Les oiseaux ne se retournent pas

Nadia Nakhle

Orpheline à 12 ans, Amel doit fuir son pays en guerre, poussée en avant par ses grands-parents qui veulent la sauver. Désormais, elle s’appellera Nina. Après une errance en camp de réfugiés, elle suit un musicien déserteur. Bien que le pays ne soit pas nommé, le contexte évoque la Syrie. L’histoire pourrait cependant se dérouler dans n’importe quelle région du monde où les enfants sont victimes de la barbarie. En noir et blanc, avec quelques touches de couleur, le roman graphique évoque les miniatures orientales par ses dessins tout en finesse. Entre les parties de ce récit réaliste s’intercale un poème persan, Le Langage des oiseaux, à l’origine du titre de l’album. Le texte se réfère ainsi à plusieurs auteurs orientaux, comme Mahmoud Darwiche, Khalil Gibran et Andrée Chedid. Ce monde poétique et merveilleux reconstitue l’univers onirique de l’enfance. L’histoire bouleversante de l’enfant n’est pas pour autant édulcorée mais véhicule un message d’espoir – la musique et la poésie aident la petite fille à devenir adulte et à se reconstruire après les atrocités de la guerre et de l’exil. Ce roman graphique fait partie d’un projet plus vaste sur l’exil et l’enfance. L’autrice, artiste plasticienne d’origine libanaise, prépare en effet un spectacle et un film d’animation en lien avec le livre. L’ouvrage s’adresse aux jeunes, et plus spécialement aux mineurs isolés.

Cécile Robin

0 Commentaire

This site is protected by wp-copyrightpro.com