficulté du deuil, de la volonté de ceux qui restent de « retenir » ou de « laisser partir » les défunts. Il n’y a aucun pathos dans ces lignes certainement autobiographiques, servies par une écriture précise où les descriptions autant végétales qu’olfactives apportent sensualité au récit. C’est superbe et donc à recommander chaleureusement aux bons lecteurs dès 15-16 ans. Valérie de Saint-Laurent Lire dans la version pdf de la revue

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