Quand les trains passent

Malin Lindroth

La narratrice évoque un événement qui la hante depuis 17 ans. Lorsqu’elle était au lycée, son petit ami, Johnny, se moque d’une élève avec d’autres camarades, lui faisant croire que Johnny est amoureux d’elle. La blague dégénère et se termine par un viol collectif auquel la narratrice assiste, sidérée et impuissante. Lors du procès, tout le monde mentira quant à la responsabilité de Johnny et de ses acolytes, y compris la narratrice. Celle-ci évoque sa culpabilité, d’autant plus forte que son mari n’est autre que Johnny. Ce roman montre l’impact destructeur de l’effet de groupe et la propension de chacun à devenir une victime ou un bourreau. Le récit est écrit à la première personne comme une confession. Bien que le texte soit très court, la tension monte progressivement et la violence émotionnelle est réelle ; la scène de viol est décrite brièvement mais de façon explicite. Le mariage de la narratrice avec le violeur ajoute à la pesanteur de l’ambiance. À sa première parution en 2007, Quand les trains passent avait fait grand bruit. Certains estimaient en effet que ce livre proposait une vision immorale du monde aux adolescents, les violeurs se sortant d’affaire sans punition grâce aux mensonges de leur entourage. Il est en tout cas certain que ce livre ne laisse pas indifférent ; sa force peut être comparée à celle de Je mourrai pas gibier de Guillaume Guéraud.

Marilyne Duval

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