Le Récif

Seita Vuorela

Le jeune Mitia séjourne dans un camping en bord de mer avec sa mère et son frère, pour tenter d’oublier un accident qui les a endeuillés. Lorsqu’une panne immobilise leur camping-car, Mitia va à la rencontre d’une mystérieuse jeune fille qui habite un hôtel abandonné et de ses ennemis jurés, une bande de garçons surnommés les Épaves. Réservé aux lecteurs confirmés, ce roman philosophique à l’atmosphère onirique et envoûtante brouille les frontières entre les morts et les vivants, entre la terre et la mer. Quels événements ont réellement eu lieu ? Il est bien difficile, en cours de lecture, de le comprendre, car les narrateurs et les points de vue se succèdent. Il faudra accepter de se laisser porter par la poésie et la symbolique de cette littérature, bien ancrée dans un univers nordique dont on ne possède pas toutes les clefs – les mythes à la fois grecs et nordiques sont utilisés pour aborder le thème du deuil. Le récit se déroule comme une tragédie antique, dont la scène finale révélera la vérité. Aux adultes, parents ou médiateurs de découvrir cette œuvre complexe et enchanteresse, et de la partager avec les adolescents qui ont été sensibles, par exemple, à l’univers de Wild song (J. MacCay, Fleurus), un roman psychologique qui possède de nombreux points communs avec Le Récif (voir Lecture Jeune n°158, p.65)

Cécile Robin

Le Récif est une œuvre fort singulière, un conte étrange et mystérieux à la langue envoûtante, mais parfois long et compliqué. Du même auteur, Une dernière chance (Actes Sud) avait attiré et fasciné de nombreux jeunes lecteurs, malgré sa difficulté. Ce titre-ci, plus abstrait encore, produira-t-il le même effet ? À tester.

Clara Delmas

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