Le Bordel des muses, T.1 : Au Moulin Rouge

Gradimir Smudja

… ou l’autobiographie fantasmagorique de Toulouse-Lautrec. Le petit homme disgracieux, solitaire et saoul hante le Moulin Rouge chaque soir. Il a quitté le domaine familial et la surprotection de son aristocrate de mère pour mener une vie de bohème. C’est à Montmartre que les étoiles se touchent du doigt et que sa peinture glorifie des nuits fiévreuses. Dans un Paris onirique magnifié par le pinceau de Smudja, on croise Rodin, Van Gogh, Seurat, Bruant et la Goulue. Le traitement biographique, pas vraiment académique, cerne bien la sensibilité du peintre, sa solitude, sa souffrance, son envie de vivre joyeusement. Des scènes incongrues, un humour permanent s’inscrivent dans des décors superbes : tout le talent de l’artiste hongrois est de savoir s’imprégner du style du personnage qu’il dépeint. Les fêtes de Montmartre sont reconstituées « à la manière de » Toulouse-Lautrec, les scènes avec Van Gogh s’imprègnent de chaleurs artésiennes, et Seurat souffre de pointillisme-pointillis ! Les couleurs chaudes, l’ambiance gaie et onirique, le personnage attachant de Lautrec régaleront les bons lecteurs. À ne pas manquer, surtout pour ceux qui ont aimé Van Gogh, du même auteur.

Isabelle Debouvère

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