L’Île aux 100 000 morts

Fabien Velhmann

La jeune Gweny scrute l’océan chaque matin dans l’espoir de trouver une bouteille flottant dans la mer. Une curieuse manière d’essayer de retrouver son père qui l’a abandonnée après avoir découvert une carte au trésor dans l’un de ces contenants insubmersibles. Un jour, et ce malgré la faible probabilité de voir son voeux s’accomplir, Gweny repêche un flacon renfermant une carte. Déterminée, elle se rend dans une taverne pour enrôler dans son périple une bande de pirates avides de faire fortune. Cap pour l’Île aux cent mille morts, promesse de richesse et de vérité ! Dès leur arrivée les événements prennent une tournure désagréable pour tout l’équipage. L’île abrite en effet une curieuse école de bourreaux et les bouteilles servent à ferrer les plus cupides afin de fournir des cobayes pour les Travaux Pratiques des élèves… Preuve que l’esprit est plus fort que le muscle, le personnage de Gweny se montre effroyable en usant de ruses alambiquées pour manipuler à sa guise sa bande de soiffards sanguinaires. La rencontre entre le dessinateur norvégien Jason (Attends…, Low Moon) et le conteur Velhmann (Spirou, Le Marquis d’Anaon) est une célébration pour les amateurs de périples décalés et d’humour noir savoureux. Le dessin épuré, parfaitement exécuté, est en rupture avec les habituels récits de pirateries réalistes ; de même que la mise en page privilégie une structure simple. Loin d’être une faiblesse, le parti pris graphique offre plus d’espace aux dialogues proprement truculents. Cette histoire complète offre un moment de lecture unique à réserver toutefois aux lecteurs aguerris.

Pierre Pulliat

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