Lockwood & co

Jonathan Stroud

Dans un Londres qui aurait pu être celui de Sherlock Holmes si la Terre avait subi une invasion d’esprits frappeurs agités, il ne fait plus bon se promener à la nuit tombée et les cimetières sont devenus des zones de non droit. Embauchés dans des agences qui se font concurrence, seuls certains enfants et adolescents sont en mesure de détecter les fantômes avant que ces derniers ne deviennent trop meurtriers. Ce premier tome donne voix à Lucy, une jeune chasseuse aguerrie qui raconte avec précision et dépit les déboires de l’agence Lockwood. Seule structure entièrement dirigée par des jeunes, son potentiel humoristique est à la hauteur de « SOS Fantômes ». Ainsi, parce qu’ils sont sans le sou, les trois adolescents qui la composent vont accepter une terrible mission : passer la nuit dans un manoir sanglant dont personne n’est sorti vivant. Jonathan Stroud a l’art de façonner des personnages attachants malgré eux. On se souvient de la trilogie de Bartimeus (Albin Michel, « Wiz », 2003-2011), dans laquelle les protagonistes échappaient à toute représentation manichéenne pour gagner en profondeur et en drôlerie ; les aventures de l’agence Lockwood prennent des chemins aussi prometteurs. Ambiances glaçantes, voire terriblement sanglantes, et humour grinçant sont les maîtres mots de ce récit dont le rythme ne tarit pas jusqu’à la fin. Dense, mais sans grande difficulté, le roman peut plaire aux lecteurs amateurs de la saga de L’Apprenti Epouvanteur de Joseph Delanay (Bayard Jeunesse, 2005). Si la palette de monstres est moins variée, les phénomènes paranormaux amènent les héros à vivre au moins autant d’actions et de suspense.

Morgane Vasta   

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