Quelqu’un qu’on aime

Séverine Vidal

Afin de stimuler la mémoire de Gary, atteint par la maladie d’Alzheimer, Matt son petit-fils lui propose de refaire les étapes de la tournée mythique du crooner Pat Boone, dans l’Ouest américain. Le corps d’expédition est rapidement rejoint par Amber, la petite fille de Matt, Luke, un adolescent en fugue et Antonia, une trentenaire au tournant de sa vie. Ce roman brosse les portraits psychologiques complexes de personnages en transition, tout en offrant une représentation sociale des États-Unis, à travers les différents lieux visités. D’excellents road trip littéraires marquent cette rentrée 2015. Janis est folle d’Olivier Ka (Le Rouergue, 2015 ; voir Lecture Jeune n°155), abordait sombrement la thématique du voyage à l’aune d’une famille brisée et en fuite. Quelqu’un qu’on aime se positionne de manière diamétralement opposée : la route est ici lumineuse et positive, tandis que chacun des personnages trouve une forme de paix intérieure au fil du voyage. « J’ai peur de rester en vie et de ne même plus m’en rendre compte », confie Gary, pour qui la question de l’oubli est centrale. Séverine Vidal fait résonner avec sensibilité ce personnage avec Un homme qui dort de Pérec (Denoël, 1967) cité en épigraphe. Les dialogues et les descriptions ciselées transportent avec maîtrise le lecteur d’un bout à l’autre d’une belle aventure littéraire.

Morgane Vasta

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