Les petites reines

Clémentine Beauvais

Cela fait plusieurs années que Mireille, 16 ans,  est élue « boudin d’or » dans un concours organisé sur Facebook par des garçons de son collège de Bourg-en-Bresse. Pour la première fois cette année, elle ne gagne pas, même si elle reste dans le tiercé de tête. Loin de s’apitoyer sur son sort, elle part à la rencontre des deux autres malheureuses gagnantes : Hakima et Astrid. Toutes trois découvrent alors que la garden-party organisée à l’Elysée le 14 juillet réunira trois personnes qu’elles veulent rencontrer pour des raisons différentes. Elles décident donc de traverser la France à vélo pour se glisser parmi les invités de la réception. Non sans humour, elles choisissent de vendre à chaque étape de leur parcours, des boudins. Dans ce roman drôle et cruel à la fois, Clémentine Beauvais fait suivre au lecteur les pérégrinations jubilatoires de ces anti-héroïnes de notre temps. L’autodérision, dont le personnage de Mireille use comme de sa meilleure arme, permet d’aborder des sujets graves : le traitement du fait divers par les médias, la question de la réputation (notamment à travers l’usage parfois malsain des réseaux sociaux) ou encore la vision du handicap… Disséminée au fil des pages, la réflexion est sous-jacente et ne pèse jamais sur le récit.

Marilyne Duval

Autre avis : Sous des apparences de livre léger et un peu loufoque, le roman de Clémentine Beauvais est dense. Il traite de thèmes variés comme la différence, le dépassement de soi, le handicap (Kader, le frère aîné de Hakima, est en fauteuil roulant), la sur-médiatisation et les dangers des réseaux sociaux. Surtout, la narration est portée par une héroïne hors-norme : Mireille, laide et obèse, blessée par le refus de son père biologique de la reconnaître mais pleine d’autodérision, altruiste, fantaisiste et amoureuse d’un garçon sans jambes ! Ses dialogues avec sa mère et son beau-père sont d’ailleurs extrêmement vifs et drôles.

Cyrielle Bonnot

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