Plus tard je serai moi

Martin Page

Que faire de sa vie quand on ne sait déjà pas qui on est soi-même ? C’est la question que se pose Séléna, jusqu’à ce qu’un soir, ses parents lui annoncent qu’ils ne voient aucun inconvénient à ce qu’elle devienne artiste. Tout aurait pu bien se passer s’ils n’avaient pas mis un point d’honneur par la suite à la faire embrasser cette carrière. Séléna s’amuse d’abord des cadeaux successifs que ses parents lui font pour tenter de faire naître sa fibre artistique − appareil photo, peinture, piano… Mais lorsqu’ils décrètent qu’elle manque de sensibilité artistique parce qu’elle a grandi dans un environnement trop heureux et l’éprouvent en coupant le chauffage de la maison ou en simulant l’alcoolisme, la jeune héroïne se demande s’il ne vaut pas mieux qu’elle prenne un peu de distance. L’incongruité des événements vécus par l’héroïne et la philosophie avec laquelle elle l’envisage apportent à ce court roman une dimension profondément humoristique. De même, l’inversion du rapport attendu entre l’adolescente et ses parents et le contrepied choisi pour présenter la vocation artistique renforcent l’atmosphère absurde de la situation. Le désir de Séléna de parvenir à être pleinement elle-même et sa réflexion sur la construction de son identité ne manqueront pas de retenir l’attention des lecteurs adolescents. L’écriture fluide de Martin Page et l’alternance de courts chapitres vifs et enlevés achèvent de rendre la lecture plaisante et aisée

Marieke Mille

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