Les Fantômes du Louvre

Enki Bilal

Dans sa très belle préface, Enki Bilal écrit qu’au Louvre, « c’est comme si on respirait du fantôme ». Il a donc imaginé la vie de vingt-deux hommes et femmes ayant partagé l’existence des artistes créateurs des oeuvres exposées dans le musée. Le lecteur se promène dans l’album comme s’il visitait les galeries du Louvre, sans se soucier de la chronologie. La composition des cinq pages attribuées à chacun est la même : nom du fantôme, informations sur sa naissance, une pleine page associant une photo de l’oeuvre et un dessin du fantôme rehaussé de pastels, une page avec photo de l’oeuvre et des informations précises (dates, dimensions, origine, localisation dans le musée, etc.), enfin la vie imaginaire du fantôme et sa fin tragique. Ces récits émouvants, dramatiques, inscrivent dans un contexte historique des parcours individuels tout à fait crédibles. Pour exemple, le récit consacré à Bella, soeur de la belle Francesca da Rimini. Bilal, dans une prose rapide et ironique, résume cette passion amoureuse que Bella aurait trahie. C’est un album superbe par son graphisme, sa palette de couleurs et la qualité des textes. Il donne envie d’aller au Louvre et, pourquoi pas, d’inventer ses propres fantômes. Rien ne vaut l’imagination pour s’approprier une oeuvre d’art ! Pour des lecteurs curieux et avertis, cet album est à poser sur les tables de nuit et à lire pendant les insomnies.

Colette Broutin

Réseau de lecture : Les autres bandes dessinées déjà parues dans cette collection méritent aussi un détour, notamment Période glaciaire (Nicolas de Crécy, 2005), Les Sous-sols du Révolu (Marc-Antoine Mathieu, 2006), Aux heures impaires (Eric Liberge, 2008) et Le Ciel au-dessus du Louvre (Jean-Claude Carrière et Bernard Yslaire, 2009).

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