Marguerite Duras à 20 ans. L’amante

Marie-Christine Jeanniot

Les photos les plus connues de Marguerite Duras sont celles d’une vieille femme aux traits marqués, celles d’un écrivain tel un sphinx énigmatique. Aussi lit-on avec un grand intérêt ce petit livre consacré à la jeune femme, de sa jeunesse indochinoise à ses années de formation parisienne. On y découvre les blessures, les humiliations mais aussi le désir, le projet irréductible d’échapper à sa famille et de devenir écrivain. C’est une jeune fille très séduisante, aux mœurs libres, voire vénales, qui étudie l’économie et le droit à Paris puis devient fonctionnaire au Ministère des colonies. Comme il est intéressant de lire ses propos dans Les Cahiers du cinéma : « Si j’avais fait des études littéraires, Sorbonne et compagnie, ou Normale Sup, je ne serais jamais devenue un écrivain. Je serais devenue une confiture d’écrivain, un professeur écrivain ». Marguerite Donnadieu a toujours écrit, mais il lui faut surmonter le refus de son premier roman, La Famille Taneran, par Raymond Queneau, lecteur chez Gallimard, en 1941. Ce n’est qu’au bout de dix années, après avoir vécu l’Occupation, qu’elle réussit à percer dans le milieu littéraire parisien. Elle fréquente écrivains et hommes politiques avec lesquels elle tisse des relations amoureuses ou amicales qui traverseront toute son existence. Il faut donc recommander ce petit livre tout en le complétant, bien sûr, par la lecture de son œuvre.

Colette Broutin

 

Réseau de lecture : Marguerite Duras. Vérité et légendes. Photographies inédites d’Alain Vircondelet, Éditions du Chêne, 1996.

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