Mère forte à agitée

Jenny Jägerfeld

Maya, 17 ans, est lycéenne à Stockholm. Drôle et sarcastique,elle a pour seul ami le gentil Enzo. Elle vit chez son père avec qui elle entretient des rapports conflictuels et dont elle ausculte la vie agitée en fouillant ses mails et son compte Facebook. Tous les quinze jours, elle passe le week-end chez sa mère à Norrköping. Alors qu’elle lui prépare un cadeau en cours d’arts plastiques, Maya se sectionne le pouce à la scie sauteuse… mais ne renonce pas pour autant au week-end prévu le lendemain. Arrivée sur place, elle se rend vite à l’évidence : sa mère, certes étrange, mais absolument fiable pour venir la chercher, a disparu… La jeune femme est la narratrice de ce récit original et saisissant, où les difficultés et découvertes de l’adolescence sont compliquées par une mère singulière. La voix de l’adolescente, têtue et courageuse, sonne juste, tantôt drôle, tantôt déchirante, au gré de ses errements et de ses choix. Ce texte énergique, baigné de sensations fortes et de sentiments contradictoires, emporte le lecteur avec aisance au milieu des chapitres aux titres savoureux. Les auteurs suédois ont souvent bien moins de tabous quant à certains sujets taxés chez nous de « difficiles » en littérature jeunesse, et cela se vérifie dans la vigueur de l’expression de Maya, ponctuée de mots vulgaires – dus aussi à la traduction de jurons qui sont plus nuancés en suédois – et de scènes décrites de manière relativement crue. On pense à Stefan Casta et à Virginie Despentes. Ce livre a reçu le prestigieux prix August 2010 qui récompense en Suède des œuvres de littérature jeunesse.

Clara Delmas

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