L’Ogrelet

Suzanne Lebeau

Simon a l’innocence de ses six ans, du poil aux jambes et une force surhumaine. Il découvre que le sang qui coule dans ses veines et bouillonne par moments est pour moitié celui d’un ogre que sa mère a aimé passionnément. Simon désire plus que tout vivre avec et comme les autres enfants du village. Mais que faire quand le goût du sang lui fait perdre contrôle ? Au cours de trois épreuves, il affrontera courageusement sa nature et parviendra à vaincre « l’ogreté » qui est en lui. Comment un texte si court et si simple peut-il posséder une telle force ? Poétique, philosophique, psychanalytique, cette pièce de théâtre s’offre à de multiples interprétations. Chaque face à face vécu par le personnage au cours des épreuves ouvre des pistes de réflexion sur la nature humaine. Plusieurs thèmes peuvent toucher les adolescents : le plaisir assouvi spontanément face au désir canalisé par l’art et la raison ; la peur et l’ignorance qui engendrent la violence ; le soutien de la communauté et de la famille dans cette construction de soi douloureuse ; l’hérédité considérée comme une fatalité ; les relations parents-enfants lourdes d’amour, de fuite et de méfiance. Le didactisme se fait tout en finesse, dans l’esprit des meilleurs contes populaires. L’auteure est canadienne, elle a publié Salvador dans la même collection. L’Ogrelet est un très beau texte, accessible dès la 6eme, à dévorer, pardon, à savourer avec bonheur.

Isabelle Debouvère Lire dans la version pdf de la revue

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