Tout plutôt qu’être moi

Ned Vizzini
Coup de ♥ 2016

Après avoir intégré la prestigieuse prépa qu’il convoitait, Craig finit par sombrer dans la dépression. Son quotidien lui paraît morne, il perd l’appétit et le sommeil et suit plusieurs thérapies pour essayer de comprendre son mal-être. Un soir, alors qu’il redoute finalement de passer à l’action après avoir préparé sa fugue pour se suicider, il appelle une ligne dédiée et finit par se rendre aux urgences. Il est alors pris en charge par l’équipe soignante et hospitalisé dans l’aile psychiatrique. Les nombreux personnages de l’hôpital sont bien campés et assez touchants dans leurs faiblesses et parfois leur folie. Le tour de force de ce titre, est de parvenir à parler de la dépression d’un ton à la fois très sincère et fin tout en instaurant par moment humour et légèreté. L’équilibre subtil du tout permet au texte de dégager beaucoup d’espoir malgré son sujet. Sans pour autant tomber dans une simplification binaire et une guérison miraculeuse, Craig parvient à se reconstruire grâce à l’art. Le personnage semble être un alter Ego de l’auteur dont on apprend en quatrième de couverture qu’il a lutté longtemps contre la maladie avant de se suicider. Cette mention alourdit la fin lumineuse du livre. Le lecteur peut alors imaginer que, même s’il s’en sort après son passage à l’hôpital, il n’arrivera pas à surmonter le suicide. Pour des jeunes lecteurs fragiles, cette mention est regrettable, même s’il faut rappeler que « La Belle Colère » a pour thématique éditoriale l’adolescence, sans volonté particulière de s’adresser à ce public.

Marieke Mille

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