Racailles

Flore Quaquin
Deux cadavres dans un hall d’immeuble, la fin d’une bagarre, la police, les ambulances. Les corps d’un jeune beur de quatorze ans et d’un africain de dix-huit ans gisent. Par de très courts chapitres, avec un ton neutre, distancié qui cache l’émotion, le narrateur remonte l’enchaînement des faits : le tabassage après la rencontre au Quick des Halles, Kouamé qui veut se venger de la perte du shit confié à Nassim, qui avait besoin d’argent pour le mariage de sa soeur, un mariage qui rétablirait l’honneur perdu par la mort un peu floue du père. Pourtant il y avait eu de bons moments. Amina, la mère, avait un boulot auquel elle tenait à Carrefour, Malika avait un BEP. Les soirées télé-pizza-bières et un peu de shit quand Malika et Kouamé squattaient le canapé, c’était bien aussi. Le propos est dur. Les jeunes se cognent partout : drogue, violence, prison, mort. C’est le fatum antique, le destin auquel on ne peut échapper : tu naîs racaille, tu meurs racaille. Les larmes du récitant comme celles de la mère, n’y changeront rien. Un chant de mort à réserver aux plus grands. Michelle Brillatz Lire dans la version pdf de la revue

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