Les Enfants du roi

Sonya Hartnett

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Mrs Lockwood et ses deux enfants, Jeremy, 14 ans, et Cecily, 12 ans, quittent Londres, menacée par les bombardements allemands. La famille, d’un milieu très riche, vient habiter Heron Hall, le domaine où vit l’oncle Peregrine. Ensemble, ils accueillent une fillette de dix ans, May, évacuée et placée, comme d’autres enfants, dans des familles du nord de l’Angleterre. Le récit adopte le point de vue des enfants, notamment celui de Cecily, naïve et spontanée, qui constate qu’il n’est pas si facile de vivre avec May, indépendante et fière. Son frère Jeremy se morfond et rêve de combats glorieux tandis que leur mère, froide et distante, ne voit pas son fils grandir. Un jour, les fillettes découvrent des ruines mystérieuses ainsi que deux jeunes garçons qui semblent s’y cacher : l’oncle Peregrine entreprend alors de leur conter la légende du Château des Neiges. Sonya Hartnett tisse avec subtilité une atmosphère où se mêlent les dures réalités de la guerre et un passé monstrueux : Richard III et le sort de ses neveux, Edouard et Richard, enfermés dans la Tour de Londres. La lutte pour le pouvoir conduit les hommes à commettre les pires atrocités. Les trois enfants font l’expérience des inégalités sociales, de l’égoïsme et du courage. Ils en sortent grandis, chacun à leur façon. On retrouve, dans ce livre, l’habileté de l’auteure à donner vie aux fantômes qui côtoient les enfants, à la manière de Henry James. Le décor est planté sans mystère apparent, mais des drames s’y jouent. C’est un livre qu’apprécieront de bons lecteurs.

Colette Broutin

Mise en réseau : Du même auteur : L’Enfant du fantôme (Les Grandes Personnes, 2010), Finnigan et moi (J’ai lu, 2010), L’Enfant du jeudi (Les Grandes Personnes, 2011).

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