Silhouette

Jean-Claude Mourlevat

Les dix nouvelles de ce recueil sont autant d’instants du quotidien des personnages qui peuplent ses pages, de l’employée de banque qui devient silhouette pour un film dans lequel joue son acteur préféré à la retraitée qui apprend des poèmes pour passer le temps après le décès de son mari. Merveille d’imbrication et de mise en abyme, la nouvelle finale met en scène l’auteur lui-même en un clin d’oeil humoristique. Chacune de ces nouvelles présente la vie dans ce qu’elle peut avoir de plus cruel et d’inéluctable. La construction brève et incisive, requise par le genre et parfaitement maîtrisée, emporte le lecteur jusqu’aux dénouements qui, chacun à leur manière, résonnent sur une note amère. Mais la plume subtile de Jean-Claude Mourlevat nuance suffisamment le propos pour que pointe l’humour grinçant ou l’émotion entre les lignes. Ces nouvelles sombres sont à réserver aux lecteurs les plus âgés et aux adultes. Il est même étonnant, pour ne pas dire dommage, qu’elles aient été publiées dans une collection destinée à la jeunesse tant leur public paraît plus vaste. Il ne fait cependant aucun doute que l’écriture habile de l’auteur et la douce amertume du propos ne manqueront pas de capter les lecteurs de tous âges.

Marieke Mille Réseau de lecture : Nous vous invitons à lire le n° 135 de Lecture Jeune consacré à Jean-Claude Mourlevat.

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